Pourquoi l'euro est au plus bas depuis 2003

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L'euro baisse encore face au dollar malgré les annonces encourageantes de la BCE. La divergence des politiques monétaires aux Etats-Unis et dans la zone euro n’est pas la seule explication à l’évolution de l’euro face au dollar. Les taux interbancaires interviendraient aussi.

Depuis mai 2014, l’euro  se replie face au dollar. La devise européenne est tombée mercredi à son plus bas niveau en onze ans et demi, à 1,1007 dollar. C'était en septembre 2003.

On a longtemps expliqué ce retrait de la monnaie unique par la politique de plus en plus souple menée par la Banque centrale européenne (BCE) et le resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Pourtant, il y a une autre cause à l’évolution de la paire euro-dollar. D’après Sylviane Delcuve, économiste chez BNP Paribas Fortis, les taux interbancaires pourraient aussi avoir joué un rôle capital.

"Depuis juillet 2014, le taux interbancaire de la zone euro s’est clairement orienté à la baisse, alors qu’il n’en va plus de même aux Etats-Unis", explique-t-elle. "Le résultat de ces évolutions divergentes des taux interbancaires des deux côtés de l’Atlantique a été, sans surprise, un affaiblissement assez significatif de l’euro depuis plusieurs mois." Cette interprétation présente l’avantage d’expliquer pourquoi l’euro avait auparavant grimpé face au billet vert.

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En effet, en 2013 et au premier semestre 2014, la devise européenne avait gagné du terrain contre le dollar, alors même que les politiques monétaires des deux zones divergeaient déjà à l’époque. "La hausse de l’euro face au dollar en 2013 et au cours de la première moitié de 2014 correspond à une période de baisse ininterrompue du taux interbancaire américain, alors qu’en Europe, les tensions, les attentes liées aux résultats de la revue des bilans des banques par la BCE et d’autres éléments poussaient plutôt ce taux interbancaire à la hausse", souligne Sylviane Delcuve.

D’après l’économiste, compte tenu des politiques monétaires, l’euro devrait encore diminuer face au dollar. "Cette tendance pourrait se poursuivre aussi longtemps que le taux interbancaire européen ne remontera pas, ce qui n’est pas prévu avant de longs mois", ajoute-t-elle.

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