analyse

On s'arrache les semi-conducteurs, en bourse aussi

L'acquisition de Dialog Semiconductor par Renesas a soutenu les actions du secteur des semi-conducteurs. ©REUTERS

Une pénurie de puces électroniques dope les actions des producteurs de semi-conducteurs. Les fusions et acquisitions soutiennent aussi les cours de bourse.

Le secteur des semi-conducteurs a animé la séance boursière ce lundi. Le japonais Renesas Electronics va acquérir Dialog Semiconductor , une opération à près de 5 milliards d'euros. En Bourse de Francfort, l'action Dialog s'est envolée de 17,6% en début de séance avant de modérer légèrement sa progression ensuite. À l'inverse, Renesas a chuté de 3,6% à Tokyo. Lors d'acquisitions, il n'est pas rare de voir le cours du prédateur reculer parce qu'il devra consentir un effort financier pour réaliser l'opération.

144 milliards $
D'après les données compilées par Bloomberg, le volume total des fusions et acquisitions du secteur des semi-conducteurs a atteint 144 milliards de dollars l'an dernier.

Les analystes jugent que ce rapprochement a du sens parce que les deux groupes semblent complémentaires. Renesas est spécialisé dans la production de semi-conducteurs utilisés dans le secteur automobile, tandis que Dialog est davantage tourné vers les puces pour smartphones, notamment destinées aux modèles d'Apple .

Ce nouveau chapitre dans les fusions et acquisitions d'entreprises des semi-conducteurs – selon Bloomberg, le volume total de ces opérations dans le secteur a atteint 144 milliards de dollars l'an dernier – a donné un coup de fouet aux actions des sociétés actives dans ce créneau. Chaque nouvelle transaction relance en effet des rumeurs d'autres grandes manœuvres. Parmi les titres qui ont profité de cette effervescence, on trouve notamment le français SOITEC , le néerlandais BE Semiconductor , son compatriote ASM International ou encore le belge Melexis (lire par ailleurs).

Secteur automobile

Mais cet engouement pour les sociétés des semi-conducteurs ne date pas d'hier. La crise sanitaire a rendu tout ce qui est électronique encore plus indispensable: moyens de paiement sans contact, systèmes de vidéoconférence, équipements informatiques pour le télétravail, etc. La forte demande pour tout ce qui contient des semi-conducteurs a provoqué une progression sensible des cours de bourse des sociétés actives dans ce secteur au cours de l'année écoulée (voir l'infographie).

Dernièrement, la hausse de ces valeurs s'est encore accentuée à cause d'une pénurie de puces électroniques. La reprise de la demande partout dans le monde, renforcée par l'arrivée des vaccins contre le coronavirus et l'espoir de bientôt surmonter enfin la crise sanitaire, a surpris les producteurs de semi-conducteurs, dont les principaux sous-traitants son basés en Asie. Le taïwanais TSMC (Taïwan Semiconductor Manufacturing Company) et le sud-coréen Samsung Electronics sont quasiment les seuls fournisseurs des grands producteurs de puces électroniques, tels que les américains Intel et Qualcom .

Les voitures électriques nécessitent beaucoup plus de puces électroniques que les modèles classiques.

Le manque de semi-conducteurs est aggravé par la demande de composants en provenance du secteur automobile. Les constructeurs de voitures constatent que les acheteurs sont de retour et doivent reconstituer leurs stocks après le creux de la crise sanitaire. Et beaucoup d'entre eux se tournent de plus en plus vers les véhicules électriques qui nécessitent beaucoup plus de puces électroniques que les modèles classiques.

Jusqu'au second semestre?

Les frictions entre la Chine et les États-Unis durant le mandat de Donald Trump n'ont pas non plus aidé. Face aux sanctions imposées aux entreprises technologiques chinoises par les Américains, Pékin a fortement augmenté, l'an dernier, ses importations de puces informatiques et d'équipements permettant de produire ces puces.

Le secteur des semi-conducteurs est donc confronté à un fort déficit de production qui risque de durer. Un analyste cité par Bloomberg n'entrevoit pas d'amélioration avant le second semestre. Tout profit pour les sociétés du secteur. Et leurs actionnaires bien sûr.

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