Publicité

Les tensions commerciales, risque n°1 pour les Bourses

©EPA

Selon un scénario désormais bien rodé, les actifs risqués ont évolué au gré des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Les actions ont timidement redressé la tête à la moindre accalmie avant de replonger dès que l’un des protagonistes du duel entre Washington et Pékin durcit de nouveau le ton.

La semaine qui s’achève a donné un bel exemple de l'impact des tensions commerciales sur les marchés avec le volet du contrôle par les Etats-Unis des projets d’investissements étrangers, Donald Trump apaisant pour un temps les débats avant que son conseiller économique Larry Kudlow ne ravive les inquiétudes.

Les menaces du Président américain de taxer de plus en plus lourdement les produits chinois importés aux Etats-Unis ont d’abord été perçues sur les marchés comme une tactique visant à lui assurer une marge de manœuvre dans les négociations. "Il apparaît maintenant que tout ceci pourrait ne pas être une technique de négociation mais quelque chose de bien réel, ce qui commence à énerver le marché", dit Eric Kuby, responsable des investissements chez North Star Investment Management.

Il ne s’agit plus de bruit de fond mais bien d’une menace concrète: Washington doit mettre en œuvre à partir de vendredi prochain des droits de douane de 25% sur 34 milliards de dollars de produits chinois. Ce qui devrait probablement se traduire par une riposte immédiate de Pékin, qui pourrait enclencher à son tour une nouvelle escalade de la part de Donald Trump. Le Président américain a déjà évoqué des tarifs douaniers portant sur 200 milliards de dollars de produits chinois, ce qui changerait considérablement la donne en termes d’impact sur les marchés.

Les économistes de la Deutsche Bank  estiment que si la menace maximale de Washington devenait réalité, cela se traduirait par un impact négatif sur le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis de 0,2 à 0,3 point de pourcentage, ce qui amputerait la croissance des bénéfices du S&P 500 de 1% à 1,5%.

Une guerre commerciale multilatérale à grande échelle remettrait en cause la majeure partie des prévisions, avec à la clé un impact de 1 à 1,5 point de croissance mondiale et l’enclenchement d’un "cercle vicieux" sur les marchés qui "mécaniquement, pourrait déboucher sur une récession", évalue pour sa part Stefan Kreuzkamp, directeur des investissements Monde de la société de gestion allemande DWS, qui précise que ce scénario n’est pas celui qu’il privilégie.

Les tensions commerciales sont désormais considérées comme le risque numéro un pour les valorisations des entreprises, devant la normalisation des politiques monétaires des grandes banques centrales.

Les récentes déclarations de sociétés comme Harley Davidson  et Daimler  sur l’impact des barrières douanières sur leurs résultats font craindre un effet sur la saison des publications du deuxième trimestre, qui s’ouvrira dans quelques semaines.

Si les Bourses aux Etats-Unis et en Europe sont fébriles, la situation est plus préoccupante encore en Chine, où les frictions commerciales s’ajoutent aux inquiétudes sur les effets des mesures prises par les autorités afin de contenir un endettement galopant. En dépit de son rebond vendredi, l’indice composite de la Bourse de Shanghai accuse un recul de 20% depuis son pic de janvier, ce qui caractérise un marché baissier ("bear market").

Les Bourses européennes ont accusé un recul de 1,31% sur la semaine, plombées par le secteur automobile (-4,51%) particulièrement exposé aux tensions entre les Etats-Unis et la Chine. Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles n’a pas échappé à la tendance baissière et accuse un repli de 1,16% sur la semaine. Le pétrole est l’actif gagnant de la semaine. Le Brent de la mer du Nord a gagné 5,18% à 79,47 dollars le baril, soutenu par les inquiétudes persistantes sur l’offre.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés