Manque d'énergie sur les marchés boursiers

Engie a progressé en bourse après avoir publié de bons résultats trimestriels et des prévisions optimistes. ©Photo News

Nouvelle semaine hésitante en bourse. Les investisseurs sont partagés entre craintes pour l'inflation et optimisme au sujet de la reprise. L'euro monte encore.

Les signes d'une forte croissance économique se multiplient, mais l'inflation menace toujours. L'humeur des investisseurs a fluctué entre ces deux paramètres cette semaine, ce qui a abouti à un bilan boursier hebdomadaire mitigé. L'indice Stoxx 600 des plus grandes capitalisations européennes a gagné 0,43% en cinq jours. Les marchés manquent d'énergie pour grimper davantage. Depuis un mois et demi, les principaux indices boursiers fluctuent autour d'un niveau d'équilibre, avec des hauts et des bas, au gré des publications d'informations sur l'état de santé de l'économie.

Ces données sont contrastées. D'une part, l'inflation reste source de préoccupations. Les minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale (Fed) montrent que plusieurs banquiers centraux américains souhaitent discuter bientôt d'un futur retrait progressif du soutien monétaire exceptionnel à l'économie. Mais d'autre part, les indicateurs conjoncturels montrent que la croissance économique est bien sur les rails. Aux États-Unis, l'indice des indicateurs avancés du Conference Board, publié jeudi, a augmenté de 1,6% en avril, contre une prévision moyenne des économistes de 1,2%.

67%
Part des résultats supérieurs aux attentes
Selon Bank of America, sur les 90% d'entreprises européennes qui ont déjà annoncé leurs résultats trimestriels, 67% dépassent les attentes des analystes financiers en matière de bénéfice par action.

En Europe, vendredi, les indices PMI (purchasing managers indexes, soit les indices des directeurs d'achats), qui donnent un bon aperçu de l'activité économique en cours grâce à un sondage des dirigeants d'entreprises, ont dépassé les attentes, eux aussi.

Rayon bonnes nouvelles, il faut aussi épingler les publications des résultats trimestriels des entreprises, qui continuent à être bons. Selon Bank of America, parmi les 90% d'entreprises européennes qui ont déjà annoncé leurs données des trois premiers mois de l'année, deux sociétés sur trois battent le consensus des analystes en matière de bénéfice par action. On en a encore eu quelques exemples cette semaine, avec l'assureur italien Generali (+0,11% en cinq jours), le groupe de luxe suisse Richemont (+5,28%) qui a par ailleurs annoncé que son dividende serait multiplié par deux, ou encore le groupe énergétique franco-belge Engie (+3,63%) qui a annoncé des prévisions optimistes, à savoir un résultat net récurrent de 2,7 à 2,9 milliards d'euros d'ici à 2023.

Matières premières en baisse

Toutes ces bonnes nouvelles auraient pu soutenir davantage les cours boursiers cette semaine mais les craintes liées à la hausse des prix restent prégnantes. Selon le baromètre mensuel de Bank of America Merrill Lynch, publié mardi, l'inflation est le risque principal qui pèse actuellement sur les marchés: 35% des gestionnaires d'actifs financiers s'en inquiètent. Ils sont 27% à craindre un "taper tantrum", c'est-à-dire une panique sur le marché obligataire en cas de resserrement monétaire.

Les hésitations des investisseurs se marquent aussi dans les variations sectorielles de la semaine. Si le secteur automobile a enregistré la meilleure performance sur cinq jours (+2,04%), celui des matières premières a affiché le plus net recul (-3,58%). Les constructeurs auto ont bénéficié d'une annonce de TSMC. Le producteur taïwanais de semi-conducteurs veut augmenter sa production de microcontrôleurs, très demandés dans l'industrie automobile. Celle-ci avait souffert dernièrement de la pénurie de composants électroniques. Quant aux sociétés actives dans les matières premières, elles ont souffert de la baisse des prix de ces ressources de base.

-3%
Baisse du prix du baril
Les cours du brut se sont repliés cette semaine, notamment parce que l'Iran devrait prochainement augmenter sa production grâce à une levée des sanctions internationales à son encontre.

Le cours du minerai de fer a chuté de plus de 6% cette semaine. Celui du cuivre a reflué de 3%. L'aluminium s'est replié de plus de 3%. Ces baisses seraient dues à la volonté de la Chine de prendre des mesures pour éviter une flambée des prix des matières premières. Par ailleurs, on peut s'attendre à une réduction du soutien monétaire chinois à l'économie. Selon le gestionnaire Fidelity, cela devrait conduire à une croissance économique chinoise plus faible dans les douze prochains mois. Tout ceci pèse aussi sur le pétrole , en baisse de quelque 3% cette semaine. Le baril a également souffert de la perspective de voir l'Iran augmenter sa production grâce à une prochaine levée des sanctions internationales à son encontre.

Le recul des cours du brut est d'autant plus notable que le dollar a fléchi ces derniers jours, alors que le billet vert et le baril évoluent habituellement en sens opposés. L'euro est passé à 1,22 dollar, contre 1,20 dollar la semaine précédente. Selon JP Morgan, l'accélération de la vaccination en Europe explique la vigueur de la monnaie unique, une tendance qui devrait continuer, estime la banque d'affaires.

Le résumé

  • Plusieurs indicateurs conjoncturels publiés cette semaine confirment que la reprise économique est bien sur les rails.
  • En Europe, le bilan de la saison des résultats qui touche à sa fin est bon: deux entreprises sur trois ont fait mieux que prévu.
  • Mais les investisseurs ont toujours à l'esprit la menace de l'inflation, ce qui a limité les progressions boursières cette semaine.
  • Les prix des matières premières ont battu en retraite, à cause de mesures envisagées en Chine.

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