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Série crypto 3/4 | Quelles alternatives pour investir dans les cryptos?

Square, la société dirigée par Jack Dorsey, est fort liée aux cryptomonnaies. ©AFP

Les cryptomonnaies peuvent être investies directement ou indirectement. Des ETF liés à celles-ci existent et les cours de nombreuses sociétés cotées dépendent des devises virtuelles.

Les cryptomonnaies se sont imposées ces derniers mois comme un thème d'investissement très en vogue. En tenant compte des risques qui y sont liés, on peut s'y exposer de diverses manières.

65.000
dollars
Le bitcoin avait touché ce record en avril avant de se replier autour de 40.000 dollars.

La première et la plus évidente, mais pas la plus simple ni la moins risquée, reste d'acheter directement des devises virtuelles. Des plateformes de négociation comme Bit4you en Belgique ou des courtiers basés à l’étranger comme eToro ou Bux permettent d'acheter du bitcoin et d'autres cryptomonnaies. Mais il ne faut pas compter sur sa banque traditionnelle en Belgique pour pouvoir le faire. Car depuis 2014 déjà, les banques et courtiers basés sur le territoire ne peuvent pas proposer la commercialisation de cryptomonnaies ni de produits dérivés du bitcoin et d'autres devises virtuelles.

La forte volatilité des cryptomonnaies appelle les investisseurs à la prudence. Il faut rappeler que, depuis le sommet atteint par le bitcoin en avril à près de 65.000 dollars et les records franchis par les autres devises virtuelles comme le dogecoin ou l'ether, les cours sont fortement retombés. À titre d'exemple, le dogecoin, très populaire cette année, a chuté de 70% depuis son pic du 7 mai à 0,6848 dollar. Le bitcoin est, lui, redescendu à près de 40.000  dollars. Seules les stablecoins, comme le tether, dont la valeur est liée au dollar, ne subissent pas cette forte volatilité.

Des ETF en sursis

Les ETF, dans le cas des Van Eck, n'ont pas comme sous-jacent le bitcoin, mais des sociétés cotées liées aux cryptomonnaies.

À côté d'un investissement direct dans les cryptomonnaies, il existe d'autres possibilités plus indirectes. La première prend la forme d'ETF (fonds indiciels cotés en bourse). Leur principe s'applique pour toutes classes d'actifs: le cours de l’ETF représente une fraction du prix de l'actif sous-jacent. Toutefois, en Belgique, les courtiers ne peuvent pas faire la promotion de ces ETF liés aux cryptomonnaies, en raison de la législation en vigueur. En revanche, ils peuvent donner l'accès à des fonds et ETF en devises virtuelles. C'est le cas chez Bolero et Binck. Les investisseurs peuvent y retrouver des ETF sur le bitcoin émis par Van Eck et XBT, cotés sur diverses bourses européennes. Le fonds fermé Grayscale Bitcoin Trust, coté à Wall Street, est disponible chez Lynx.  Ce fonds ambitionne de devenir un ETF, mais la Securities and Exchange Commission (SEC), gendarme des marchés d'actions aux États-Unis, n'a pas encore donné son feu vert.

Il faut aussi savoir que ce fonds, très prisé par des investisseurs institutionnels et des banques comme Morgan Stanley, peut voir son cours varier différemment de celui du bitcoin, et afficher une décote ou une prime par rapport à la devise virtuelle. Quant aux ETF, dans le cas des Van Eck, ils n'ont pas comme sous-jacent le bitcoin ou d'autres cryptomonnaies, mais des sociétés cotées qui y sont indirectement liées, comme Coinbase. Van Eck attend aussi un accord de la SEC pour commercialiser son premier ETF en bitcoins.

Cependant, les ETF et les fonds en cryptomonnaies ont été interdits aux investisseurs particuliers par l'autorité des marchés britanniques, arguant que trop de fraudes ont été commises, que ces produits sont soumis à trop de volatilité et que les investisseurs ne disposent pas des connaissances suffisantes pour pouvoir y investir. Les autres autorités européennes pourraient suivre l'exemple britannique, ont souligné plusieurs courtiers.

La voie des actions cotées

Les actions de sociétés cotées liées aux cryptomonnaies peuvent aussi servir d'investissement indirect dans les devises virtuelles. Leur évolution est fortement dépendante de celle des cryptomonnaies, à l'image de Coinbase , une plateforme américaine de négociation de devises virtuelles. Introduite en bourse en avril, au moment où le bitcoin a touché un sommet, la société a vu son cours plonger de concert avec la chute de la devise virtuelle. Elle évolue actuellement sous son prix d'introduction à 250 dollars. Safello , une plateforme suédoise de négoce de cryptomonnaies, cote aussi sous son prix d'introduction de 13,50 couronnes suédoises, datant du 16 avril.

Aux États-Unis, Sos, Silvergate Capital, WiseKey, Bit Digital et Marathon digital ont tous connu la même évolution que celle des cryptomonnaies ces dernières semaines. En Europe, Argo Blockchain, Northern data, On-line Blockchain et Arcane Crypto n'ont pas échappé à la tendance. Toutes ces sociétés sont actives soit dans les blockchains (la technologie de stockage et de transmission d'informations sans organe de contrôle sur laquelle se basent les monnaies virtuelles), soit dans le minage de cryptomonnaies (Argo Blockchain et Bit Digital).

Square a investi 220 millions de dollars dans le bitcoin et s'apprête à lancer une plateforme permettant aux développeurs de créer des projets DeFi.

La société d'analyse de données MicroStrategy est aussi liée aux cryptomonnaies, à cause de l'achat de plus de 100.000 bitcoins jusqu'à présent. Le 7 juin, le cours de l'action de la société avait notamment chuté, car elle avait annoncé avoir émis 500 millions de dollars d'obligations libellées "junk" (notée BBB-) pour pouvoir acheter 13.005 bitcoins.

Tesla fait aussi partie des valeurs liées aux cryptomonnaies, car le fabricant d'automobiles électriques a investi 1 milliard de dollars de son cash en bitcoins. Malgré les propos négatifs de son fondateur, Elon Musk, sur le bilan environnemental du bitcoin, la société ne s'est pas départie, jusqu'à présent, de cette part de cash détenue dans la devise virtuelle. Toutefois, depuis son pic atteint le 26 janvier à 883,04 dollars, l'action n'a cessé de chuter, plombée davantage par les inquiétudes des investisseurs autour du ralentissement des ventes de véhicules de la société que par son exposition au bitcoin.

Square , une société spécialisée dans les paiements numériques et dirigée par le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, tombe aussi dans la liste des sociétés liées aux cryptomonnaies. Elle a également investi 220 millions de dollars dans le bitcoin et elle se prépare à lancer une plateforme permettant aux développeurs de créer des projets de finance décentralisée (DeFi) autour de la devise virtuelle. Elle est aussi en train de fabriquer un portefeuille à bitcoins, qui consiste en un appareil permettant d'empocher ses cryptomonnaies sur un support physique et sécurisé.

La liste des sociétés cotées qui sont liées aux cryptomonnaies est longue. On pourrait aussi citer Mastercard et Paypal, qui facilitent les paiements en devises virtuelles; Nvidia, qui fournit des puces informatiques pour les sociétés de minage;  ou Bank of New York Mellon, qui permet un service intégré pour les actifs numériques de sa clientèle. Goldman Sachs a d'ailleurs placé ces sociétés dans sa liste de compagnies liées aux cryptomonnaies à surveiller cette année, aux côtés de Square et Coinbase.

En tous les cas, investir de manière directe ou indirecte dans les cryptomonnaies présente une série de risques, à bien prendre en compte par les investisseurs.

Série | Plongée dans la cryptosphère

Le résumé

  • Investir dans les cryptomonnaies peut se faire directement en achetant des devises virtuelles sur des plateformes spécialisées.
  • Il existe aussi des manières indirectes, à commencer par les ETF liés aux cryptomonnaies. Mais ces fonds indiciels cotés en bourse sont dans le collimateur des régulateurs.
  • Les sociétés cotées comme Coinbase ou Square sont une autre manière d'investir dans les devises virtuelles.

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