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Pas de nouvelles mesures de soutien de la BoE

Mervyn King, gouverneur de la banque d'Angleterre

Il apparaît dans les minutes de la réunion de la Banque d'Angleterre que certaines voix s'élèvent pour de nouveaux rachats d'actifs. Mais le comité de politique monétaire souligne que "la reprise semble être plus faible au cours du second semestre ".

Les membres du comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre ont majoritairement opté pour le statu quo monétaire en septembre, tout en se montrant plus prudents, l'un d'eux plaidant même pour de nouveaux rachats d'actifs, selon les minutes de leur réunion publiées mercredi.

Au cours de sa réunion du 7 octobre, la Banque d'Angleterre (BoE) a maintenu son taux directeur à 0,5%, niveau historiquement bas auquel il est fixé depuis mars 2009, et la suspension de son programme de rachats d'actifs, dont le montant (200 milliards de livres, 228 milliards euros) a été épuisé en janvier. Ces mesures avaient été mises en place en mars 2009 afin d'aider une économie alors en profonde récession.

Les neufs membres du comité de politique monétaire (CPM) ont de nouveau eu à prendre en compte des signaux contradictoires sur la santé de l'économie britannique et de la reprise mondiale. Le Comité a notamment observé que le rythme de "la reprise semble être plus faible au cours du second semestre de cette année par rapport au premier semestre", ont révélé les minutes.

Comme lors des quatre réunions précédentes, un des membres, Andrew Sentance, a opté pour une hausse du taux directeur de 25 points de base à 0,75%, face à des tensions inflationnistes persistantes et à une bonne tenue de l'activité économique.

En effet, l'inflation reste très élevée au Royaume-Uni, bien au-dessus de la cible de 2% sous laquelle la BoE est censée la maintenir.

Mais pour la première fois depuis novembre, un autre membre du Comité, Adam Posen, s'est prononcé pour une extension de 50 milliards de livres du programme de rachats d'actifs, afin de donner un nouveau coup de pouce à la reprise britannique. De plus, si M. Posen a été le seul à voter pour une nouvelle vague d'injections de liquidités, les minutes ont tout de même révélé que pour certains membres, la possibilité que de nouvelles mesures de soutien à l'économie soient nécessaires s'est renforcée ces derniers mois.

Le gouverneur de l'institution, Mervyn King, a pour sa part laissé entendre mardi que des liquidités pourraient être injectés pour soutenir la reprise, alors que certains économistes craignent que le programme d'austérité budgétaire, dont le nouveau gouvernement britannique doit présenter mercredi les détails, fasse replonger l'économie dans la récession.

Ces commentaires venaient aussi soutenir les propos du premier ministre britannique David Cameron, qui a estimé la semaine dernière que la politique monétaire est le "meilleur levier" pour intervenir sur l'économie et encourager la croissance.

La prudence de la BoE et les spéculations sur le détails du plan d'austérité britannique pesaient sur la livre sterling, qui accentuait sa baisse face à l'euro et peinait à rebondir face au dollar.

Pour de nombreux économistes, les minutes ont renforcé l'idée qu'une nouvelle vague d'assouplissement quantitatif se prépare, mais la BoE ne devrait pas relever son taux directeur en 2010, ni même au plus tôt avant le dernier trimestre 2011.

Et les coupes budgétaires "devraient intensifier les inquiétudes sur les perspectives de croissance, poussant la BoE encore plus vers de nouvelles mesures de soutien, d'environ 100 milliards de livres, qui pourraient être annoncées au cours du premier trimestre 2011", anticipait James Knightley, économiste chez ING.

 

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