Les nouveaux indicateurs économiques (3/4): la consommation d'électricité

La centrale électrique de Doel. ©REUTERS

La crise a été si soudaine que les indices conjoncturels traditionnels se sont avérés insuffisants pour mesurer l’ampleur des dégâts. De nouveaux indicateurs, quasi en temps réel, sont utilisés.

Parmi les statistiques économiques classiques, les indicateurs conjoncturels les plus avancés, comme les PMI (purchasing managers indexes), indices basés sur les anticipations des directeurs d’achats, permettent de donner un avant-goût de la tournure que prend la situation économique de mois en mois. Mais la brutalité de la crise sanitaire a nécessité d’autres mesures de l’activité économique.

Car non seulement certains répondants des enquêtes conjoncturelles traditionnelles n’étaient plus disponibles à cause de la fermeture des entreprises mais en plus, les chefs d’État et les dirigeants d’entreprises ne pouvaient pas se permettre d’attendre de longues semaines pour avoir un aperçu de la situation et prendre les décisions qui s’imposaient.

10%
Baisse de la demande par rapport au niveau d'avant le lockdown
Les indicateurs de la consommation électrique montrent qu’en juin, la demande était encore inférieure de 10% à celle d'avant le confinement.

Le Fonds monétaire international (FMI) a donc décidé de surveiller d’autres paramètres susceptibles de donner de bonnes indications, quasiment en temps réel, de l’évolution de l’activité économique. Parmi ceux-ci figurent les données à haute fréquence sur la consommation énergétique. Des données obtenues notamment auprès du Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité ont rapidement mis en évidence une chute spectaculaire dans la consommation d’électricité dès les premiers jours du confinement. En Italie, par exemple, le plongeon de la demande électrique est visible dès le 9 mars, jour où les premières mesures sont entrées en vigueur.

Distinctions par pays

Ce mois-ci, l’Agence internationale de l’Energie a quant à elle publié un rapport sur l’évolution de l’impact de la pandémie sur la demande d’électricité, avec des données arrêtées au 30 juin. Une mise à jour sera publiée tout prochainement, en août, avec les chiffres de juillet. Ces indicateurs de la consommation électrique montrent qu’en juin, la demande, corrigée des variations saisonnières, est encore restée inférieure de 10% à celle qui prévalait avant les premières mesures de confinement.

L'immédiateté des indicateurs de consommation énergétique est utile mais l'amplitude de leurs variations est à considérer avec prudence.

Ces données permettent aussi de distinguer les effets de la crise sur différents pays. On voit notamment que l’Italie a été plus sévèrement touchée dans les premières semaines du confinement mais aussi que le Royaume-Uni prend plus de temps à retrouver des niveaux déjà atteints par la France ou encore l’Espagne.

Très utiles pour leur immédiateté, les indicateurs de consommation énergétique doivent être considérés avec prudence au niveau de leur amplitude car des reports de la demande peuvent survenir, par exemple quand un travailleur consomme plus d’électricité chez lui parce qu’il télétravaille.

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