Pire semaine boursière depuis plus de trois mois

L'or n'a pas bénéficié de la faiblesse des actions cette semaine. ©Bloomberg

Les mauvais chiffres sanitaires ont plombé les marchés boursiers. La perspective de nouveaux assouplissements monétaires a lesté les actions des banques.

La semaine dernière, nous écrivions ici même que les marchés anticipaient de nouvelles mesures sanitaires. A posteriori, on peut constater que les investisseurs qui s'étaient inquiétés à ce moment-là avaient raison. La semaine écoulée est la pire enregistrée sur les marchés européens depuis plus de trois mois. L'indice Stoxx 600 des grandes capitalisations européennes a reculé de 3,60% en cinq jours. Il faut remonter au 12 juin dernier pour trouver trace d'une baisse hebdomadaire plus prononcée.

La situation n'est guère plus brillante à Wall Street, où le Dow Jones affiche désormais quatre semaines négatives consécutives, ce qui n'était plus arrivé depuis plus d'un an.

La cause de cette déprime généralisée des places financières, en Europe comme ailleurs dans le monde, est évidemment la résurgence de la propagation du coronavirus. Les pays européens sont particulièrement touchés, ce qui explique les reculs plus prononcés observés sur leurs places boursières. Chez nous, le Bel 20 a chuté de 6,29% cette semaine, son revers le plus prononcé depuis la mi-juin.

L'inquiétude a augmenté lors de la publication, mercredi, des indices PMI (purchasing managers indexes: indices des directeurs d'achats), basés sur les anticipations des patrons d'entreprises, qui donnent généralement un très bon aperçu de la croissance économique à laquelle on peut s'attendre. Pour l'ensemble de la zone euro, le PMI composite, qui couvre toute l'activité économique, est tombé à 50,1, contre 51,7 en août. Les économistes tablaient sur un niveau de 51,9 ce mois-ci. Au-dessus de 50, l'activité accélère; en dessous de ce seuil, elle ralentit. Autrement dit, la reprise économique en zone euro vient de caler.

Risque de révision à la baisse

Selon Morgan Stanley, ces données soulignent que les prévisions économiques de la Banque centrale européenne (BCE) sont confrontées au risque d'être revues à la baisse. La banque d'affaires entrevoit un forte décélération de la croissance de la zone euro au quatrième trimestre, à 1,3% par rapport au trimestre précédent, après le fort rebond du troisième trimestre, estimé à 7,2%. La BCE, elle, envisage encore une croissance de 3,1% pour les trois derniers mois de l'année après un bond de 8,1% durant la période précédente. "L'apparition rapide d'une deuxième vague de contaminations souligne les risques baissiers qui pèsent sur les prévisions relativement optimistes de la BCE pour le quatrième trimestre", avertit Morgan Stanley.

À cette aune, on comprend mieux pourquoi la mauvaise orientation des chiffres des contaminations a refroidi les investisseurs ces derniers jours. Les actions européennes des secteurs de la banque (-7,83% sur la semaine, selon l'indice Stoxx bancaire) et de l'assurance (-7,47% en cinq jours) ont subi les plus forts replis parmi les différentes composantes sectorielles du Stoxx 600. Et pour cause, les perspectives qui se détériorent dans la zone euro mais aussi au Royaume-Uni pourraient bien conduire les banques centrales à augmenter leurs mesures de soutien à l'économie et le prolonger dans le temps. La perspective d'une remontée ultérieure des taux d'intérêt passe ainsi de lointaine à très lointaine. Le retour de marges confortables dans le secteur financier attendra donc, ce qui détourne logiquement les investisseurs de ces valeurs.

ING et Umicore sanctionnées

Les actions de certaines banques ont sans doute aussi été victimes de craintes relatives à leur implication dans des opérations de blanchiment, dévoilée dans les résultats d'une enquête du consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). C'est notamment le cas d'ING , dont le cours de bourse a plongé de 10,67% cette semaine.

Il s'agit de l'une des plus lourdes chutes au sein du Bel 20, mais Umicore a fait pire en dégringolant de 15,27% depuis lundi. Le groupe belge, spécialisé dans la technologie des matériaux, est également actif dans le segment des batteries électriques. Or, le constructeur américain de véhicules électriques Tesla a annoncé vouloir produire ses propres batteries électriques à terme. Pour UBS, cela pourrait affecter les marges bénéficiaires d'Umicore.

L'or recule, le dollar monte

Solvay a chuté de 8,85% en cinq jours. Le groupe de chimie a annoncé une réorganisation de sa production de peroxyde d'hydrogène pour réduire son empreinte écologique en réduisant sa production centralisée en Europe occidentale et en augmentant ses implantations à proximité de ses clients.

Hors Bel 20, l'action bpost (- 14,96% cette semaine) a été secouée après la démission du directeur de sa division américaine. À l'opposé, Asit s'est envolée (+13,93% en cinq jours) après la signature d'un préaccord qui lui permettrait de se relancer.

La méforme des actions n'a pas profité à l'or , qui sert pourtant de valeur refuge habituellement. Le cours du métal précieux a chuté de 5% à 1.860 dollars, contre 1.950 la semaine précédente. La montée du dollar (l'euro est passé de 1,19 à 1,16 dollar en une semaine) a sans doute joué.

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