Publicité

Les valeurs chinoises sont-elles encore incontournables?

Les géants du divertissement comme Tencent, NetEase ou en Bilibili ont encore vécu une séance difficile en bourse ce jeudi, perdant environ 10%. ©AFP

La volonté de la Chine de réinitialiser de nombreux secteurs passe mal auprès des investisseurs. Mais difficile de passer à côté de la deuxième économie mondiale.

Should I Stay or Should I Go? Le grand classique du groupe britannique The Clash tourne en boucle dans les salles de marchés alors que la Chine resserre progressivement la vis autour de plusieurs pans de son économie. Éducation, nouvelles technologies, jeux vidéo... Rien ne semble échapper à l'œil de Pékin.

-5%
Depuis le début de l'année, l'indice Hang Seng perd 5,56% contre un gain de 17,29% pour le Stoxx Europe 600 et de 20,43% pour le S&P 500.

Les géants du divertissement comme Tencent, NetEase ou encore Bilibili ont d'ailleurs vécu une nouvelle séance difficile en bourse ce jeudi. Selon la presse officielle, les autorités chinoises les ont convoqués mercredi pour qu'ils rompent "avec le seul objectif de faire du profit". Et souhaitent qu'ils en fassent davantage pour lutter contre l'addiction des plus jeunes.

Qui plus est, les régulateurs ont décidé de ralentir temporairement les approbations pour tout nouveau jeu en ligne. Cette annonce a provoqué des ventes massives sur les bourses chinoises: l'indice Hang Seng de Hong Kong – très prisé par les investisseurs étrangers – a lâché 2,29%, creusant ainsi son écart par rapport aux indices occidentaux. Depuis le début de l'année, il perd 5,56% contre un gain de 17,29% pour le Stoxx Europe 600 et de 20,43% pour le S&P 500.

L'"erreur tragique" de BlackRock

Parmi les investisseurs, le débat fait rage pour savoir s'il faut oui ou non rester exposés au marché chinois à long terme. En témoignent les échanges entre le célèbre milliardaire George Soros et le numéro un mondial de la gestion d'actifs BlackRock. Dans une carte blanche publiée dans le Wall Street Journal lundi, l'homme d'affaires qualifie d'"erreur tragique" la décision de BlackRock d'investir massivement en Chine. "Cela risque de faire perdre de l'argent aux clients de BlackRock et, plus important encore, de nuire aux intérêts de sécurité nationale des États-Unis et d'autres démocraties", écrit-il.

La Chine "est une partie du monde que vous ne pouvez pas négliger" en tant qu'investisseur.
Ray Dalio
Fondateur de Bridgewater Associates

Ce à quoi lui répond le géant américain: "Les États-Unis et la Chine ont une relation économique importante et complexe. (...) Grâce à notre activité d'investissement, les gestionnaires d'actifs basés aux États-Unis et d'autres institutions financières contribuent à l'interconnexion économique des deux plus grandes économies du monde".

Un avis partagé par un autre célèbre investisseur, Ray Dalio. Le fondateur de Bridgewater Associates, le plus important fonds spéculatif au monde, a déclaré que la Chine reste un marché incontournable. "C'est une partie du monde que l'on ne peut pas négliger et pas seulement à cause des opportunités qu'elle offre, mais vous passez à côté de quelque chose d'excitant si vous n'êtes pas là".

Frotter dans le sens du poil?

"Nous pensons que les autorités chinoises reconsidéreront certaines de ces réglementations avec le temps et nous n'abandonnerons pas la Chine car ils sont tellement focalisés sur l'innovation."
Cathie Wood
Fondatrice d'Ark Invest

D'autres pensent avoir trouvé la parade en se tournant vers les entreprises chinoises qui sont dans les petits papiers du gouvernement. C'est le cas de Cathie Wood, la "papesse de la techno". "Nous n'avons pas éliminé nos positions mais nous avons considérablement réduit notre positionnement en Chine et nous avons troqué certains de nos titres, devenus perdants, contre des entreprises dont nous savons qu'elles courtisent le gouvernement", a-t-elle expliqué devant un panel d'investisseurs institutionnels.

On retrouve ainsi dans son portefeuille le logisticien JD Logistics – qui a fait une entrée remarquée à la Bourse de Hong Kong il y a quelques mois – et la plateforme de commerce en ligne Pinduoduo.

Cathie Wood se dit que ce n'est peut-être qu'un mauvais moment à passer pour les investisseurs. "Nous pensons qu'ils [les autorités, NDLR] reconsidéreront certaines de ces réglementations avec le temps et nous n'abandonnerons pas la Chine car ils sont tellement focalisés sur l'innovation".

Le résumé

  • Les géants chinois du divertissement comme Tencent ont chuté d'environ 10% ce jeudi alors que la Chine a enfoncé le clou sur le secteur des jeux vidéo.
  • Depuis le début de l'année, les valeurs chinoises sont loin derrière leurs homologues occidentaux.
  • Pour George Soros, la décision de BlackRock de se focaliser sur la Chine est une "erreur tragique".
  • D'autres investisseurs estiment que le marché chinois reste incontournable. Cathie Wood a ainsi fait le pari des sociétés qui ont les faveurs du gouvernement.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés