Mario Draghi fait chuter l'euro et les taux

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Le président de la BCE a laissé entendre qu'une nouvelle baisse des taux d'intérêt était possible. Les marchés d'actions en profitent. L'euro recule face au dollar. Le taux belge à dix ans est tombé à un plus bas historique.

Les propos de Mario Draghi à l'ouverture du forum de la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra ce mardi ont fait baisser l'euro et les taux. Le taux belge à dix ans est même tombé en séance à un plus bas historique, à 0,0684%. Le Bund allemand à dix ans est tombé à -0,32%, du jamais vu. Le taux français à dix ans est tombé en séance en négatif pour la première fois de son histoire.

Par contre, les marchés d'actions ont progressé. Le Stoxx 600 a bondi de 1,75% Le CAC 40 , qui avait ouvert dans le rouge, a inversé la tendance. Le Dax a avancé de 2,19%, au grand dam du président américain Donald Trump.

La Banque centrale européenne (BCE) assouplira encore sa politique si l'inflation ne converge pas vers son objectif, a déclaré Mario Draghi, renforçant les anticipations de nouvelles mesures de soutien monétaire dans la zone euro dans les prochaines semaines. "En l'absence d'amélioration, de telle sorte que la convergence durable de l'inflation vers notre objectif se trouverait menacée, un soutien additionnel sera requis", a indiqué le président de la BCE.

La BCE n'a plus atteint depuis 2013 son objectif d'un taux d'inflation d'un peu moins de 2% et le ralentissement actuel de la croissance fait craindre une nouvelle décélération, malgré des années de politique monétaire ultra-accommodante. La banque centrale est confrontée depuis le début du mois de mai à une forte dégradation des anticipations d'inflation à long terme, les swaps d'inflation à cinq ans ayant plongé d'à peine plus de 1,4% début mai à moins de 1,14% lundi, une chute dont l'ampleur mine sa crédibilité.

Achats d'actifs

Mario Draghi s'est aussi employé à dissiper les doutes des investisseurs sur la capacité de la BCE à relancer son programme d'achat d'actifs en raison des limites qu'elle s'est elle-même imposées, notamment de ne pas détenir plus de 30% du stocks de dette des différents émetteurs souverains de la zone euro. Il a souligné que ces limites étaient flexibles, la BCE ayant le pouvoir de déployer les instruments de politique monétaire à la fois nécessaires et proportionnés.

Cela ressemble à un signal clair que la banque centrale prépare les marchés à ce que la politique monétaire devienne plus accommodante cette année.
Neil Wilson
analyste chez Markets.com

Enfin, le président de la BCE a ajouté que son institution pouvait aussi ajuster sa communication avancée, réduire les taux d'intérêt et décider de mesures pour compenser les éventuels effets secondaires des taux négatifs.

"Draghi a vraiment ouvert la porte à des baisses de taux et un nouveau cycle d'assouplissement monétaire (QE)", estime Neil Wilson, analyste chez Markets.com."Cela ressemble à un signal clair que la banque centrale prépare les marchés à ce que la politique monétaire devienne plus accommodante cette année".

Donald Trump, le président américain, n'a pas apprécié les propos de Mario Draghi. Il l'a fait savoir sur Twitter, son moyen de communication favori.

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