Pourquoi Warren Buffett achète des sociétés japonaises

Warren Buffett a poursuivi ses emplettes sur les marchés avec cinq sociétés japonaises. ©AFP

Les cinq sociétés japonaises dans lesquelles le milliardaire américain a pris des participations offrent un rendement de dividende intéressant.

Le milliardaire Warren Buffett a poursuivi ses emplettes sur les marchés. Après le producteur d'or Barrick Gold quelques semaines auparavant, son holding Berkshire Hathaway a fait l'acquisition d'actions de cinq sociétés japonaises. L'opération a été révélée ce lundi avant l'ouverture des marchés asiatiques. Le holding a acquis plus de 5% pour un total de près de 670 milliards de yen (6,3 milliards de dollars) dans les compagnies Itochu, Marubeni, Mitsubishi, Mitsui & Co. and Sumitomo ces douze derniers mois.

Les cinq titres ont bondi de plus de 4% ce lundi à la Bourse de Tokyo alors que l'indice Topix a pris 1,9%.

Ces sociétés de trading génèrent de solides flux de trésorerie, elles paient des dividende et possèdent des activités difficilement réplicables.
Thanh Ha Pham
Analyste chez Jefferies Japan

Le geste de Warren Buffett peut surprendre, car le milliardaire américain s'eloigne de son marché américain dans lequel il a principalement investi. Mais ces cinq sociétés japonaises présentent la particularité de répondre aux critères d'investissement du milliardaire américain. Ces dix dernières années, ces entreprises, qui détiennent des participations dans différents secteurs dont l'énergie et les minières, ont subi une profonde transformation en faveur de leurs actionnaires. Alors qu'auparavant ces sociétés se caractérisaient par de faibles marges bénéficiaires, une dette élevée et une trésorerie modique, elles se sont employées à réduire leur endettement et à dégager des retours sur fonds propres.

Mitsbushi, Marubeni et Sumitomo se sont même engagées à distribuer des dividendes, même si comparés aux entreprises européennes, ceux-ci sont moindres. Mais pour des sociétés japonaises, le fait reste notable, car les investisseurs japonais ne sont pas habitués à recevoir des dividendes de sociétés.

Les dividendes distribués par ces sociétés, dont la valorisation des participations s'avère faible, ont entraîné un rendement intéressant du point de vue du dividende pour des investisseurs comme Warren Buffett.

6,3
Milliards de dollars
Le montant des participations de Berkshire Hathaway dans les cinq sociétés de trading japonaises a fait grand bruit.

"Ces sociétés de trading génèrent de solides flux de trésorerie, elles paient des dividende et possèdent des activités difficilement réplicables" a commenté Thanh Ha Pham, analyste chez Jefferies Japan.

Des actions japonaises délaissées

De plus, la Bourse japonaise a subi des retraits de capitaux étrangers sans précédent de 132 milliards de dollars ces 32 derniers mois alors que les investisseurs ont émis des doutes sur le plan de relance économique mis en place par le gouvernement de Shinzo Abe.

Depuis le début de l'année, le Topix a perdu 5,99%. L'indice des valeurs japonaises a mieux résisté que le Stoxx 600 européen, en recul de 11, 11% depuis janvier. Mais il fait pâle figure face à la progression de 8,58% du S&P 500 et de 17,5% pour l'indice Shanghai Composite sur la période. Sur les cinq dernières années, le Topix a offert un rendement total de 27,8% contre 20,62% pour le Stoxx 600 et 84,92% pour le S&P 500 en devises comparables.

Les cinq sociétés dans lesquelles Berkshire Hathaway a pris une participation ont en outre fortement chuté durant la pandémie de Covid-19. Mais le holding compte conserver ces titres sur le long terme, et prévoit d'augmenter à 9,9 % sa participation.

Berskshire Hathaway avait aussi laissé entendre qu'il pourrait investir dans des sociétés japonaises. Warren Buffett s'était rendu au Japon en 2011, et avait alors suscité de la spéculation sur une possible acquisition. Plus récemment, en septembre de l'année passée, le holding avait acquis pour 4 milliards de dollars dans une émission obligataire en yen par une entreprise non-japonaise.

Autrement dit, le milliardaire américain a attendu l'alignement des planètes pour investir dans les actions japonaises.

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