Mario Draghi souligne le risque de "spirale des prix négative"

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Lors d’un forum de la BCE à Sintra au Portugal, Mario Draghi a clairement insisté sur les risques de déflation dans la zone euro. Des rachats d’actifs à grande échelle ne sont pas exclus.

Depuis le début de l’année, l’inflation en zone euro a été plus basse qu’attendu. Ce qui commence à soulever l’inquiétude au sein de la BCE de voir les entreprises et les consommateurs reporter leurs dépenses, en espérant que la hausse des prix continue de fléchir. En clair, il s’agit des symptômes d’un glissement vers la déflation. Face à ce danger, plusieurs membres de la BCE ont récemment déclaré que la banque centrale était prête à agir et ont cité plusieurs mesures possibles, comme une baisse de taux ou de nouveaux prêts à très long terme aux banques (LTRO) spécialement calibrés pour les pousser à prêter davantage.

QE, LTRO… la boîte à outils de la BCE

Hier, le président de la BCE, Mario Draghi, a très nettement appuyé ces déclaration. La Banque centrale doit être "particulièrement attentive" au risque d’enracinement d’une spirale des prix négative dans la zone euro, a-t-il déclaré. La BCE est vigilante face à tout risque de déflation et prête à intervenir en employant des moyens conventionnels ou ciblés, un programme d’ampleur d’achat d’actifs restant une possibilité, a-t-il ajouté. Un assouplissement quantitatif en zone euro (QE) impliquant de faire tourner la planche à billets pour racheter des actifs, comme aux Etats-Unis, n’est donc pas exclu. Une déstabilisation des anticipations d’inflation "fournirait le contexte d’un programme d’achat d’actifs à grande échelle", a précisé le président de la Banque centrale européenne.

La transmission monétaire, soit l’impact de la politique monétaire menée par la BCE sur l’octroi effectif de crédit, reste problématique dans les pays périphériques de la zone euro, a aussi souligné Draghi. "Si, dans ce contexte, la mise à disposition de financements à terme est un facteur limitant la création de crédits, alors la politique monétaire peut jouer un rôle d’appoint, a-t-il poursuivi. Le financement à terme de prêts au bilan c’est-à-dire par des opérations de refinancement ou hors bilan par le biais d’achats de valeurs mobilières adossées à des actifs (ABS) pourrait contribuer à atténuer toute entrave à la reprise émanant de restrictions temporaires de l’offre de crédit".

Ces propos laissent penser que la BCE pourrait lancer une nouvelle opération de financement à plus long terme (LTRO) ciblée, en fournissant aux banques des fonds afin qu’elles financent les entreprises et les ménages, ou encore acheter des ABS pour soutenir l’offre de crédit.

Reste à savoir si ces mesures seront déjà prises lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE le 5 juin. Le marché mise sur une baisse du taux de refinancement à 0,15%, contre 0,25%. Simultanément, le taux de dépôt pourrait être abaissé en territoire négatif, ce qui reviendrait à faire payer aux banques leurs dépôts auprès de l’institut d’émission. Certains traders estiment toutefois que cela ne changera pas grand-chose dans la mesure où il n’y a de toute façon que peu de liquidités excédentaires déposées auprès de la BCE. C.MA.

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