Premiers résultats européens encourageants, mais...

Le fabricant de camions Volvo a vu ses commandes s'améliorer en juin. ©jonas lampens

Le début des publications de chiffres trimestriels a donné de l’espoir aux investisseurs cette semaine. Mais la crainte d’une deuxième vague de contaminations limite l’enthousiasme.

En Europe, la saison des résultats du deuxième trimestre a suffisamment bien débuté pour permettre aux grands indices boursiers d’enregistrer une nouvelle semaine de hausse, la troisième d’affilée. Le Stoxx 600 a grimpé de 1,60% en cinq jours et l’EuroStoxx 50 a pris 2,10% depuis lundi. Il est vrai que les attentes des analystes sont très basses: en moyenne, ils prévoient une chute de 50% des bénéfices en Europe. "Peut-être que ces anticipations sont trop conservatrices?", s’interrogeait cette semaine Frank Vranken, chef stratégiste de Puilaetco, avant d’ajouter: "Cela reste à prouver"…

Les analystes de Morgan Stanley prévoient quant à eux que les résultats du deuxième trimestre seront "les pires jamais enregistrés", mais pensent qu’ils dépasseront tout de même les attentes très basses des marchés.

Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais les chiffres et les perspectives publiés cette semaine ont donné une lueur d’espoir aux investisseurs.

Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais les chiffres et les perspectives publiés cette semaine ont donné une lueur d’espoir aux investisseurs. Parmi les sociétés qui ont entamé les hostilités, le britannique Asos (+3,89% cette semaine), spécialiste de la vente de vêtements en ligne, a fait savoir que ses bénéfices annuels atteindraient le haut de la fourchette d’estimations des analystes. Les bons résultats de l’équipementier télécom Ericsson ont aussi été salués: le titre du groupe suédois a bondi vendredi, ce qui lui vaut une avancée hebdomadaire de 12,95%.

Volvo à la manoeuvre

Les valeurs de l’automobile ont enregistré l’une des meilleures performances sectorielles de la semaine. Les bonnes nouvelles annoncées par les constructeurs allemands Daimler (+7,25% en cinq jours) et Volkswagen (+0,75% depuis lundi) n’y sont pas étrangères. Le premier a signalé que les commandes ont eu tendance à se redresser à la fin du deuxième trimestre et le second prévoit que le rebond du marché automobile chinois va s’accentuer.

Un petit vent d’optimisme est aussi venu du nord: le constructeur de camions suédois Volvo (+4,44% en une semaine) a signalé que ses commandes du mois de juin n’étaient plus inférieures que de 5% à celles de janvier. On connaît l’importance du marché des camions en tant qu’indicateur avancé de la production industrielle, sachant que beaucoup d’entreprises expédient leurs marchandises par la route. Par ailleurs, les ventes de Volvo au deuxième trimestre ont légèrement dépassé l’estimation moyenne des analystes. Bank of America se dit aussi impressionné par la maîtrise des coûts du groupe suédois. Seul bémol: les prévisions de Volvo restent extrêmement prudentes.

Les analystes de Morgan Stanley estiment que les prévisions pour le reste de l'année sont plus importantes que les chiffres.

Les patrons d’entreprises justifient souvent leur prudence par le risque persistant d’une deuxième vague de contaminations, qui empêche d’annoncer des perspectives fiables pour le reste de l’année. Or, les analystes de Morgan Stanley estiment que ces prévisions sont plus importantes que les chiffres.

C’est précisément ce qui explique la déprime des valeurs du luxe cette semaine en Europe. Les anticipations de Burberry pour le trimestre en cours – une baisse de 20% attendue – ont déçu les investisseurs. Le patron du groupe de luxe a estimé qu’il faudrait un certain temps pour que l’industrie du luxe se remette de la crise. Le titre du groupe britannique a cédé 5,61% cette semaine.

Attention aussi aux valeurs françaises du secteur, qui restent sous la menace de nouveaux tarifs douaniers de l’administration Trump aux États-Unis. Hermès a perdu 2,49% en cinq jours. Les autres grands noms du luxe de la Bourse de Paris, tels que Kering (+3,13%) et LVMH (+2,38%) s’en sortent mieux.

ING soutient le Bel 20

Un autre compartiment est resté à la traîne durant la semaine écoulée: celui des valeurs technologiques (-0,31%). Celles-ci affichent néanmoins encore la meilleure performance sectorielle depuis le début de l’année, à savoir une hausse d’environ 10%. Actuellement, on constate que les valeurs techno qui avaient tiré profit des mesures des confinement (services de vidéoconférence, jeux en ligne, vidéo à la demande, etc.) sont délaissées. Ceci est peut-être dû à des prises de bénéfices. Il se peut aussi que des investisseurs aient misé sur ces actions dans l’anticipation d’une nouvelle vague de contaminations. Mais même dans ce cas de figure, les autorités semblent désormais exclure un nouveau confinement général, ce qui peut justifier un attrait un peu moindre pour les titres de ces entreprises.

Le Bel 20 a bénéficié de l’engouement pour les valeurs de la santé.

Enfin, mentionnons la hausse de 1,43% du Bel 20 depuis lundi. L’indice belge a bénéficié de l’engouement pour les valeurs de la santé, UCB ayant grimpé de 5,69% en cinq jours, tandis que les biotechs Argenx (+4,04%) et Galapagos (+3,47%) ont aussi été recherchées. La montée de 3,23% d’ING cette semaine a aussi profité à l’indice vedette de la Bourse de Bruxelles. Les bons résultats de Goldman Sachs dans la banque d’investissement ont encouragé les achats d’actions bancaires.

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