Pourquoi les actions japonaises ont spectaculairement rebondi de 8%

L’indice Nikkei 225 a signé la sixième meilleure séance de son histoire. ©Bloomberg

La Bourse de Tokyo s'emballe sur les nouvelles mesures de relance de Pékin.

L’horizon boursier se dégage. Et c’est du fin fond de l’Asie que provient cette éclaircie. S’il fallait encore une preuve que les mouvements des indices sur les principales Bourses dans le monde sont, pour le moment, téléguidés par ce qui se dit et se passe dans les milieux politiques et monétaires chinois, il suffit de se tourner vers la Bourse de Tokyo. Sur cette place, l’indice Nikkei des 225 principales valeurs nippones s’est envolé de 7,7% sur la seule séance d’hier!

Le taux d’imposition actuel d’environ 35% baisserait de 3,3 points de pourcentage sur 2 ans pour les entreprises nippones.

Ce rebond intervient à la suite d’une nouvelle et énième tentative de Pékin pour rassurer les marchés. Diverses mesures destinées à relancer l’économie du pays ont en effet été annoncées hier par la Chine. Parmi elles, les autorités promettent désormais de resserrer leur politique monétaire, d’augmenter les dépenses d’infrastructure et de réformer la fiscalité.

Abe y va de son couplet

Les promesses faites par la Chine semblent cette fois prises plus au sérieux par les investisseurs. Il n’y a pas qu’à Tokyo d’ailleurs qu’elles ont été saluées. Elles ont en effet été suivies par une salve de hausses des indices sur la plupart des Bourses de la planète. Y compris celles des pays émergents. Le Composite de Shanghai s’est adjugé un gain de 2,59%, le Taiex de Taiwan 3,57% et le Kospi de Séoul 2,96%.

La Bourse de Tokyo s’emballe sur les nouvelles mesures de relance de l’économie chinoise.

Et sur le projet du gouvernement Abe de baisser le taux d’imposition pour les entreprises japonaises.

La Bourse de Tokyo, qui avait démarré sur une hausse de quelque 3%, aurait dû logiquement terminer sur une performance de cette ampleur. Mais c’était compter sans le couplet du Premier ministre Shinzo Abe qui, au cours d’une réunion d’investisseurs organisée à Tokyo par Bank of America-Merrill Lynch, a dit plaider pour une réduction des impôts (environ 35%) dus par les entreprises nippones. Cette baisse serait d’au moins 3,3 points de pourcentage sur deux ans, au terme du prochain exercice budgétaire débutant en avril 2016, a-t-il précisé lors de son intervention.

Il n’en fallait pas plus évidemment pour accélérer la cadence de la remontée des cours des actions. En ayant gagné 1.343,43 points, le Nikkei 225 a enregistré la sixième meilleure performance journalière de son histoire.

Les "shorteurs" pris à contrepied

Le couplet de Shinzo Abe ajouté aux promesses de la Chine, c’en était assez pour décourager les fonds spéculatifs de continuer à miser sur la baisse des cours des actions, comme ils n’avaient cessé de le faire ces derniers temps. Le Nikkei 225 était sur le point mardi d’effacer tous les gains qu’il avait accumulés dans la première partie de l’année. Face à la remontée des cours hier, ces "shorteurs" ont été contraints de "se racheter". Ce qui a tout naturellement nourri l’envolée de la Bourse japonaise.

Dans un bref entretien à Bloomberg, Yoshihisa Okamoto, responsable de la recherche "actions" chez Mizuho A.M., a précisé que les ventes à découvert (le fait de vendre des actions que l’on ne détient pas, mais que l’on vise à acquérir plus tard à des cours en repli) ont représenté 41,2% des transactions il y a deux jours, un pourcentage proche du record atteint la semaine passée (41,6%).

Et demain?

La question se pose à présent de savoir si la Bourse de Tokyo va être en mesure de conserver l’essentiel de ses gains dans les prochains jours. Les valorisations peu élevées des actions des entreprises japonaises permettent de le penser.

Selon des données compilées par Bloomberg, les valeurs du Nikkei 225 se traitent en moyenne à 16,4 fois (P/E) les bénéfices estimés pour l’exercice en cours. Pour celles de l’indice Topix, qui couvre l’ensemble du marché et est composé de près de 1.900 valeurs, ce ratio est de 13,5 fois.

Le Nikkei était monté fin juin jusqu’à 20.868,03 points, son plus haut de l’année. Soit un niveau supérieur de 19,6% à celui du début de l’année.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect