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Les paiements en cryptomonnaie appelés à devenir... monnaie courante

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Même si les initiatives sont encore peu nombreuses, il est déjà possible de faire des achats en monnaie virtuelle. Ce mouvement devrait bientôt s'accélérer.

Depuis la fin de l’année 2020, les cryptomonnaies sont à nouveau sur toutes les lèvres. Pour tout investisseur (débutant ou non) qui se respecte, difficile en effet, d’ignorer l’enchaînement des cours records de la plus populaire de ces monnaies virtuelles: le bitcoin (BTC).

Les cryptomonnaies ne sont pas juste – comme le pense la majorité du grand public – de purs produits spéculatifs. Ce sont aussi des monnaies au sens le plus strict du terme. À savoir qu’elles permettent tout simplement de faire des achats dans l’économie réelle, que ce soit via une plateforme en ligne ou via un magasin physique, ou encore de régler les prestations de services d’un indépendant par exemple.

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Le 13 avril, le cours du bitcoin a battu un nouveau record.

Valérie D., pharmacienne à Drogenbos, vient de se lancer dans l’aventure, il y a tout juste un mois, en proposant à ses patients de régler leurs achats en bitcoin, en litecoin ou en ethereum.

L’idée de proposer ces moyens de paiement supplémentaires dans son officine a germé grâce à son fils aîné, Cédric, étudiant en ingénierie commerciale à l’Ichec. "J'ai dû choisir un sujet pour un travail écrit et oral en anglais et j'ai choisi les cryptomonnaies, explique-t-il. Je me suis donc énormément renseigné sur le sujet, à un point tel que je suis devenu un véritable fan des monnaies virtuelles. Je suis même plus que convaincu que le bitcoin pourrait devenir un mode de paiement régulier dans le futur."

QR code

"Et puis, ce n’est vraiment pas très compliqué à mettre en œuvre", renchérit Valérie D. "Il faut disposer d’une application adaptée. Dans notre cas, nous avons opté pour Coinbase, car j’ai été séduite par le degré de sécurisation offert par cette plateforme, de même que par le module destiné aux commerçants."

En pratique, Coinbase permet de générer un QR code contenant l’information du montant à transférer. "Je dois d'abord encoder ce montant en euro et Coinbase le convertit ensuite en cryptomonnaie, tout en y incluant les frais de transaction. Les patients qui ont cette application (ou même une autre application qui leur sert de 'wallet', comme la belge Bit4You par exemple, NDLR) n’auront plus qu’à scanner ce QR code pour régler la transaction. Une fois de plus, c’est vraiment très simple."

Bref, il s’agit exactement du même modus operandi que l’application Payconiq by Bancontact, à la différence que les transactions ne sont pas aussi rapides. "D’après les tests que nous avons effectués, chaque transaction prend bien cinq minutes… mais notre sourire, un peu d’humour et quelques mots gentils rendront ces transferts agréables pour nos patients."

"J'espère attirer les personnes qui cherchent des possibilités pour dépenser l’argent gagné grâce à leurs investissements dans les cryptomonnaies."
Valérie D.
Pharmacienne à Drogenbos

Autre différence notable: les frais de transaction sont à charge de l’acheteur. "Avec Coinbase, ils sont de l’ordre de 4 à 5%, mais nous avons prévu de les compenser en offrant de petits produits à nos patients. D’ailleurs, mon but ne consiste absolument pas à faire du profit sur ce type de transaction, mais bien d’attirer les personnes qui cherchent des possibilités pour dépenser l’argent gagné grâce à leurs investissements dans les cryptomonnaies."

Et ça marche? "Jusqu’à présent, personne n’a encore utilisé cette possibilité de paiement. Mais elle fait réagir! Certains s’en amusent, d’autres s’inquiètent de ne plus pouvoir payer en euro et ceux qui ont des cryptomonnaies me disent qu’ils vont encore un peu attendre avant de les dépenser, car la tendance est à la hausse. Paradoxalement, j’ai aussi eu un banquier qui m’a posé des questions sur le fonctionnement pratique du paiement en cryptomonnaie et qui m’a répété combien investir dans les cryptomonnaies était risqué."

Mais Valérie D. assure ne pas craindre tant que ça la volatilité liée aux cryptomonnaies. "Ma comptable m’a signalé que j’avais deux options: soit je transforme directement les montants payés en cryptomonnaie en euro, soit je fais cette transformation en fin de mois. Je pense que pour éviter la moindre surprise, je ferai d'office des transferts rapides."

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Coinmap

L’initiative de Valérie D. n’est pas unique en Belgique. D’autres se sont lancés dans l’aventure bien avant elle, mais avec pratiquement aucun succès. À ce propos, la plateforme Coinmap.org, qui recense une partie des lieux ou des personnes qui acceptent les cryptomonnaies dans le monde entier, renseigne soit l’adresse de commerces qui n’existent plus, soit le numéro de téléphone d’indépendants qui ont arrêté leurs activités et qui n’avaient de toute façon jamais eu le moindre paiement en bitcoin.

"L’essor des cryptomonnaies est désormais inévitable."
Jérôme F.
Informaticien

C’est le cas de Jérôme F., qui proposait jadis ses services à des particuliers, ainsi qu’à de petites entreprises, en tant qu’informaticien. "Ce n’est plus mon activité principale aujourd’hui, mais si c’était à refaire, je proposerais encore et toujours le paiement en bitcoin, car l’essor des cryptomonnaies est désormais inévitable."

Pareil pour Juliette M., qui gérait un espace de soins et de relaxation (fermé définitivement à cause de la crise sanitaire). "Il y a quelques années, mon compagnon, fan de cryptomonnaies, avait tout mis en place pour permettre à mes clients de payer en bitcoin. Mais personne n’a osé faire le pas. Probablement parce que les cryptomonnaies restent associées aux travers du Dark Web."

"Le grand public n'ose pas utiliser les cryptomonnaies, qui restent associées aux travers du Dark Web."
Juliette M.
Ex-gérante d'un espace de soins et de relaxation

De son côté, Arnaud S., avocat au barreau de Bruxelles, a enregistré une seule transaction en cryptomonnaie. "Cela fait plusieurs années que je propose le paiement par bitcoin dans mes conditions générales. Un de mes clients, qui l’a découvert au cours d’une de nos conversations, a fini par régler mes honoraires de cette manière. Mais il l’a surtout fait car ça l’amusait d’avoir enfin trouvé une occasion de les dépenser."

À l’inverse, Quintessentially, une entreprise qui offre des services de conciergerie haut de gamme, enregistre une croissance des paiements en cryptomonnaie. "Nos services s'adressent à des personnes qui ont un pouvoir d’achat élevé et nous remarquons que notre clientèle comporte de plus en plus de personnes qui se sont justement enrichies grâce aux cryptomonnaies, relate Zishan Ansari, son CEO. Ces dernières cherchent différentes possibilités de les dépenser."

En ligne

En ce qui concerne l’e-commerce, c’est encore relativement compliqué de trouver des plateformes qui acceptent le paiement en cryptomonnaie. Mais pas impossible. Takeaway.com, le site spécialisé dans la restauration à domicile avec commande en ligne, propose cette option lors de la finalisation des commandes.

Dans un autre genre, la plateforme Bitrefill.com permet d’acheter des cartes-cadeaux. Le public belge peut notamment passer commande pour un bon à valoir chez Amazon.fr, Netflix ou encore Nintendo. La plupart des autres cartes sont par contre réservées aux clients situés en France.

Cependant, que ce soit en ligne ou dans les commerces physiques, le nombre de possibilités de paiement en cryptomonnaie devrait rapidement augmenter dans les mois à venir. Tous les indicateurs (voir encadré) semblent être définitivement au vert.

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