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Mathieu Grouès (Lazard Frères Gestion): "Il faut être prudent sur les marchés boursiers"

Matthieu Grouès (Lazard Frères Gestion): des incertitudes croissantes sur les marchés.

Matthieu Grouès, le chief investment officer de Lazard Frères Gestion, réduit la part des actions en portefeuille.

Même si le variant delta du coronavirus n’est pas une bonne nouvelle, toutes les grandes zones (États-Unis, zone euro, Japon…) auront retrouvé leur niveau du PIB d’avant la crise du Covid-19 à la fin de cette année. "On pensait que cela prendrait davantage de temps, mais la reprise a été vraiment impressionnante", confie Matthieu Grouès, chief investment officer (CIO) de Lazard Frères Gestion, qui était récemment de passage à Bruxelles. À crise exceptionnelle, reprise exceptionnelle. "Nous avons connu des indicateurs qui n’ont jamais été aussi élevés, mais cela ne peut pas durer", souligne Grouès.

L’économie va revenir à des niveaux plus "normaux". La croissance économique devrait toutefois rester forte, grâce à une demande qui restera soutenue en raison des montants qui ont été injectés dans l’économie. "Et contrairement à ce qui s’est passé après la crise de 2008-2009, les gouvernements sont conscients qu’ils ne peuvent pas resserrer leur politique fiscale trop rapidement. Dans l’Union européenne, le plan Next Generation EU va aussi soutenir l’activité." Le responsable de Lazard se pose toutefois des questions sur l’offre qui est marquée par divers goulets d’étranglement. C’est ainsi qu’on produit mondialement moins de voitures qu’avant la crise en raison des pénuries de composants électroniques. "Ces goulets vont encore limiter l’offre dans les prochains trimestres."

Grouès, qui ne croit pas à un scénario de stagflation, continue à surveiller les chiffres du chômage américain (qui envoient des signaux parfois divergents) tout comme les statistiques d’inflation. Selon lui, si la poussée de l’inflation devait durer plus longtemps que prévu et devait être liée à une accélération des salaires, les banques centrales devraient resserrer plus rapidement leur politique monétaire.

Selon certains indicateurs, comme le rapport cours/chiffre d’affaires, le marché boursier américain est plus cher que jamais.

Sur les marchés d’actions, il constate que les performances restent bonnes depuis le début de l‘année. Comme les bénéfices attendus des sociétés ont progressé, les rapports cours/bénéfices ont baissé. Mais cela ne signifie pas que les bourses sont bon marché. Selon certains indicateurs, comme le rapport cours/chiffre d’affaires, le marché américain est même plus cher que jamais. Cela ne veut pas dire que le marché va subitement chuter, mais qu’une certaine prudence est requise. Si les taux d’intérêt devaient remonter, il vaut mieux éviter les actions de croissance et donc sous-pondérer les États-Unis (où les valeurs technologiques sont nombreuses) et plutôt surpondérer l’Europe. Conséquence de ces incertitudes, la part des actions dans le fonds Lazard Patrimoine SRI a été réduite de 29% à 24%. Cette part peut varier entre 0 et 40% dans le fonds.

Le groupe Lazard est présent dans 19 pays, gère plus de 275 milliards de dollars et emploie plus de 950 personnes. Chez nous, l'entité emploie une trentaine de personnes, indique Bram Op de Beeck, le responsable pour la Belgique et le Luxembourg.

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