Les volumes de bière et bénéfices font mousser AB InBev en Bourse

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Les résultats semestriels d’AB InBev ont été bien accueillis en Bourse jeudi. Voici trois éléments qui expliquent ce rebond boursier d’une action à la traîne depuis des mois.

On dirait bien qu’AB InBev peut enfin commencer à récolter pleinement les fruits de sa méga fusion avec SABMiller intervenue l’an dernier. Premier indice de cette cueillette: le géant brassicole belgo-américain a vu ses volumes de bières vendues croître, ce qui n’était plus arrivé depuis un an et demi. Ils sont en hausse de 1% à 158 millions d’hectolitres à l’issue du deuxième trimestre.

Deuxième indice: les synergies tirées de ce rapprochement montent en puissance. Elles ont atteint 335 millions de dollars contre 252 millions pour le premier trimestre. "En mars dernier, AB InBev a relevé de 25% son objectif de synergies à 1,75 milliard de dollars en plus des économies de coûts et d’efficience identifiées chez SAB (1,05 milliard), soit des économies totales de 2,8 milliards", rappelle Fernand de Boer, analyste chez Degroof Petercam. À la fin du deuxième trimestre, 1,4 milliard de dollars d’économies sur le total de 2,8 milliards ont déjà été capturés, a calculé l’analyste.

Champion de l’Ebitda

Ces synergies ont eu un effet immédiat sur l’Ebitda du brasseur qui affiche une croissance de 11,8% à 5,35 milliards de dollars, là où les analystes attendaient une progression limitée à 6,9%.

"Grâce à une stratégie forte, une excellente exécution, une gestion des coûts et de grandes acquisitions, AB InBev est devenu l’un des leaders parmi les sociétés de produits de consommation à rotation rapide (FMCG) et même le numéro un en termes de génération d’Ebitda", souligne Fernand de Boer qui conseille d’accumuler la valeur et a fixé un objectif de cours de 115 euros.

Mais ces deux éléments (croissance des volumes et synergies) n’expliquent pas, à eux seuls, l’excellent accueil reçu en Bourse jeudi (voir l’infographie). L’action, il est vrai, a largement sous-performé le Bel 20 depuis le début de l’année.

Éclaircie au Brésil

"AB InBev a publié des résultats trimestriels meilleurs que prévu en termes de volumes, d’Ebitda et de bénéfice net", constate Wim Hoste de KBC Securities. "Le cours de l’action a été freiné ces dernières semaines et mois notamment par l’incertitude de la situation politique au Brésil", ajoute l’analyste qui est à l’achat sur le titre avec un objectif de cours également à 115 euros.

Le Brésil, qui est un marché clé pour le numéro un mondial de la bière, a en effet encore une fois pesé sur les chiffres du groupe avec des revenus et un Ebitda en baisse respectivement de 3,8% et de 15,4% au deuxième trimestre.

AB InBev constate bien que "l’économie brésilienne se redresse à un rythme lent, représentant toujours un défi pour l’industrie de la bière à court terme". Mais il entrevoit le bout du tunnel et anticipe un retour à la croissance de l’Ebitda lors du second semestre 2017. Un second semestre qu’AB InBev annonce d’ailleurs comme prometteur pour l’ensemble du groupe.

Enfin, pour sa part, Matthias Maenhaut d’ING conclut que, l’un dans l’autre, AB InBev a enregistré un trimestre solide et que le momentum bénéficiaire devrait se poursuivre. Il anticipe une hausse de 2 à 3% du consensus pour les résultats de l’exercice complet. Lui aussi recommande le titre à l’achat mais avec un objectif de cours de 118 euros.

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