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Les minières font les frais des craintes sur l'inflation

ArcelorMittal a terminé bon dernier du CAC 40 avec une glissade de près de 5%. Les investisseurs se font du mouron au sujet de l'impact de l'inflation sur les comptes des valeurs minières. ©AFP

La poussée inflationniste a encore ébranlé les principaux indices européens et américains, affectant particulièrement les valeurs liées aux matières premières.

Les grandes places boursières de la planète ont vu rouge ce mardi. Des marchés asiatiques à Wall Street en passant par l'Europe, une même question tourmentait les investisseurs: avec le retour de l'inflation, les banques centrales vont-elles réduire leur généreux soutien qui a permis aux indices boursiers de retrouver en un temps record leurs niveaux d'avant-crise?

"Le pire serait d'entendre des murmures sur un ralentissement des achats d'actifs, mais la Fed sait que le marché n'est pas prêt pour cette discussion dans l'immédiat."
Ipek Ozkardeskaya
Analyste chez Swissquote

Des éléments de réponse étaient attendus dans le compte rendu de la dernière réunion monétaire de la Fed, publié après la clôture des marchés européens.

Pour Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, "le pire serait d'entendre des murmures sur un ralentissement des achats d'actifs, mais la Fed sait que le marché n'est pas prêt pour cette discussion dans l'immédiat".

Dans l'attente de ces indications, l'humeur était à la prise de bénéfices, d'autant plus que la chute des cryptomonnaies a rajouté une couche de nervosité dans les échanges.

Le Bund grimpe

Sur le marché obligataire, les taux souverains ont repris de la vigueur, donnant des sueurs froides aux valeurs technologiques.

Le taux de l'obligation d'État allemand à 10 ans a touché -0,071%, son plus haut niveau depuis deux ans, signe que les investisseurs prennent de plus en plus compte un ralentissement des rachats d'obligations de la Banque centrale européenne.

À la cloche, les marchés européens étaient embourbés en territoire négatif, lâchant pour la plupart d'entre eux plus de 1,5%. Le Stoxx 600 Europe, qui était revenu à trois points de son récent record, a abandonné 1,53% pour s'éloigner à dix longueurs de son sommet historique.

À la clôture en Europe, Wall Street avait également la mine des mauvais jours. Le Nasdaq reculait de 0,65% et le Dow Jones, lesté par les valeurs pétrolières, abandonnait 1,21%.

Les biotechs du Bel 20 dans le dur

À Bruxelles, le Bel 20 a reculé de 1,30% avec seulement quatre éléments orientés dans la bonne direction. Elia , qui a fait état de prévisions optimistes pour la suite de son exercice 2021, a surclassé les échanges avec un gain de 1,60%.

À l'autre bout de la cote bruxelloise, Argenx , très sensible à la moindre tension des taux, a lâché 3,83%. Le titre de la biotech gantoise avait dépassé les 310 euros en février dernier, évoluant alors à des niveaux inexplorés. Il cote à présent à 221,20 euros.

Les suiveurs des matières premières s’inquiètent du possible impact de l'inflation sur la croissance.

L'autre biotech du Bel 20, Galapagos , a aussi squatté le bas du tableau, effaçant 3,39% sur la séance malgré l'annonce du recrutement du premier patient pour son essai clinique de phase 4 "Filisophy" qui vise à mieux comprendre l’efficacité et la sécurité du filgotinib, son traitement vedette, chez des patients atteints d’arthrite rhumatoïde. 

Hors Bel 20, Recticel  grimpe de 5,83% après avoir fortement relevé ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice. La mise à jour des prévisions alors que le fabricant de mousses isolantes est la cible d'une OPA qui apparaît de plus en plus comme hostile.

Barco a progressé de 3,67% et Deceuninck de 6,32%. Kepler est passé à l'achat sur les deux valeurs.

2
milliards de livres
KKR va retirer de la cote le groupe britannique d'infrastructures John Laing via une offre d'achat d'environ deux milliards de livres sterling.

Ailleurs en Europe, les valeurs minières ont plié sous la pression de l'inflation. Les suiveurs des matières premières s’inquiètent du possible impact de l'inflation sur la croissance. Antofagasta a perdu 3,44% et Rio Tinto 3,38%. ArcelorMittal fermait la marche de la cote parisienne (-4,99%) et, à Bruxelles, Aperam s'est ramolli de 1,04%.

Sur le marché londonien, le groupe de construction britannique John Laing s'est envolé de +11,09%. Son conseil d'administration a donné son accord à un rachat par la société d'investissement américaine KKR pour 2 milliards de livres.

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