Pire trimestre pour le Bel 20 depuis 2008

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Les marchés actions ont connu un "horrible" premier trimestre cette année. Aucun secteur n'a été épargné. Mais certains observateurs estiment désormais que le cœur de la tempête est derrière nous.

Ce premier trimestre 2020 restera à coup sûr gravé dans l'histoire des marchés financiers. En Europe, l'indice Stoxx 600  a perdu 23,03% en trois mois. Du jamais vu depuis le dernier trimestre de 2002! Tous ses sous-indices sectoriels affichent une performance négative. En particulier, le segment des loisirs (-41,69%) qui a souffert des mesures de confinement pour lutter contre le Covid-19. On y retrouve des compagnies aériennes comme IAG (-65,58%) ou Lufthansa (-47,82%), mais aussi le croisiériste Carnival (-73,07%) qui a signé l'une des plus fortes baisses en Europe depuis le début de l'année.

À la Bourse de Bruxelles, nos entreprises cotées n'ont pas échappé à cette tempête. Notre indice de référence, le Bel 20  , a lâché 26,65% entre janvier et mars. Ce qui représente sa pire chute depuis la crise financière de 2008. Une performance qu'il doit principalement à ses valeurs bancaires ING (-55,26%) et KBC (-37,34%), ainsi qu'à de grands groupes comme AB InBev (-44,34%) ou Solvay (-35,74%).

Soulignons tout de même que trois valeurs du Bel 20 – toutes à caractère défensif – sont parvenues à garder la tête hors de l'eau: WDP (+12,94%), UCB (+11,42%) et Colruyt (+6%).

Un virage à 180 degrés

Qui aurait pu croire en début d'année que les marchés actions allaient connaître une telle chute en si peu de temps? 2020 avait pourtant démarré sous les meilleurs auspices avec des indices au sommet de part et d'autre de l'Atlantique. La Réserve fédérale américaine considérait de son côté qu'elle en avait fini avec les baisses de taux pour un "certain temps".

"Mars 2020 restera dans les mémoires comme le krach boursier du Covid-19. Très rapide mais moins profond que sur certains autres marchés baissiers. À moins bien sûr qu'il y ait encore une baisse à court terme."
Frank Vranken
Stratégiste en chef de Puilaetco

Mais tout a basculé à la mi-février lorsque les investisseurs se sont rendu compte de la menace économique qu'était devenu le coronavirus. Pris d'une fièvre vendeuse, les marchés actions ont dégringolé en quelques semaines. Et les banques centrales – qui entre-temps ont activé à tout-va leur planche à billets – n'ont rien pu faire. "Mars 2020 restera dans les mémoires comme le krach boursier du Covid-19. Très rapide, mais moins profond que sur certains autres marchés baissiers. À moins bien sûr qu'il y ait encore une baisse à court terme", écrit dans une note publiée ce mardi matin Frank Vranken, stratégiste en chef de Puilaetco.

C'est la question que se posent actuellement tous les intervenants de marché: la chute est-elle finie? Certains veulent y croire et pointent la remontée progressive des indices depuis une semaine. Le Bel 20 a déjà repris près de 15% après avoir frôlé les 2.500 points. À défaut d'avoir une réponse claire dans l'immédiat, Mark Cudmore, stratégiste macro, conclut ainsi: "Le marché haussier subséquent sera long et soutenu, de sorte que les investisseurs peuvent se permettre de rater le début et de s'épargner un stress immense en évitant de parier sur un plancher trop tôt".

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