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Les prévisions des constructeurs automobiles donnent le ton

Stellantis a relevé sa prévision de marge opérationnelle, notamment grâce aux ventes de l'Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio, couronné SUV de l'année par le magazine Auto Zeitung. ©doc

Tous les constructeurs automobiles européens ont fait mieux que prévu. Mais en bourse, ils connaissent des sorts divers en fonction des perspectives annoncées.

Au premier semestre, les constructeurs automobiles européens ont dépassé les attentes mais les investisseurs ont surtout réagi à leurs anticipations pour les mois à venir. Ainsi, ce mardi, BMW a été sanctionné en Bourse de Francfort après s’être montré particulièrement prudent face à la hausse des prix et à la pénurie de semi-conducteurs, alors que Stellantis a progressé à Paris et Milan après avoir relevé sa prévision de marge opérationnelle.

"À la lumière des prix des matières premières et de la pénurie de semi-conducteurs, le deuxième semestre devrait être plus volatil."
Oliver Zipse
Président de BMW

BMW s'attend à voir l’inflation et des problèmes d’approvisionnement en composants électroniques affecter ses chiffres d'ici décembre. "À la lumière d’un certain nombre de risques dominants, y compris les prix des matières premières et une pénurie de semi-conducteurs, le deuxième semestre devrait être plus volatil pour le groupe BMW", a déclaré Oliver Zipse, président du constructeur automobile.

Ces risques ont conduit le groupe allemand à se montrer prudent dans ses prévisions. En 2021, la marge opérationnelle du segment auto devrait enregistrer une croissance située dans le haut d’une fourchette allant de 7 à 9%, une perspective inchangée. Mais "la prévision est basée sur la supposition que la pandémie de coronavirus et la situation de l’offre de semi-conducteurs ne s’aggraveront pas et que les prix sur les marchés internationaux des matières premières resteront stables", a précisé Nicolas Peter, responsable du département des finances de BMW.

Puces indispensables

Stellantis , le groupe européen né de la fusion, en début d’année, de Fiat Chrysler et PSA, a quant à lui relevé ses anticipations: il s'attend désormais à une marge opérationnelle d'environ 10% cette année, contre une estimation comprise entre 5,5% et 7,5% auparavant. Il avertit toutefois que ceci suppose qu'il n'y ait "pas de nouvelle détérioration de l'offre de semi-conducteurs et pas de nouveaux confinements significatifs en Europe et aux États-Unis".

10%
Marge opérationnelle attendue de Stellantis
Stellantis s'attend à voir sa marge opérationnelle atteindre 10% cette année, contre une estimation précédente allant de 5,5% à 7,5%.

Ces derniers jours, les autres grands constructeurs européens avaient, eux aussi, publié des résultats supérieurs aux attentes pour le premier semestre mais en émettant des réserves sur les conséquences de la pénurie de puces électroniques, devenues indispensables dans l'industrie automobile à cause de la sophistication des équipements des véhicules.

Il y a deux semaines, Daimler avait vu son action baisser juste après avoir réduit ses prévisions de ventes à cause du manque de semi-conducteurs.

Renault à la traîne

Vendredi dernier, en marge de la présentation des résultats semestriels de Renault , le patron du groupe français, Luca de Meo, avait déclaré que cette pénurie pourrait durer jusqu'en 2022. Ce problème devrait priver Renault de la vente de 200.000 véhicules, une estimation revue en forte hausse. Luca de Meo a aussi pointé un impact de la hausse des prix des matières premières.

Selon le patron de Renault, la pénurie de semi-conducteurs pourrait durer jusqu'en 2022.

Par ailleurs, Renault a davantage souffert que les autres au point de vue des ventes car celles-ci sont concentrées en Europe, où le marché automobile s'est redressé moins vite qu'aux États-Unis et en Asie. D'où la contreperformance de l'action Renault en 2021 par rapport à ses pairs (voir l'infographie, ci-dessous).

Volkswagen avait quant à lui surpris tout le monde il y a un peu plus de trois semaines en annonçant un bénéfice de 11 milliards d'euros malgré la pénurie de composants électroniques. Mais la crainte d'une aggravation des effets de celle-ci au deuxième semestre a ensuite pesé sur le titre.

Le résumé

  • Les résultats des groupes automobiles européens ont dépassé les attentes des analystes financiers.
  • La plupart d'entre eux mettent en garde contre la pénurie de semi-conducteurs mais tous n'ont pas ajusté leurs anticipations en conséquence.
  • Les cours de bourse des constructeurs ont évolué au gré de ces prévisions pour le deuxième semestre.
  • Renault a souffert de la concentration de ses ventes sur le marché européen, alors que la reprise a été plus rapide aux USA et en Chine.

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