analyse

Les technos règnent en maître sur les actions

Le Nasdaq nargue encore les investisseurs qui craignent une nouvelle bulle technologique. Dans le même temps, les autres grands indices actions font du surplace. ©AFP

Portées par les records incessants du Nasdaq, les valeurs technologiques ont mené la tendance en Europe. Tendance qui reste toutefois hésitante à l'approche de la saison des résultats.

À la croisée des chemins. Expression très (trop?) souvent utilisée dans les salles de marché, mais qui résume bien l'état d'esprit des investisseurs en ce moment. Après un net rebond fin mai et début juin, les grands indices actions se sont - pour la plupart - stabilisés en Europe et à Wall Street. Léthargiques, ils évoluent désormais dans un canal étroit sans savoir dans quelle direction aller. "Les marchés sont dans une phase d'attente", expliquent de nombreux observateurs. Une période de statu quo que nous avons d'ailleurs déjà connue durant le mois d'avril.

"La forte hausse des cas confirmés de coronavirus suscite des inquiétudes croissantes quant au retour de mesures de confinement plus importantes. Bien qu'elles puissent ralentir efficacement le virus, leur coût économique est très élevé."
Goldman Sachs

La principale raison de cette tendance hésitante est l'évolution de la pandémie du Covid-19 et son impact sur l'économie mondiale. "La forte hausse des cas confirmés de coronavirus suscite des inquiétudes croissantes quant au retour de mesures de confinement plus importants. Bien qu'elles puissent ralentir efficacement le virus, leur coût économique est très élevé", écrivent les économistes de Goldman Sachs dans une note publiée cette semaine.

Rappelons que 2020 s'annonce déjà comme une année historiquement difficile si on en croit les dernières prévisions de la Commission européenne publiées ce mardi. Elle s'attend à une contraction record de 8,7% du produit intérieur brut (PIB) en zone euro, contre une prévision de -7,7% en mai.

À la veille de la saison des résultats pour le deuxième trimestre et ne sachant pas si la - tant espérée - reprise économique en V va réellement se concrétiser, les investisseurs préfèrent donc adopter un rythme de croisière plus calme. Qui sait comment les CEO du S&P 500 et du Stoxx 600 nous dépeindront l'avenir de leur société à court terme.

Des investisseurs technophiles

Mais revenons à la performance des actions cette semaine. L'indice paneuropéen Stoxx Europe 600 a pris 0,38% en cinq séances. Un secteur qui ne connaît pas la crise - ni les doutes -, c'est bien celui de la technologie . Il a signé l'une des meilleures performances hebdomadaires en Europe avec un bond de 2,66%. C'est certain, la crise du coronavirus a ravivé l'engouement des investisseurs pour ce type de valeurs. Il suffit de voir la performance du Nasdaq à Wall Street: +17% depuis le début de l'année! L'indice vole même de record en record ces derniers temps.

Tout ceci ne doit cependant pas minimiser la performance propre aux valeurs technologiques en Europe. Prenez par exemple SAP, dont l'action a gagné 5,85% cette semaine. Le groupe allemand a dévoilé jeudi des ventes supérieures aux attentes pour le deuxième trimestre, avec un chiffre d'affaires en hausse de 2% à 6,74 milliards d'euros. Qui plus est, il a confirmé son objectif annuel d'un bénéfice d'exploitation compris entre 8,1 milliards et 8,7 milliards d'euros.

Quel avenir pour le pétrole?

À noter qu'un secteur a particulièrement souffert ces derniers temps, celui de l'énergie (-2,26%) . Les mauvaises nouvelles s'y amoncellent, à l'image de ce qu'Eni a annoncé lundi soir. La compagnie italienne va devoir acter des dépréciations d'actifs pour environ 3,5 milliards d'euros au deuxième trimestre en raison de la chute des prix pétroliers. Et il n'est pas dit que la situation s'améliorera rapidement. Plusieurs observateurs prédisent une reprise "lente" du marché durant le second semestre 2020.

92,1
millions de barils par jour
Selon le dernier rapport mensuel de l'AIE, la demande mondiale de pétrole devrait se situer à 92,1 millions de barils par jour (bpj) en 2020. Soit 400 000 bpj de plus qu'espéré auparavant.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) se montre prudemment optimiste. Dans son dernier rapport mensuel, publié ce vendredi, elle a relevé ses prévisions annuelles pour la demande mondiale de pétrole. Celle-ci devrait se situer à 92,1 millions de barils par jour (bpj) en 2020. "Alors que le marché du pétrole a indubitablement réalisé des progrès, (...) le nombre important et, dans certains pays, l'accélération des cas de Covid-19 est un rappel inquiétant du fait que la pandémie n'est pas maîtrisée et que nos prévisions de marché risquent de se retrouver presque certainement à la baisse", nuance cependant l'agence.

Le Brent parvient pour le moment à se maintenir au-dessus de la barre symbolique de 40 dollars le baril. Il a pris environ 0,4% sur la semaine. Parmi les autres matières premières, l'or a gagné plus de 1,2% pour atteindre 1.800 dollars l'once.

Gros soulagement pour Kiadis

Quid chez nous, à la Bourse de Bruxelles? Son indice phare, le Bel 20 , a progressé de 1,44% en cinq séances mais il flirte encore avec le seuil symbolique des 3.500 points. Les deux grands indices bruxellois, le Bel Mid et le Bel Small, ont de leur côté évolué en ordre dispersé. Le premier a gagné 0,62% tandis que le second a reculé de 1,92%. La mauvaise performance du Bel Small est essentiellement due à la chute de 13,96% d'Acacia Pharma en raison de prises de bénéfices.

La palme de la meilleure progression à Bruxelles revient à Kiadis Pharma (+44,51%) cette semaine. La biotech a annoncé un partenariat avec le laboratoire Sanofi qui lui permettra d'avoir assez de cash pour tenir au moins jusque début 2021. Les soucis s'envolent et l'action avec.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés