Les obligations européennes très plébiscitées

Les obligations, destinées à financer les États membres pour soutenir le marché de l'emploi, ont connu un franc succès. ©REUTERS

Les premières obligations émises par l'Union européenne ont connu un franc succès auprès des investisseurs, grâce à leur notation triple A, devenue rare sur le marché.

La première émission obligataire de l'Union européenne a rencontré un franc succès sur le marché, selon les analystes. Ce mardi, des obligations à dix ans et à vingt ans ont été émises, les premières du programme SURE, destiné à financer jusqu'à 100 milliards d'euros les pays membres pour les aider à soutenir leur marché de l'emploi.

La région prévoyait de lever 10 milliards d'euros avec son obligation à dix ans, et 7 milliards d'euros avec son obligation à vingt ans. Selon des intervenants de marché, l'émission de la dette à dix ans de l'Union européenne a attiré à elle seule 145 milliards d'euros. Au total, la région aurait reçu plus de 223 milliards d'euros de demandes pour ces obligations. "Les carnets d'ordre doivent être volumineux étant donné qu'il reste environ 800 milliards d'euros en route", a déclaré Jan von Gerich, responsable de la stratégie d'investissement chez Nordea Bank. "Ces obligations étaient clairement attendues avec impatience, et ces problèmes ne font que renforcer le tableau selon lequel il existe une énorme demande d'obligations pour le moment" ajoute-t-il.

La demande de dette a atteint des sommets historiques dans la région cette année, l'Italie affichant le précédent record pour une seule vente, avec 107 milliards d'euros de commandes pour une émission à 10 ans en juin.

Un type d'obligations très recherché

Les investisseurs ont été attirés par la vente des obligations de l'Union européenne en raison de la rareté des titres bénéficiant d'une cote de crédit AAA, et des obligations sociales, la partie de la finance durable qui connaît la croissance la plus rapide. Cette année, le montant émis pour ces obligations a quadruplé à 72 milliards d'euros. L'émission de l'Union européenne a battu le record établi par la société française CADES, qui avait levé 5 milliards d'euros avec son obligation sociale.

Ces obligations étaient clairement attendues avec impatience, et ces problèmes ne font que renforcer le tableau selon lequel il existe une énorme demande d'obligations pour le moment.
Jan von Gerich
Responsable de la stratégie d'investissement chez Nordea Bank

L'offre, qui constitue également la première dette conjointe de l'Union européenne depuis que le bloc a conclu un accord historique de relance pandémique, possède une viseé sociale car elle sert à financer un programme de soutien à l'emploi.

Outre le programme SURE, l'Union européenne commencera également à vendre des obligations en 2021 pour payer son fonds de redressement de 750 milliards d'euros. Ce paquet, convenu en juillet, a été salué comme une avancée majeure par les investisseurs, les membres de l'UE ayant accepté pour la première fois une dette à grande échelle adossée conjointement. Dans le cadre de ces deux programmes, Bruxelles émettra jusqu'à 200 milliards d'euros d'obligations l'an prochain, et deviendra à terme l'un des plus grands émetteurs d'obligations de la zone euro, se classant derrière les quatre plus grands marchés publics que sont l'Italie, la France, l'Allemagne et l'Espagne.

Néanmoins, sur le marché obligataire d'État ce mardi, les intervenants de marché n'ont pas observé de mouvement suite aux émissions de l'Union européenne. Le taux du Bund allemand à dix ans est resté à -0,61%, à ses niveaux de mars, alors que les investisseurs se ruent vers les actifs refuges en raison de la seconde vague de Covid-19.

223
milliards d'euros
La demande pour les deux premières obligations émises sous le programme SURE de l'Union européenne a été très importante, selon les intervenants de marché.

La région avait jusqu'à lundi environ 50 milliards d'euros d'obligations, dont la plupart ont servi à financer des prêts à l'Irlande et au Portugal pendant la crise de la dette dans la région. La dette a sous-performé les autres marchés de la zone euro depuis l'été alors que les investisseurs se préparent au déluge de nouvelles émissions obligataires.

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