Quand la croissance ralentit, gare à la stabilité financière, avertit la BCE

Luis de Guindos, le vice-président de la Banque centrale européenne, est en charge de la politique macroprudentielle et de la stabilité financière au sein du directoire de la BCE. ©EPA

Les risques pour la stabilité financière pourraient augmenter si la croissance économique se détériorait davantage. Tel est le message délivré par la Banque centrale européenne dans son rapport de stabilité financière.

En zone euro, la stabilité financière reste dépendante de la santé de l'économie. C'est le message que distille la Banque centrale européenne (BCE) dans son rapport de stabilité financière semestriel, publié ce mercredi.

"Si les risques à la baisse dans les perspectives économiques devaient se matérialiser, les risques pour la stabilité financière pourraient augmenter", avertit Luis de Guindos, le vice-président de la BCE, cité dans un communiqué de l'institution européenne. "Les perspectives de croissance sont centrales pour tous les principaux risques pour la stabilité financière", ajoute-t-il.

Leçons du passé

La crise de la dette publique des Etats membres de la zone euro et les soucis récurrents des banques européennes, surtout en Italie et en Espagne, ont été particulièrement criants lorsque le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro était sous pression, dans les années 2009 et suivantes.

Les perspectives de croissance sont centrales pour tous les principaux risques pour la stabilité financière.
Luis de Guindos
Vice-président de la BCE

Grâce à l'embellie économique qui a suivi, à partir de 2015, ces problèmes ont été quelque peu laissés de côté, même si des mesures ont été prises par ailleurs pour y remédier, comme le pacte budgétaire européen censé prévenir les dérapages budgétaires des Etats et le mécanisme de surveillance unique qui organise la supervision des banques européennes.

Dette des entreprises

Malgré ces outils, la BCE avertit aujourd'hui que si la croissance économique continue à décliner, cela pourrait affecter la stabilité financière en zone euro. L'incertitude au sujet des prévisions pour la croissance économique mondiale a contribué à des pics de volatilité dans les marchés financiers, analyse-t-elle. Une croissance plus faible que prévu et une possible escalade des tensions commerciales pourrait provoquer de nouvelles chutes dans les prix des actifs, avertit le rapport de stabilité financière (RSF).

La BCE s'inquiète en particulier du segment le plus risqué des entreprises. Le secteur du crédit à effet de levier, qui a augmenté de manière significative ces dernières années, est sensible à l'affaiblissement des bénéfices des entreprises.

Le RSF détaille comment ce secteur pourrait poser des risques pour la stabilité financière, en particulier en raison des incertitudes sur l'exposition aux parties les plus risquées des obligations adossées à des créances, soit la dette titrisée, une technique financière qui avait été à l'origine de la propagation de la crise financière à l'échelle mondiale en 2008.

Impact du climat

Ce rapport de la BCE se penche aussi, par ailleurs, sur les défis pour la stabilité financière dus aux changements climatiques, ainsi que sur les risques provisoires qui pourraient survenir lors de la transition vers les objectifs climatiques.

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