Les nouvelles mesures de la BCE feront gagner 80 millions aux banques belges

©Dieter Telemans

Le nouveau système pour les dépôts engendre un gain de 1,5 milliard d'euros pour l'ensemble des banques de la zone euro, souligne l'économiste Eric Dor.

Mario Draghi a sorti un nouveau bazooka monétaire jeudi dernier pour contrer le ralentissement économique. Mais quel sera l’impact des nouvelles mesures concernant les dépôts pour les banques belges? 

Jusqu'à présent, la Banque centrale européenne (BCE) taxait au taux négatif de -0,4% les liquidités déposées par les banques auprès de leur banque centrale nationale. Le coût direct annuel de cette politique pour les banques de la zone euro pouvait être estimé à 7,09 milliards d'euros. Pour les banques belges, ce coût direct annuel est estimé approximativement à 248 millions d'euros, indique Eric Dor, directeur des études économiques de l’IESEG School of Management.

Système de "tiering"

167 millions
euros
Le coût direct annuel du taux négatif à -0,5% avec "tiering" peut être estimé à 167 millions d'euros pour les banques belges.

Après la décision de la BCE du 12 septembre, les liquidités déposées par les banques auprès de leur banque centrale nationale vont être taxées au taux négatif de -0,5%. Cela devrait logiquement augmenter le coût direct annuel. Mais, dans le même temps, les banques vont pouvoir exonérer 6 fois le montant des réserves obligatoires au lieu d'une fois auparavant dans le calcul des liquidités soumises au taux négatif. La BCE a en effet décidé d'appliquer un système dit de "tiering" pour mitiger l'impact du taux négatif sur la rentabilité des banques.

Le coût direct annuel du taux négatif à -0,5% avec "tiering" peut maintenant être estimé à 5,56 milliards d'euros pour les banques de la zone euro. Pour les banques belges, le coût direct annuel peut être estimé approximativement à 167 millions.

En comparant ces chiffres par rapport à la situation précédente, on arrive à un gain annuel des nouvelles mesures de 1,53 milliard d'euros pour l'ensemble des banques de la zone euro, et de 81 millions pour les banques belges.

Les banques allemandes et françaises grandes gagnantes

Ce sont les banques allemandes et françaises qui profitent le plus de la mesure. Pour les banques belges, avec ces 81 millions d'euros, on peut parler d'un gain "modéré" mais quand même appréciable. On peut le comparer à ce que les banques paient aux déposants sur les carnets d'épargne (taux minimum de 0,11%), soit quelque 300 millions d'euros.   

Eric Dor précise encore que ces estimations sont sous l'hypothèse d'un bilan statique. En réalité, la reprise des achats nets d'obligations (QE) pour 20 milliards d'euros par mois va mécaniquement augmenter les liquidités déposées par les banques auprès de leurs banques centrales nationales de l'Eurosystème, et éroder ainsi une partie du gain.

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