Les marchés jouent les équilibristes entre pandémie et reprise

©Bloomberg

Portées par le secteur technologique, les actions européennes ont poursuivi timidement leur ascension. Le Stoxx 600 aura bientôt effacé la totalité de ses pertes liées à la crise sanitaire.

Prendre son mal en patience. Les marchés actions ont évolué sur une note prudente cette semaine, les investisseurs surveillant de près l’évolution de la pandémie du nouveau coronavirus. D’autant qu’au cours des derniers jours, de nombreux pays européens ont annoncé un resserrement des mesures pour endiguer la hausse du nombre d’infections au Covid-19.

Il est "très probable" que l'économie de la zone euro subisse une nouvelle contraction au premier semestre de cette année.
Luis de Guindos
Vice-président de la Banque centrale européenne (BCE)

De quoi reporter une nouvelle fois la reprise économique tant attendue. Il est "très probable" que l'économie de la zone euro subisse une nouvelle contraction au premier semestre de cette année, a indiqué le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, jeudi.

La grande argentière de la zone euro, Christine Lagarde, a prévenu quelques jours plus tôt que l'évolution de la situation économique dans la zone euro reste soumise aux incertitudes liées à l'évolution de la pandémie et au rythme des campagnes de vaccination. Et qu’importe si les derniers indicateurs macroéconomiques – comme les indices PMI publiés mercredi – sont plutôt encourageants. "Si beaucoup de progrès ont été réalisés et que nous pouvons voir la lumière au bout du tunnel, nous ne pouvons pas être complaisants", a-t-elle écrit lundi sur le blog de la banque centrale.

Pour mémoire, l’institution monétaire table actuellement sur une croissance de 4,0% du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro en 2021, soit un peu plus que les 3,9% prévus en décembre.

Un saut de puce contre la pénurie

Les principaux indices actions en Europe ont ainsi enregistré une performance hebdomadaire positive. L'indice Stoxx Europe 600 a gagné 0,85% en cinq séances. La tendance a été portée par les valeurs technologiques (+4,49%), parmi lesquelles on retrouve le segment des semi-conducteurs.

"La visibilité sur la chaîne d'approvisionnement mondiale des semi-conducteurs ainsi que d'autres composants est actuellement très faible et l'incertitude (...) est élevée."
Volvo

La pénurie mondiale de puces électroniques a encore défrayé la chronique cette semaine. Tout a commencé avec le "profit warning" lancé par Volvo mardi. Le constructeur suédois de poids lourds a averti que sa production – et par extension ses résultats financiers – seraient "considérablement" impactés au deuxième trimestre à cause de la pénurie. "La visibilité sur la chaîne d'approvisionnement mondiale des semi-conducteurs ainsi que d'autres composants est actuellement très faible et l'incertitude (...) est élevée", peut-on lire dans son communiqué.

Une annonce qui est bien sûr mal passée auprès des investisseurs. L'action Volvo a lâché 7,04% le jour même avant de réduire ses pertes à 2,47% sur la semaine. Le compartiment automobile a quant à lui fait le gros dos, avec un gain hebdomadaire de 0,04%.

Une bonne nouvelle est toutefois tombée mardi soir: le géant américain Intel a décidé d'augmenter sa production en construisant deux nouvelles usines aux États-Unis, tout en permettant à des tiers de produire leurs propres composants électroniques sur ses lignes. Ce qui a déclenché un saut de joie en bourse le lendemain. En Europe, ASML Holding (+11,25%) et ASM International (+9,42%) ont signé les meilleures performances individuelles sur la semaine.

La machine des IPO se grippe

Côté perspectives, plusieurs observateurs commencent à se poser la question de savoir si l'effervescence observée depuis le début de l'année sur les marchés n'était pas arrivée à son terme. Certes, le phénomène des SPAC ("Special Purpose Acquisition Company") n'a pas perdu de son élan. Le géant des bureaux partagés WeWork a par exemple annoncé son intention de faire son entrée à Wall Street d'ici fin septembre en fusionnant avec la coquille vide BowX Acquisition Corp.

415
millions d'euros
Vendredi, la Bourse d'Amsterdam a accueilli l'un des plus gros SPAC à être coté en Europe, European FinTech IPO Company 1 (EFIC1), qui a levé 415 millions d'euros.

La Bourse d'Amsterdam a pour sa part accueilli l'un des plus gros SPAC à être coté en Europe, European FinTech IPO Company 1 (EFIC1), vendredi. L'entreprise a réussi à lever 415 millions d'euros dans le but d'acquérir une fintech européenne dans les prochaines années.

Mais quelques grains de sable sont venus enrayer la machine. La Securities and Exchange Commission (SEC) a envoyé des lettres aux banques de Wall Street pour obtenir des informations sur ce phénomène. Une enquête formelle pourrait être ouverte prochainement.

Qui plus est, on a appris cette semaine le report de deux introductions en bourse pour cause de "conditions de marché défavorables". Le groupe italien de défense et d'aéronautique Leonardo a ainsi mis en pause l'IPO de sa filiale américaine d'électronique DRS. Et chez nous, le Club de Bruges a reporté à la dernière minute sa venue à la Bourse de Bruxelles. Alors, épiphénomène ou prémices d'une nouvelle tendance de fond sur les marchés financiers?

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