chronique

Quelques conseils et adages boursiers en ce début d'année

Rédacteur en chef-adjoint

Ceci, alors que l’indice Dow Jones de la Bourse de New York a progressé de 7,5% en 2014. Depuis les plus bas enregistrés en 2009, la hausse atteint 175%. Et le cap des 20.000 points n’est désormais plus très éloigné. Merci Tina!

Voici un an exactement, dans cette même rubrique, j’écrivais que certains experts rêvaient d’un indice Dow Jones à 20.000 points à la Bourse de New York, en 2014 ou un peu plus tard.

Eh bien ce rêve est en passe de se réaliser. Après avoir franchi récemment les 18.000 points (même s’il a terminé l’année en dessous de ce niveau et débuté 2015 de manière très inégale), le Dow Jones n’est plus qu’à 11% environ de ce seuil historique des 20.000. Et que pèsent ces petits 11% par rapport aux 175% déjà engrangés depuis les plus bas de mars 2009?

Oui, il y a bien quelque chose de "magique" aux Etats-Unis: ce pragmatisme économique, cette religion de l’innovation, cette foi bien ancrée dans l’avenir des entreprises américaines, cette croyance dans la capacité de rebond de l’économie (+5% lors du troisième trimestre!).

Seule la Federal Reserve américaine pourrait éventuellement gâcher la fête. Car, cette fois, il faut bien s’y résoudre, les taux d’intérêt vont être relevés. Sans doute vers la mi-2015. Mais parole de Janet Yellen, la Fed sera "patiente" avant de remonter ses taux directeurs, actuellement coincés à des niveaux planchers (dans une fourchette entre 0% et 0,25%).

Pas question de répéter le sombre épisode de 1994. À l’époque, la Fed avait relevé ses taux pour la première fois en cinq ans. Mais elle avait pris les marchés par surprise, en agissant à six reprises en l’espace de dix mois seulement. Ce qui avait provoqué des secousses sur les marchés d’actions, mais aussi un krach obligataire retentissant, puisque le taux américain à 10 ans avait bondi de 5,8% à 7,8%.

Seule la Federal Reserve américaine semble en mesure de gâcher la fête en Bourse.

Ceux qui se souviennent de ce krach affirment que la situation est très différente aujourd’hui. Car même si les taux devaient progresser d’un pour-cent, ils resteraient à des niveaux toujours très faibles.

Alors que l’année vient de débuter, voici donc 5 conseils ou adages boursiers à méditer.

1. "Don’t fight the Fed". C’est la Réserve fédérale qui, dans une très large mesure, écrit le scénario de la Bourse. Inutile d’aller à contre-courant de ses décisions. Quand la Fed laisse entendre que les taux vont monter, c’est peut-être le moment de mettre à l’abri une partie au moins de ses bénéfices.

Variante européenne: "Don’t fight the ECB". Et ici, la BCE n’est pas près de remonter ses taux d’intérêt, vu le contexte de déflation et de croissance anémique.

2. Méfiez-vous du consensus trop parfait. Actuellement, le marché parie unanimement sur une poursuite de la hausse du dollar et de la baisse de l’euro. Oui, c’est un scénario qui apparaît comme logique, vu le chemin divergent des deux économies et des taux d’intérêt.

Mais ce scénario n’est-il pas précisément trop évident? Le pari semble bien trop facile pour les "traders" et donc susceptible de dérailler dans l’hypothèse du moindre événement imprévu.

3. "Never catch a falling knife". Ne jamais tenter d’intercepter un couteau dans sa chute, car cela peut faire très mal. En d’autres mots, il est vain de vouloir jouer contre le marché. Si une valeur chute brusquement, n’essayez pas de l’attraper au vol, mais attendez qu’elle ait touché le fond, pour éventuellement acheter à bon compte.

4. Ne jamais oublier les conseils de l’Oncle Warren… Warren Buffett, le gestionnaire de Berkshire Hathaway, est devenu milliardaire grâce à sa gestion de bon père de famille axée sur le long terme. Investissez dans ce que vous connaissez et concentrez-vous sur les sociétés bien gérées et valorisées de manière attractive.

Buffett compare les actions à des… chaussettes. "Whether we’re talking about socks or stocks, I like buying quality merchandise when it is marked down." Ce qui prime quand on achète des actions ou des chaussettes, c’est toujours la qualité de la marchandise. Et si la qualité est bonne, autant en profiter si les prix sont à la baisse.

5. Et ceux de Peter Lynch… "Far more money has been lost by investors preparing for corrections, than has been lost in corrections themselves." On perd davantage d’argent en se préparant à une correction boursière et en sortant trop tôt du marché que lors des corrections elles-mêmes.

Les six dernières années de hausse boursière, sans correction majeure à Wall Street, donnent amplement raison à l’investisseur de légende de Fidelity Investments.

Ceux qui clamaient que le marché boursier devenait surévalué s’en mordent les doigts. L’indice Standard and Poor’s 500, plus large que le Dow Jones, a même triplé depuis 2009! Merci Tina, la grande protectrice boursière. Le "There is no alternative" reste toujours d’actualité: la Bourse demeure attrayante, vue la faiblesse des taux d’intérêt. Ce ne sont pas les investisseurs belges, qui ont fait bondir le Bel 20 de 12,4% l’an dernier, qui diront le contraire.

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