Plus net rebond des actions sur trois mois

Les indices européens ont logiquement rebondi ce mercredi, après leur débâcle de novembre, notamment aidés par des nouvelles positives en provenance d'Asie et des Etats-Unis. Les investisseurs ont ainsi quelque peu détourné leur attention des problèmes de dettes souveraines dans la zone euro.

Les actions d’Europe ont enregistré ce mercredi leur plus nette performance sur les trois derniers mois. Une reprise essentiellement technique, en réaction à leur chute au plus bas sur 8 semaines, mais aussi alimentée par des statistiques américaines et asiatiques esquissant une reprise économique mondiale. Ces données macroéconomiques ont quelque peu détourné l'attention des opérateurs des dettes souveraines en zone euro. Surtout depuis que la banque centrale européenne a indiqué se tenir prête à endiguer quelque effet de contagion, à l'avant-veille de la réunion de ses gouverneurs.

Etant donné la gravité des récentes pertes, cela n’a rien d’étonnant d’assister à un rebond aujourd’hui”, a d'emblée minimisé Ioan Smith, directeur de Knight Capital Europe Ltd. “La ligne de mire reste braquée sur l’évolution des marchés obligataires. Surtout sur ce que compte faire la BCE.  C’est un moment important pour les marchés, susceptible de déterminer la tenue à long terme”.

Les analystes d'UniCredit ont d'ailleurs précisé que “les marchés attendent de plus en plus de la BCE qu'elle aille plus loin dans son programme d'achat d'obligations souveraines pour soutenir” les Etats fragilisés. A ce jour, la BCE a racheté quelque 67 milliards d'euros de dette (là où la Réserve fédérale US achète 100 milliards de dollars par mois). Paradoxe de la crise et des divergences économiques qu'elle a brutalement révélées, les taux de certains pays européens, comme la Grèce, sont les mêmes que des Etats pourtant considérés comme plus risqués. “C'est normal de voir s'écarter les taux au sein de la zone euro, mais il y a des aberrations”, a déploré Jean-François Robin, stratégiste chez Natixis, citant les taux portugais qui sont supérieurs à ceux de la Roumanie.

Pour Romain Boscher, directeur de la gestion chez Groupama, il convient de rappeler que les marchés de la dette irlandaise ou portugaise ne représentent que 2 à 3% du volume obligataire de la zone euro. “Ce qui joue également, c'est la détention de titres par des non-résidents. Ainsi, quand les investisseurs entendent les pires rumeurs, un Australien va sortir d'autant plus vite que le marché est étroit” a-t-il indiqué.

Toutefois, après avoir atteint des sommets historiques ce mardi, l'écart de rendement entre les titres de dette obligataire espagnole, portugaise, italienne ou belge a légèrement reflué. Ce qui ne signifie pas pour autant que les tensions qui secouent le marché des taux se sont dissipées. Comme l'a involontairement démontré la nouvelle émission allemande, ressortie sous-souscrite. L'Agence financière allemande a reçu 4,55 milliards d'offres, alors qu'elle voulait vendre pour 5 milliards d'obligations à 5 ans, et n'en a vendu que pour 4,13 milliards d'euros, au taux moyen de 1,73 %.

Parallèlement, cherchant à convaincre les investisseurs qu'elle n'aura pas besoin de recourir à une aide internationale, l'Espagne a annoncé la fin de l'indemnisation de 426 euros par mois, décidée il y a un an à peine, pour les chômeurs de longue durée dont les droits ont expiré et des mesures en faveur des petites et moyennes entreprises. Le président du gouvernement espagnol, José Zapatero, a en outre expliqué que l'Etat allait céder 30% de la loterie nationale au secteur privé et autoriserait des investisseurs privés à monter jusqu'à 49% au capital des aéroports et services aéroportuaires du pays.

Les opérateurs ont par ailleurs été rassurés par le Portugal, qui a levé 500 millions d'euros en bons du Trésor à un an, à un taux en nette hausse par rapport à la dernière émission comparable, mais avec une demande également en hausse.

Dans ce contexte, l’indice générique Stoxx Europe 600 a signé son gain le plus important depuis le 1er septembre (+2,02 %) pour s'établir à 267,11 points. Au niveau sectoriel, les valeurs liées aux producteurs de matières premières se sont appréciées de près de 3,10 %, le compartiment profitant de la publication des chiffres de l'activité manufacturière en Chine, toujours orientée à la hausse en novembre. Néanmoins, cette hausse a simultanéement renforcé les craintes d'un resserrement des taux d'intérêts chinois pour combattre l'inflation. "Nous nous attendons à ce que Pékin renforce les mesures de resserrement quantitatif (monétaire) et relève les taux d'intérêt de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) au cours des prochains mois", a estimé Qu Hongbin, économiste de la HSBC.

Fortement affaiblies par la crise budgétaire de la zone euro lors des dernières séances, les valeurs financières ont repris de la hauteur. Au vu de leur indice de référence sectorielle Stoxx Europe 600, les actions liées aux banques ont pris 3,74 %, après avoir perdu plus de 9 % en novembre, pour la première fois en 4 jours. Les titres liés aux assureurs se sont appréciés de près de3 %, après avoir abandonné plus de 7 % le mois dernier.

Le compartiment des valeurs autos s'est maintenu en pole position après que les actionnaires de Porsche aient voté dans la nuit de mardi à mercredi une augmentation de capital de cinq milliards d'euros, condition à son rachat par le numéro un européen de l'automobile Volkswagen. Les fonds levés doivent aider le constructeur de voiture de luxe à résorber ses 6 milliards d'euros de dette, une étape nécessaire pour fusionner. L'action Porsche a ainsi mis le turbo à la Bourse francfortoise (+5,99 % à 61,31 euros).

Au niveau national, sur les 18 places financières de l’Europe occidentale, tous les indices ont progressé. A titre indicatif, l’IBEX-35 madrilène a bondi de 4,44 %, et le PSI-20 de Lisbonne s'est renforcé de 2,97 %, faisant fi des menaces de l’agence Standard & Poor’s d'abaisser la note de sa dette.

A Francfort, le DAX a pris 2,66 % à 6.866,63 points. A Amsterdam, l'AEX a gagné 2,56 % à 335,80 points. A Londres, le Footsie-100 s'est rehaussé de 2,07 % à 5.642,50 points. A Paris, le CAC 40 n'a engrangé "que" 1,63 % à 3.669,29 points.

A Bruxelles, l'indice Bel 20 a sursauté de 2,38 % à 2.565,84 points. Les financières se sont particulièrement bien orientées avec des gains de 7,59 % pour KBC (à 29,08 euros) et de près de 6,19 % pour Ageas. Les deux actions avaient respectivement perdu sur le mois de novembre 13,53 % et 20,33 %. Bekaert a ponctué une hausse de 4,44 % à 76,46 euros, bénéficiant de l'embellie des producteurs de matériaux de base, d'un climat d'optisme quant à la reprise mondiale et d'une forte révision à la hausse de son objectif de cours par les analystes de RBS.

Aux alentours de 18h00, l'euro poursuivait sa hausse face au dollar, après s'être brièvement hissée au-dessus du seuil psychologique de 1,31 USD, mais la prudence des cambistes restait de mise alors que la crise de la dette risque toujours de s'étendre aux pays fragiles en zone euro. La monnaie unique européenne était tombée mardi jusqu'à 1,2969 dollar, son niveau le plus faible depuis le 15 septembre.


AGENDA


  • ETATS-UNIS

- Les créations d'emplois dans le secteur privé américain se sont accélérées en novembre, selon l'étude mensuelle du cabinet de conseil en ressources humaines ADP publiée mercredi, qui a recensé 93.000 embauches nettes par rapport à octobre, soit plus que prévu par les analystes.

- Les gains de productivité réalisés par les entreprises américaines au troisième trimestre ont été révisés en hausse, du fait d'une progression plus forte de la production qu'initialement estimé, selon des chiffres publiés mercredi par le département du Travail à Washington. La productivité du secteur privé (hors agriculture) a augmenté de 2,3% en rythme annuel par rapport au trimestre précédent. Elle a ainsi entièrement comblé son recul au deuxième trimestre, qui avait atteint 1,8%.

- En données corrigées des variations saisonnières, les sommes consacrées à bâtir et rénover ont progressé de 0,7% par rapport au mois précédent, autant qu'en septembre.Les analystes tablaient une rechute de cet indicateur (-0,5% selon leur prévision médiane). Il est l'un de ceux qui tardent le plus à se remettre de la récession, car le secteur du BTP paie encore les excès de construction des années 2003 à 2007. Les dépenses de construction partent de niveau relativement faible: elles étaient en août au plus bas depuis dix ans, et restent d'un tiers inférieures au pic de mars 2006. En octobre, la construction résidentielle privée a accéléré sa progression (+2,5% après +0,6% le mois précédent).
Les dépenses restent également stimulées par le plan de relance promulgué en mars 2009, dont les effets se font encore sentir. Celles de l'Etat fédéral (+0,9%) ont atteint un record, tandis que celles des Etats et collectivités locales, qui sont près de neuf fois plus élevées, augmentaient pour le cinquième mois consécutif (+0,4%), pour monter à leur plus haut niveau depuis août 2009.

- L'activité du secteur manufacturier a connu en novembre un 16e mois consécutif de croissance aux Etats-Unis, même si celle-ci a légèrement ralenti par rapport à octobre, montre mercredi l'enquête réalisée auprès des directeurs d'achats. L'indice d'activité industrielle calculé par l'Institute for Supply Management (ISM) a reculé à 56,6 contre 56,9 en octobre, un chiffre toutefois supérieur aux prévisions des 66 analystes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une moyenne de 56,5.  Ce baromètre de l'activité industrielle demeure depuis août 2009 au-dessus de la barre de 50, qui sépare la contraction de l'activité de l'expansion.  La composante pour les nouvelles commandes, qui préfigure l'évolution de l'activité pour les mois à venir, s'est établie à 56,6 contre 58,9 en octobre et celle de l'emploi à 57,5 contre 57,7.

- Les stocks américains de pétrole brut ont progressé la semaine dernière alors qu'une baisse était anticipée, a annoncé mercredi l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).  Les stocks de brut ont augmenté de 1,07 million de barils à 359,69 millions. Les économistes attendaient en moyenne une baisse de 0,9 million de barils. Les stocks d'essence ont augmenté de 561.000 barils à 210,15 millions, alors qu'une hausse de 400.000 était attendue. Les réserves de produits distillés, qui incluent le fioul domestique, ont diminué de 194.000 barils, à 158,06 millions. Les économistes tablaient sur un recul plus fort de 1,1 million de barils. Le taux d'utilisation des capacités des raffineries a reculé de 2,9 point à 82,6%.

- Publication du Livre Beige de la Fed (20h)

  • CHINE


- L'activité manufacturière en Chine était orientée à la hausse en novembre en Chine malgré des prix des matières premières qui ont atteint leur plus haut niveau en deux ans, selon les deux indices PMI des directeurs d'achat publiés mercredi. Cette hausse renforce les craintes d'une hausse des taux d'intérêts chinois, selon les observateurs.

- L'indice PMI publié par la Fédération chinoise de la logistique et des achats (CFLP) s'est élevé à 55,2 en novembre contre 54,7 en octobre. Un chiffre supérieur à 50 indique une expansion de l'activité manufacturière, un chiffre inférieur à 50 une contraction.
L'indice PMI publié séparément par la banque HSBC s'est élevé à 55,3 le mois dernier contre 54,8 en octobre.

  • ZONE EURO

La croissance de l'activité dans l'industrie manufacturière a accéléré de nouveau en novembre dans la zone euro, mais des écarts importants persistent entre les pays, selon la deuxième estimation de l'indice des directeurs d'achats (PMI) publiée mercredi. L'indice PMI manufacturier, qui synthétise l'activité dans ce secteur, s'est redressé à 55,3 points en novembre, contre 54,6 points en octobre, 53,7 points en septembre et 55,1 points en août, a indiqué la société Markit qui le publie.  C'est son plus haut niveau depuis quatre mois. L'indice est cependant légèrement moins fort que prévu par Markit dans une première estimation (55,5 points).

 

  • JAPON

Les immatriculations de véhicules neufs au Japon, hors mini-modèles, ont chuté de 30,7% en novembre sur un an, le secteur continuant de souffrir de la fin de subventions accordées pour les modèles écologiques, a annoncé mercredi l'Association japonaise des concessionnaires. Ce recul est le troisième consécutif, en comparaison annuelle.


VALEURS

COLRUYT
Le groupe de distribution Colruyt a enregistré au premier semestre de son exercice décalé 2010-2011 une croissance de son chiffre d'affaires de 7,9% à 3,553 milliards d'euros. Son résultat d'exploitation croît de 7,2% à 244,4 millions d'euros et son résultat net de 6,4% à 171,7 millions d'euros. Le bénéfice par action augmente de 6,5% passant de 1,02 à 1,09 euro. Ces résultats sont légèrement en-deça des attentes des analystes. Ceux-ci tablaient sur un chiffre d'affaires de 3,6 milliards, sur un résultat d'exploitation de 248,2 millions et sur un bénéfice net de 172,9 millions.

UCB
UCB a renégocié sa facilité de crédit renouvelable de 1,5 milliard d'euros obtenue en décembre 2009. La modification induit une réduction de la facilité de crédit à 1,0 milliard d'euros; elle en prolonge l’échéance de 2012 à 2015 et la rend conforme aux conditions actuelles pour les titres de première qualité.

UMICORE
HSBC a démarré le suivi du titre au prix cible de 38 euros et un avis à " sous-pondérer ".
RBS a augmenté son objectif de cours à 35 euros, contre 30 euros avant. La recommandation reste à " conserver ".

SOLVAY
HSBC a entamé le suivi du titre au prix cible de 80 euros et recommande une position " neutre ".
RBS a abaissé son objectif de cours sur la valeur à 69 euros, contre 72 précédemment. La recommandation est restée à " conserver ".

AB INBEV
RBS a rehaussé son objectif de cours à 43 euros, contre 38 avant. L’opinion demeure à " conserver ".

KBC
Evolution Securities a relevé son objectif de cours à 32 euros, contre 30,80 précédemment. La recommandation est restée à " vendre ".

BELGACOM
AlphaValue a diminué son objectif de cours à 33,80 euros, contre 35,10 avant. L’opinion demeure à " acheter ".

TELENET
RBS a rehaussé son objectif de cours à 31 euros, contre 22,50 euros précédemment. La recommandation est inchangée, " acheter ".

AVH
RBS a porté son objectif de cours à 62 euros, contre 60 avant. La recommandation reste à " conserver ".

BEKAERT
RBS a relevé son objectif de cours à 87 euros, contre 70 euros. La recommandation reste à " acheter ".

DELHAIZE
RBS a rehaussé son objectif de cours à 59 euros, contre 56,50 précédemment. La recommandation reste à " acheter ".

ROULARTA
La Banque Degroof a relevé son objectif de cours sur la valeur à 31 euros contre 26 euros avant.

PARC PARADISIO
La fréquentation du parc animalier Pairi Daiza, l'ancien Parc Paradisio, a chuté de 25 % en 2010 par rapport à l'année précédente. "La saison touristique 2010 a connu des évolutions contrastées", explique la firme dans un communiqué. Si la fréquentation de Pairi Daiza a enregistré un recul de 25% par rapport au record de l'année 2009 (+31%), 2010 représente la deuxième meilleure des 17 saisons de l'histoire du Parc augmentation de 8% (700.000 visiteurs).

TESSENDERLO
Le groupe Tessenderlo a annoncé une opération de "sales & leaseback" de son bâtiment administratif à Bruxelles. Une opération avec un produit net de 24 millions d'euros qui a plus précisément consisté à vendre la société Immo Watro, sa filiale immobilière qui était propriétaire du bâtiment, à la société allemande de gestion de fonds institutionnels GLL Real Estate.

RETAIL ESTATES
La Sicafi a procédé à l'acquisition de neuf surfaces commerciales pour 7,46 millions d'euros. Le paiement a lieu en actions. Dans ce contexte, une augmentation de capital de l'ordre de 3,55 millions d'euros devrait avoir lieu. L'opération augmentera les revenus locatifs annuels de 490.000 euros.

KBC BIOTECH
KBC Biothech, en liquidation, a enregistré un bénéfice de 2,607 millions EUR au troisième trimestre 2010, essentiellement grâce au rachat de Movetis par Shire, qui a permis de réaliser une belle plus-value. Les charges d?exploitation ont en outre chuté de plus de 20% par rapport au troisième trimestre 2009. La liquidation du portefeuille non coté est également entrée dans sa phase ultime.

EPIQ
- Offre de rachat par Elex à 1,75 euro par action. L’offre court jusqu’au 3 décembre.

WEB
- Augmentation de capital avec droit de préférence. Dernier jour.

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