Les problèmes de Kraft Heinz donnent une indigestion à AB InBev

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Le groupe américain a dévoilé ses résultats annuels, actant une dépréciation de 15 milliards de dollars au quatrième trimestre. Son dividende est par conséquent divisé par trois. À Bruxelles, AB InBev a bu la tasse.

Kraft Heinz   voit rouge. Le géant américain de l'agroalimentaire, connu pour son ketchup et ses biscuits d'apéritif, a fait état jeudi soir d'une lourde perte de 12,6 milliards de dollars (11,12 milliards d'euros) au quatrième trimestre 2018, soit -10,34 dollars par action. En cause, une dépréciation de 15,4 milliards sur deux de ses marques phares, Kraft et les produits carnés Oscar Mayer. Le groupe pointe un changement du goût des consommateurs, qui se soucient de plus en plus des questions de santé et se tournent plus souvent vers les produits frais au détriment des aliments transformés. 

"La rentabilité n'a pas été à la hauteur de nos attentes en raison d'une combinaison entre une inflation imprévue des coûts et des économies moins importantes que prévu"
Bernardo Hees
CEO de Kraft Heinz

Hors éléments exceptionnels, le bénéfice s'élève à 84 cents par action pour les derniers mois de l'année, ce qui est 10 cents de moins qu'attendu par les analystes. Le chiffre d'affaires est également inférieur aux prévisions, atteignant 6,89 milliards de dollars (en hausse de 0,7%) contre les 6,94 milliards espérés. "La rentabilité n'a pas été à la hauteur de nos attentes en raison d'une combinaison entre une inflation imprévue des coûts et des économies moins importantes que prévu", a commenté son CEO Bernardo Hees.

Kraft Heinz est né de la fusion en 2015 des groupes Heinz et Kraft Foods sous l'impulsion du célèbre milliardaire américain Warren Buffett et de la société d'investissement 3G Capital

Un dividende divisé par trois

Face à ces mauvais résultats, Kraft Heinz a annoncé sa volonté de proposer un dividende trimestriel de 0,40 dollar par action. Ce qui représente une baisse d'environ 5% par rapport au dividende de 0,625 dollar versé un an auparavant. "Nous sommes convaincus que cette décision nous aidera à accélérer notre plan de désendettement, à nous fournir un avantage stratégique grâce à un bilan plus solide, à soutenir les investissements commerciaux et à fixer un taux de distribution (payout) qui puisse croître avec le temps et permettre des désinvestissements supplémentaires", a justifié Bernardo Hees. Et d'ajouter: "Ainsi, nous pourrons améliorer notre croissance et nos rendements avec le temps."

1,60 dollar
Le dividende de Kraft Heinz a largement fondu
Au final, le dividende annuel tombe à 1,60 dollar contre 2,50 dollars précédemment.

À la fin de son rapport financier, l'entreprise révèle avoir reçu une assignation à comparaître par le gendarme des marchés américains, l'US Securities and Exchange Commission (SEC), en octobre 2018. Il s'agit d'une enquête sur les procédures et contrôles internes de la société en matière d'approvisionnement. Kraft Heinz indique avoir ouvert une enquête interne avec l'aide de conseillers externes. Il a découvert "une hausse de coûts des produits de 25 millions de dollars" au quatrième trimestre, mais a estimé qu'ils n'étaient pas significatifs.

Des problèmes qui font tache d'huile

En Bourse, l'action Kraft Heinz a chuté d'environ 25% ce vendredi à Wall Street, évoluant à des niveaux historiquement bas. Ce qui a bien sûr pesé sur l'ensemble du secteur. Ses concurrents General Mills   et Campbell Soup   ont également bu le bouillon. En Europe, le compartiment de l'alimentation signe la plus forte baisse sectorielle de la séance. En son sein, on retrouve notamment Danone   ou Unilever 

Chez nous, AB InBev  signe la plus forte baisse du Bel 20. Selon une note de RBC Capital Markets publiée ce vendredi matin, le brasseur belgo-brésilien est victime de "son ADN partagé avec Kraft Heinz". "Nous n'avons aucune raison de penser que l'un des problèmes [de Kraft Heinz] est applicable à AB InBev", relativise tout de go l'analyste James Edwardes Jones. "Néanmoins, étant donné le partage d'actionnaires entre les deux sociétés et des cultures similaires de maximisation de la marge, nous ne serions pas surpris que les investisseurs établissent un lien". Il a toutefois maintenu sa recommandation sur AB InBev à "acheter".

 

" La rentabilité n'a pas été à la hauteur de nos attentes en raison d'une combinaison entre une inflation imprévue des coûts et des économies moins importantes que prévu", a commenté son CEO Bernardo Hees.

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