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MiFID, une directive gênante pour les investisseurs

La directive MiFID vise à empêcher les particuliers de prendre des risques inconsidérés. ©Photo News

Face à des rendements planchers sur les placements peu risqués, les investisseurs labellisés défensifs n'ont pas le choix. La directive MiFID les empêche de prendre davantage de risque.

Face à la faiblesse des taux d'intérêt, de plus en plus de particuliers se sont tournés vers des placements plus risqués. En Belgique, ceux-ci n'ont pas fait exception à la règle, car depuis le début de la pandémie de Covid-19, le nombre de nouveaux investisseurs a augmenté considérablement, comme l'a constaté la FSMA, le gendarme des marchés financiers belge.

Si quelqu'un avec un profil "low risk" demande le portefeuille inflation shield, on ne lui propose pas. On veut protéger l'investisseur, afin qu'il ne prenne pas un risque plus élevé que celui qu'il veut prendre.
Kim van Esbroek
Responsable belge chez Aion Bank

Toutefois, les nouveaux investisseurs, en cherchant des produits d'investissement, sont confrontés à un questionnaire sur leur profil de risque. Depuis 2007, et l'entrée en vigueur de la directive européenne MiFID, les établissements de placement doivent proposer ce type de questionnaire, afin d'éviter que des particuliers se retrouvent avec de mauvais placements en fonction de leur profil de risque.

Chez Aion Bank, par exemple, un client qui présente un profil "low risk" ne recevra pas la proposition d'investir dans le portefeuille inflation shield, tout juste lancé par la société, et qui fait la part belle aux obligations liées à l'inflation (détenues à travers un fonds indiciel). "Si quelqu'un avec un profil 'low risk' demande le portefeuille inflation shield, on ne lui propose pas. On veut protéger l'investisseur, afin qu'il ne prenne pas un risque plus élevé que celui qu'il veut prendre", a expliqué Kim van Esbroek, responsable belge chez Aion Bank. Leur portefeuille, qui vise un rendement entre 14 et 40%, s'adresse à des particuliers qui présentent un profil "medium risk", déterminé après un questionnaire.

Appétence au risque

Dans le contexte actuel de rendement faible, voire négatif pour le carnet d'épargne et les placements peu risqués, face une inflation qui ne cesse de grimper, le particulier avec un profil de risque défensif peut se retrouver pénalisé par celle-ci.

Autrement dit, dans le contexte actuel de rendement faible, voire négatif pour le carnet d'épargne et les placements peu risqués face une inflation qui ne cesse de grimper, le particulier avec un profil de risque défensif peut se retrouver pénalisé par celle-ci. Rappelons que selon les derniers chiffres de l'office des statistiques Statbel, l'inflation en Belgique s'élève à 2,86%. L'obligation à dix ans belge affiche quant à elle un rendement d'à peine 0,10%. Quant au carnet d'épargne, son taux s'affiche auprès des grandes banques du pays à 0,11%. Les assurances-vie de la branche 23 affichent aussi un rendement inférieur à l'inflation belge et leurs frais ont rongé celui-ci.

2,86%
L'inflation en Belgique est supérieure au rendement de l'obligation d'État à dix ans et du taux des carnets d'épargne.

Cela signifie aussi que les investisseurs avec un profil de risque neutre, dans le contexte actuel, ont tout intérêt à prendre davantage de risque. Sans tomber dans l'excès inverse et rechercher un rendement rapide à court terme, comme ce qui s'est observé aux États-Unis avec la popularité d'actions comme GameStop auprès des particuliers.

En bref

  • Les particuliers qui souhaitent investir doivent répondre à un questionnaire MiFID.
  • Le profil de risque défensif, établi grâce au questionnaire MiFID, empêche une prise de risque excessive.
  • Les placements peu risqués n'offrent pas un rendement supérieur à l'inflation.
  • L'investisseur défensif est pénalisé dans le contexte actuel.

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