Nouvelle hécatombe sur les marchés boursiers

À la Bourse de Francfort comme sur les autres places financières mondiales, les actions ont plongé. ©REUTERS

Les premiers indicateurs conjoncturels montrant l'impact économique du Covid-19 ont effrayé les investisseurs. Les actions des entreprises cotées en bourse ont subi une liquidation massive.

C'est la panique dans les rangs des investisseurs. Tous les indices boursiers ont viré au rouge vif dès l'ouverture de la séance, lundi, à cause de craintes relatives à l'impact économique du covid-19. La baisse de 10% de Wall Street  à l'ouverture des marchés américains n'a rien arrangé. Le Bel 20  a fini sur une chute de 7,22% après avoir cédé jusqu'à 12% en cours de séance, ce qui l'avait ramené en dessous de 2.500 points pour la première fois depuis 2013. Depuis son pic de 4.198,31 points du 17 février, l'indice vedette de la Bourse de Bruxelles a plongé de près de 40%.

Un seul des composants de l'indice belge a trouvé grâce aux yeux des investisseurs: Colruyt  a progressé de 0,55%. Le groupe belge figure parmi les actions dites défensives du secteur de l'alimentation. Les ventes ont ciblé en particulier les valeurs bancaires, qui sont en première ligne en cas de dégradation de la conjoncture à cause du risque de défaut de remboursement de prêts. KBC  a plongé de 16,15% et ING  a dévissé de 9,57%.

Valeurs refuges

Signe de l'ampleur du courant vendeur, les hausses sont également peu nombreuses parmi les actions non reprises dans le Bel 20. Parmi les rares titres rescapés figure la société immobilière réglementée Home Invest Belgium  (+0,98%), la brique pouvant faire office de refuge en cas de crise.

Mais y a-t-il encore de véritables refuges en cette période de panique boursière? Le cours de l'or , actif de repli par excellence, a lui aussi trébuché. Le prix du métal précieux baissait d'environ 1,5% à l'heure de la clôture boursière en Europe après avoir cédé jusqu'à 5% en séance pour revenir à moins de 1.500 dollars l'once. Cela peut signifier que la déroute boursière est telle que des investisseurs ont été obligés de couvrir des pertes subies en bourse en vendant le métal jaune.

Cette liquidation massive trouve son origine dans la publication de statistiques économiques très inquiétantes en Chine. La production industrielle s'y est contractée de 13,5% en janvier, une première en trente ans, et les ventes de détail ont dégringolé de 20,5% durant les deux premiers mois de l'année, soit cinq fois plus qu'estimé par les analystes sondés par l'agence Bloomberg. La Chine étant le plus grand consommateur de pétrole au monde, les cours du brut ont chuté. Le prix du baril de Brent  baissait de 11% à 30 dollars à la clôture en Europe.

Récession certaine

Aux États-Unis, l'activité manufacturière dans la région de New York a enregistré, en mars, une baisse record de plus de 34 points pour se retrouver à son niveau le plus bas depuis la crise financière de 2008-2009.

Si certains investisseurs espéraient encore qu'une récession pourrait être évitée ou minimisée, ils ont dû se faire une raison. "Une récession liée au coronavirus est désormais pratiquement certaine, puisque l'offre et la demande mondiales sont touchées", a déclaré Nigel Green, le patron du groupe deVere, à l'agence Reuters.

Face à ce scénario de contraction économique qui se précise, les grandes banques centrales de la planète ont adopté de nouvelles mesures spectaculaires pour tenter de limiter les conséquences économiques de l'épidémie. Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) a frappé fort en abaissant les taux d'intérêt des fonds fédéraux d'un point de pourcentage.

Banques centrales

La fourchette du principal taux directeur américain est donc désormais de 0% à 0,25%, un niveau qui n'avait plus été observé depuis 2015. Ce taux de référence avait touché ce plancher historique pour la première fois lors de la crise financière. La Fed a aussi annoncé de nouveaux achats d'actifs à hauteur de 700 milliards de dollars. La banque centrale américaine a, en outre, adapté sa "forward guidance" (indication pour l'avenir) en signalant que son objectif de taux serait maintenu jusqu'à ce que l'économie "ait surmonté les événements récents".

Par ailleurs, la Fed et plusieurs autres grandes banques centrales ont réalisé une intervention coordonnée visant à assurer un approvisionnement suffisant en dollars sur les marchés. La Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Angleterre, la Banque nationale suisse, la Banque du Japon (BoJ) et la Banque du Canada ont réduit le prix des contrats de "swap" (échange de devises) sur le dollar. De plus, la BoJ a annoncé une augmentation de ses achats d'actifs.

Loin d'apaiser les marchés, ces mesures ont accrédité l'hypothèse d'une crise bien plus grave qu'estimé auparavant, ce qui a concouru à la chute boursière de lundi.

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