Première baisse hebdomadaire depuis un mois

Le secteur des semi-conducteurs a résisté à la baisse boursière de cette semaine. ©AFP

Les investisseurs sont restés prudents en attendant d'avoir une meilleure visibilité sur les anticipations des entreprises. L'euro a reculé face au dollar.

Semaine de transition sur les marchés boursiers, à l'instar de la transition politique qui se prépare aux États-Unis. Les investisseurs ont joué la carte de l'attentisme avant l'annonce, jeudi soir, du programme de soutien à l'économie du président américain Joe Biden et la publication, vendredi, des résultats de trois grands groupes financiers cotés à Wall Street. Les marchés européens ont suivi cet agenda dicté par l'actualité politique et financière américaine, tout en restant sur la défensive alors que la pandémie de coronavirus s'aggrave de ce côté de l'Atlantique malgré les perspectives prometteuses offertes par le début des vaccinations depuis le début de l'année. Tout cela s'est soldé par la première semaine de baisse des actions depuis un mois.

+5,4%
Hausse du Stoxx 600 durant les 4 semaines précédentes
Après avoir grimpé de plus de 5% en quatre semaines, l'indice Stoxx Europe 600 a attiré les prises de bénéfices à l'aube de la saison des résultats.

En Europe, l'indice Stoxx 600 a reculé de 0,81% en cinq jours, après avoir grimpé de plus de 5% en quatre semaines, une progression qui a sans doute convaincu certains investisseurs à prendre leurs bénéfices avant d'y voir plus clair au cours de la saison des résultats annuels des entreprises qui débute à peine. Dans les publications des sociétés cotées, les investisseurs devraient se focaliser sur les attentes des dirigeants pour les mois à venir. À Wall Street aussi, les indices boursiers ont battu en retraite au cours de la huitaine écoulée. Pour le Dow Jones et le Nasdaq , il s'agit du premier revers hebdomadaire depuis la semaine achevée le 11 décembre dernier. Le S&P 500 avait quant à lui aussi fléchi durant la semaine précédant Noël.

Melexis en vue

Parmi les rares secteurs qui ont échappé au recul des cinq dernières séances, aussi bien aux États-Unis qu'en Europe, on trouve celui des semi-conducteurs. Les premiers résultats qui ont été publiés par des sociétés asiatiques actives dans ce domaine, tels que le géant taïwanais TSMC, sont bien meilleurs que prévu et les perspectives dépassent également les attentes. De quoi provoquer une vague de réajustement des portefeuilles des investisseurs en faveur de valeurs telles qu'ASM International (+8,56% cette semaine), BE Semiconductor (+4,83%), Dialog Semiconductor (+7,44%), ASML Holding (+4,76%), AMS AG (+2,10%) ou encore Siltronic (+1,38%). Le belge Melexis figure aussi parmi les bénéficiaires de cette tendance: il a pris 7,70% depuis lundi dernier, après avoir déjà bondi de plus de 11% la semaine précédente. Avec une progression de quelque 20% depuis le 1er janvier, c'est l'une des valeurs belges les plus en vue de ce début d'année.

Si le secteur des semi-conducteurs se porte aussi bien, c'est en partie grâce aux... conducteurs. La demande en provenance des constructeurs automobiles apparaît en effet plus importante que prévu, en particulier en Asie. Voilà qui peut expliquer pourquoi le secteur auto européen (-0,70% en cinq jours) a plutôt bien résisté cette semaine.

"Nous suivons avec une attention particulière les effets négatifs sur l'inflation du taux de change de l’euro contre les diverses devises."
François Villeroy de Galhau
Gouverneur de la Banque de France

Par contre, le secteur qui a le plus reculé cette semaine est celui des entreprises de produits de consommation et de services (-3,40% depuis lundi). On y trouve des sociétés fournissant des services par internet, des entreprises de livraison à domicile, etc. Ces valeurs, qui avaient tiré leur épingle du jeu en 2020, sont victimes de la rotation sectorielle qui est à l’œuvre depuis que les vaccins laissent entrevoir une reprise de la croissance économique. Paradoxalement, les investisseurs semblent continuer à délaisser les titres qui avaient tiré parti des mesures de confinement, malgré le retour de nouvelles restrictions dues à la résurgence de la pandémie en Europe.

Hausse des taux

Une autre thématique influence les choix des investisseurs en ce moment: la remontée prévisible de l'inflation, sur fond de progression des cours des matières premières et de relance budgétaire, notamment aux États-Unis avec les mesures économiques annoncées par Joe Biden. Cette perspective conduit les acteurs des marchés à privilégier les valeurs moins sensibles à la montée des taux d'intérêt. Ces derniers ont tendance à se tendre à l'approche d'une accélération de la hausse des prix. Le rendement du Bund allemand à dix ans a fait une incursion au-dessus de -0,5% cette semaine. Notons aussi que le taux italien à dix ans a dépassé 0,6%, contre 0,55% environ la semaine dernière, ce qui reflète la crise politique qui affecte à nouveau l'Italie.

Aux États-Unis, le taux des obligations à dix ans a enregistré une hausse plus sensible ces derniers jours et s'est stabilisé à un peu plus de 1%. Cela a profité au dollar, qui a grimpé de près de 1% face à l'euro cette semaine. La devise européenne vaut à présent 1,21 dollar, contre 1,23 dollar dix jours plus tôt. La Banque centrale européenne (BCE) "suit avec une attention particulière les effets négatifs sur l'inflation du taux de change de l’euro contre les diverses devises", a déclaré mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. À Francfort, on n'a visiblement pas apprécié la hausse de 4% de l'euro face au billet vert au cours du dernier trimestre de 2020... Ce sera l'un des thèmes à surveiller lors de la réunion de la BCE de jeudi prochain.

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