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Quatre ans de taux négatifs dans la zone euro: stop ou encore?

Peter Praet a-t-il ouvert la boîte de Pandore? Il y a huit jours, le chef économiste de la BCE a affirmé que la fin de son programme de rachats d’actifs était sur la table des discussions. ©BELGA

Les propos tenus par le chef économiste de la BCE, il y a huit jours, sonnent le glas des taux négatifs. Pour autant, la remontée des taux d’intérêt ne sera que très lente.

L’idée a été cette fois publiquement exprimée. Peter Praet, le chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE) a affirmé il y a huit jours que l’institution monétaire de la zone euro pourrait bien discuter lors de sa réunion de ce jeudi, de l’opportunité de mettre progressivement fin à son programme de rachats d’actifs. Ce programme est généralement désigné par les initiales "QE" pour "Quantativing Easing" (assouplissement quantitatif).

Mis en route en mars 2015, il consiste pour la BCE à racheter des actifs financiers, principalement de la dette émise par les États de la zone euro et de grandes entreprises jugées solvables par les agences de notation. Son objectif majeur est de maintenir les taux sur les marchés à de bas niveaux. Il a ainsi permis aux États d’emprunter à bon compte ces dernières années.

Épargne moins rémunérée

À ce moment-là, le taux des dépôts réservé aux fonds déposés par les banques de la zone euro auprès de la BCE était déjà passé sous la barre de 0% depuis 12 mois, pour glisser jusqu’à -0,40% en mars 2016. L’objectif poursuivi sur ce plan par la BCE était de pousser les banques à prêter afin de soutenir la croissance de l’activité économique. Et, en même temps, de les décourager à parquer leurs liquidités auprès de la BCE, un endroit jugé sûr. Cela explique que ce taux de dépôt négatif a été généralement perçu comme un taux de "pénalité" dans les milieux financiers.

Conjugué avec la baisse des rendements obligataires, ce taux de dépôt négatif justifie pourquoi les banques ont été amenées à être beaucoup moins généreuses concernant l’épargne de leurs clients.

Vers une remontée des taux d’intérêt?

Avec un taux de croissance de 2,5% pour son PIB en 2017, l’économie de la zone euro n’avait plus été aussi "vigoureuse" depuis les années 2006-2008. La BCE est en outre en passe aujourd’hui de gagner un autre pari. Celui d’atteindre un taux d’inflation de 2%.

Entre septembre 2016 et aujourd’hui, le rendement de l’OLO belge à 10 ans est passé de 0,10% à 0,90%.

En regard de ses "succès", la Banque centrale s’apprêterait-elle du coup à normaliser sa politique des taux d’intérêt? On peut l’imaginer. Il serait illusoire cependant de penser que les taux recouvreront à court terme les niveaux en vigueur en 2007. À l’époque, la croissance mondiale était bien plus forte encore qu’actuellement. C’est de cette période, cela dit au passage, que remonte toujours le dernier record historique de l’indice Bel 20 (4.756,82 points en mai 2007).

Le rendement de l’obligation belge à 10 ans (OLO) tournait autour de 4,3% en 2007. Aujourd’hui, il est à peine de 0,9%. S’il n’y a pas lieu de tabler sur un retour à brève échéance à son niveau d’il y a 10 ans, même au cas où la situation économique de la zone euro devait se renforcer, c’est que des facteurs susceptibles de le contrarier dans sa remontée, existent. Parmi les principaux, on citera le risque de voir la reprise des économies capoter, ainsi que celui de voir les déficits budgétaires repartir à la hausse. Aux Etats-Unis, et alors que l’économie de ce pays en est à sa 9e année de croissance consécutive, le rendement du bon du Trésor américain reste depuis de longs mois confiné juste sous les 3%.

On retiendra des propos tenus par Peter Praet l’idée que, sauf accident, les planchers atteints par les rendements obligataires font désormais partie du passé. Qu’après trois décennies de baisse constante, ils sont à présent susceptibles de monter, certes lentement, plutôt que de descendre. La BCE pourrait être en mesure de relever ses principaux taux dans le courant de l’année prochaine.

Ce que les marchés commencent à anticiper. Depuis son plancher de 0,10% en septembre 2016, le rendement de l’OLO à 10 ans a déjà récupéré 80 points de base. En outre, si au pire des difficultés de la zone euro, la dette belge dont les maturités vont de 1 à 7 ans, affichait des taux négatifs, ceux-ci ne concernent plus maintenant que celles allant de 1 an (-0,506% actuellement) à 4 ans (-0,33%).

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