Placer ses briques en Asie, pas en Europe

Après quelques années moroses, le marché immobilier reprend de la vigueur. Mais de manière inégale selon les régions...

Après quelques années moroses, le marché immobilier reprend de la vigueur. Il se développe cependant de manière inégale selon les régions. Urdang, une filiale de BNY Melon spécialisée dans ce secteur et ayant ses quartiers généraux à Philadelphie, affiche clairement sa préférence pour l’Asie, où le marché de la location se remet plus rapidement qu’ailleurs.

La filiale a ainsi placé ses fonds à concurrence de 40 % dans le continent asiatique, 40 % en Amérique du Nord et 20 % en Europe. En tête: Hong-Kong "super hot pour le moment", affirme Peter Zabierek, Portfolio Manager, Global Real Estate Securities. Les loyers y ont augmenté de 9,3 % au 1er trimestre 2010 et cette tendance devrait encore se poursuivre en 2010.

Le schéma est quelque peu différent dans le reste de la Chine où les investissements ralentissent. En cause: l’adoption par le gouvernement chinois de mesures destinées à enrayer une flambée des prix. "Pour l’instant, la Chine représente 5 % de notre porte-folio, confie Peter Zabierek. Nous la sous-évaluons, mais les business continuent à bien se porter et la demande est toujours présente."

Le ralentissement touche en outre davantage les grandes villes telles Shanghai ou Beijing, où une baisse des prix de 20 % est attendue, que celles de seconde importance, moins visées par les mesures gouvernementales.

Après Hong-Kong vient Singapour. Les prix de l’immobilier privé y auraient augmenté de 5,2 % au deuxième trimestre 2010 et les nouvelles constructions se multiplient comme des champignons. On aurait ainsi bâti sur le seul premier trimestre 2010 autant d’immeubles que pendant toute l’année 2009. L’immobilier de bureau présente en outre des opportunités intéressantes avec une baisse des prix de 40 à 50 % par rapport au pic que la Cité Etat a connu précédemment.

Situation nettement moins positive au Japon où la reprise prendra encore un peu de temps avant de s’installer. Le taux d’inoccupation des immeubles de bureau a ainsi atteint les 9 % fin juin, soit plus que le pic d’août 2003 (8,6 %). La crainte de voir le pays du soleil levant suivre le pas de la Grèce ainsi qu’une situation économique, politique et fiscale incertaine freinent les investisseurs. A noter que Tokyo demeure relativement forte, contrairement au reste du Japon et que les appartements (condominium) s’en sortent mieux que les autres types de biens immobiliers.

Toujours de ce côté du globe terrestre, l’Australie affiche une forme excellente. A peine frappée par la crise économique, le pays voit son taux d’emploi continuer à croître ce qui est positif pour le marché de l’immobilier et l’économie dans son ensemble.

En Amérique du Nord, le Canada a particulièrement bien performé et, selon Urdang, cette tendance devrait se poursuivre. La récente augmentation des taux d’intérêt ne semble en outre pas avoir affecté le marché. Aux Etats-Unis, on voit des signes de reprise, même si la croissance reste lente. Le faible rendement des obligations d’Etat et des taux d’intérêt sur l’épargne bancaire, proches de zéro, pourraient néanmoins attirer les investisseurs vers l’immoAbilier. Selon Peter Zabierek, le marché américain devrait recouvrer plus rapidement que l’Européen.

 

L’Europe à la traîne

La situation n’est guère positive en Europe où les prix de l’immobilier de la location continuent leur descente. Exception: la City de Londres, qui après avoir vu ses prix diminuer drastiquement, enregistre depuis peu une augmentation. "L’immobilier de bureau dans la City, plus dépendante du seul secteur de la finance, avait fortement chuté pendant la crise, rappelle Alan Supple, Portfolio Manager. Les prix au mètre carré étaient passés de 70 à 40 livre sterling alors que dans le West end, ils ne baissaient que de 20 %. Aujourd’hui, et uniquement dans la City, ils remontent vers 50 livres et pour un bâtiment dont la construction sera finie l’année prochaine, ils avoisinent les 55 livre." Pour le reste, le marché de la location en Europe devrait continuer sa descente pendant un certain temps. Seuls pays d’intérêt pour le moment: la Suisse et la Suède.

 

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