Plus forte progression de l'inflation US depuis 2008

La Réserve fédérale américaine pourrait être amenée à resserrer sa politique monétaire pour contenir la hausse des prix. ©AFP

Portée par la hausse des prix pétroliers, mais également par ceux des biens et services, l'inflation dépasse largement l'objectif de la Fed. Reste à savoir si cela est temporaire.

L'inflation s'enflamme aux États-Unis. Selon les données du département du Travail pour le mois d'avril, les prix à la consommation (CPI) ont augmenté de 4,2% sur un an. Ce qui représente son rythme le plus élevé depuis septembre 2008.

+0,9%
Forte hausse des prix des biens et services
En avril, les prix à la consommation ont augmenté de 0,9% sur un mois aux États-Unis, soit leur plus forte hausse depuis avril 1982. Les analystes tablaient en moyenne sur une augmentation de 0,3%.

C'est bien plus qu'attendu par les analystes, qui tablaient en moyenne sur un bond de l'inflation à 3,6% après 2,6% en mars.

Cette accélération s'explique en partie par des effets de comparaison. Souvenez-vous, le cours du baril de WTI était passé en territoire négatif en avril 2020 pour la première fois de son histoire. En cause, des problèmes de stockage, alors que la crise du coronavirus avait fait fondre la demande de pétrole. L'inflation était par conséquent tombée à 0,3% à l'époque.

Certains observateurs pointent également une hausse des prix des biens et des services. L'inflation dite "de base", c'est-à-dire qui exclut les prix de l'énergie et de l'alimentation, a atteint 0,9% sur un mois. Soit sa plus forte hausse depuis avril 1982. "Outre les voitures et camions d'occasion, les prix des nuits d'hôtel, des billets d'avion, des loisirs, de l'assurance automobile et de l'ameublement (...) ont eu une incidence importante" sur la hausse de l'inflation, précise le département du Travail dans son rapport.

Comment va réagir la Fed?

Ces chiffres alimentent naturellement les craintes des investisseurs sur une éventuelle inflation hors de contrôle, qui obligerait la Réserve fédérale américaine (Fed) de resserrer sa politique monétaire plus tôt que prévu. Sur le marché obligataire, le taux US à 10 ans a gagné 6 points de base, pour remonter à 1,68%.

"La question est de savoir si cette poussée de l'inflation est passagère ou non. Je pense que cela durera tant que les coûts du travail et des ressources de base ne s'apaiseront pas quelque peu."
Peter Tuz
président de Chase Investment Counsel

Côté actions, les valeurs de croissance comme le secteur technologique sont attaquées. Le Nasdaq Composite a perdu jusqu'à 2,08% en début de séance à Wall Street. Le Dow Jones limite ses pertes à moins de 1%, et le S&P 500 lâche environ 1,20% au moment de la clôture des marchés européens.

"De toute évidence, les données sont pires que ce que le monde attendait, et le marché réagit en conséquence", commente Peter Tuz, président de Chase Investment Counsel. "La question est de savoir si cette poussée de l'inflation est passagère ou non. Je pense que cela durera tant que les coûts du travail et des ressources de base ne s'apaiseront pas quelque peu."

Richard Clarida, vice-président de la Fed, a réagi quelques minutes après la publication des chiffres sur l'inflation, en affirmant que les pressions sont temporaires. "Sans négliger le flux récent de données macroéconomiques encourageantes, l'économie demeure très éloignée de nos objectifs", a-t-il déclaré. La question de l'inflation sera certainement au cœur de la prochaine réunion de la banque centrale, le 16 juin prochain.

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