Première hausse de taux de la Banque d'Angleterre en dix ans

Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, lors de sa conférence de presse, jeudi 2 novembre 2017. ©EPA

Le taux directeur britannique monte à 0,50%. Les achats d’actifs restent inchangés. Le ton du communiqué est plus conciliant qu’attendu. Le Brexit pèse lourd dans la balance.

La Banque d’Angleterre tente de contenir l’inflation. Jeudi, la banque centrale britannique a annoncé qu’elle portait son taux directeur de 0,25% à 0,50%. La dernière hausse de taux remontait au 5 juillet 2007. Mais dans son communiqué, le comité de politique monétaire de l’institution, qui laisse par ailleurs ses achats d’actifs inchangés, s’est montré moins disposé qu’auparavant à continuer à resserrer la vis monétaire à l’avenir. Ce ton plus conciliant était inattendu, tandis que la hausse de taux avait été anticipée.

Par conséquent, en Bourse, les investisseurs ont intégré la perspective d’une politique monétaire plus souple que prévu au Royaume-Uni à l’avenir: d’après les contrats à terme sur le taux directeur, les marchés s’attendent désormais à une autre hausse du loyer de l’argent en septembre 2018, alors qu’elle était auparavant attendue en août.

En réaction, les investisseurs du marché des changes ont boudé la livre sterling, désormais considérée comme moins rémunératrice à long terme. La devise britannique a reculé face à quasiment toutes les autres monnaies. L’euro  est ainsi passé de moins de 0,88 livre mercredi soir à plus de 0,89 livre après la décision de la BoE (Bank of England).

Sur le marché des obligations gouvernementales, les titres de dette du Royaume-Uni, désormais considérés comme plus intéressants au regard des taux attendus stables à l’avenir, ont été recherchés, ce qui a fait reculer leurs rendements. Le taux des obligations à dix ans de l’État britannique est passé de plus de 1,34% mercredi à moins de 1,28% après la parution du communiqué.

Une phrase manquante…

Et en Bourse de Londres, les actions ont attiré des acheteurs en quête de rendement face aux taux désormais attendus plus stables. L’indice FTSE 100  a gagné jusqu’à 0,87% dans les minutes qui ont suivi l’annonce de la BoE, contre un gain de l’ordre de 0,20% avant celle-ci.

Dans le communiqué du comité de politique monétaire, c’est surtout l’absence d’une phrase qui a retenu l’attention. Dans ses précédents rapports de réunion, la BoE indiquait chaque fois que "la politique monétaire pourrait nécessiter d’être resserrée dans une mesure quelque peu plus grande que les attentes actuelles du marché". Jeudi, on n’a pas retrouvé cette mise en garde, ce qui plaide pour un statu quo des taux jusqu’au deuxième semestre de l’an prochain.

Toute solution à l’incertitude sur la nature de la future relation du Royaume-Uni avec l’Union européenne engendrerait une réévaluation des perspectives économiques.
Mark Carney
Gouverneur de la Banque d'Angleterre

De plus, lors de la conférence de presse qu’il a donnée jeudi après-midi, Mark Carney, le gouverneur de la BoE, a indiqué qu’il ne s’attendait qu’à des resserrements monétaires "très graduels" d’ici 2020. Il a en outre fait comprendre que sa politique dépendrait de l’évolution des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit).

"Toute solution à l’incertitude sur la nature de la future relation du Royaume-Uni avec l’Union européenne engendrerait une réévaluation des perspectives économiques", a-t-il ainsi affirmé. En attendant, les nouvelles prévisions d’inflation de la BoE sont les suivantes: 3% cette année (contre 2,8% auparavant), 2,4% l’an prochain (contre 2,5%), 2,2% en 2019 (inchangé) et 2,1% en 2020. L’objectif de 2% ne serait donc pas encore atteint dans trois ans. Les conséquences du Brexit pèsent lourd dans la balance de la Banque d’Angleterre…

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés