Qui sera le plus touché à Wall Street par les hausses d'impôts de Joe Biden?

Les valeurs de la "tech" américaine seraient les plus touchées par la réforme fiscale voulue par l'administration Biden, au vu de leur forte exposition à la fiscalité internationale. ©AFP

Le plan de taxation des entreprises voulu par le président Biden va affecter les titres cotés à Wall Street. Goldman estime l'impact à 9% pour les sociétés du S&P 500.

À Wall Street, les analystes sont en train de calculer l'impact des changements fiscaux voulus par l'administration Biden. Le projet d'instauration d'un taux minimum mondial pour l'imposition des sociétés et le relèvement le taux de l'impôt sur les sociétés à 28% (contre 21% actuellement) vont logiquement peser sur les grands noms de la cote.

La réforme va aussi chambouler les habitudes de champions internationaux passés maîtres dans l'optimisation fiscale. À ce sujet, le plan Biden évoque tout simplement la possibilité de supprimer certaines déductions associées aux bénéfices réalisés à l'étranger.

55
entreprises américaines
Quelque 55 entreprises, dont Salesforce, Nike et Fedex, ont déclaré n'avoir payé aucun impôt fédéral sur le revenu en 2020, selon un rapport du bureau spécialisé en fiscalité ITEP.

Une relance coûteuse

La nouvelle taxation proposée par l'administration de Joe Biden est diamétralement opposée à la politique fiscale de son prédécesseur, Donald Trump. Et elle préoccupe de nombreux suiveurs qui estiment que la relance américaine pourrait rapidement devenir très coûteuse.

Selon les calculs de Goldman Sachs, la fiscalité sauce Biden risque de faire reculer le bénéfice par action des sociétés du S&P 500 de 9% l'an prochain.

Les techs, premières touchées

Les valeurs de la "tech" américaine, affectées depuis le début de l'année par la hausse des rendements obligataires, seraient les plus touchées, au vu de leur forte exposition à la fiscalité internationale.

L'industrie pharmaceutique attend de savoir si le prélèvement fiscal à venir touchera également au domaine des brevets.

À l'inverse, les valeurs de l'énergie et le compartiment industriel seraient les plus épargnés.

Le secteur pharma est aussi directement concerné par le plan Biden. La note pourrait même être plus salée pour les Pfizer, Merck ou encore Johnson & Johnson, de même que pour les biotechs cotées à Wall Street.

La propriété intellectuelle dans le viseur

L'industrie pharmaceutique attend de savoir si le prélèvement fiscal à venir touchera également au domaine des brevets, et plus particulièrement les revenus tirés d'actifs logés dans les "patent boxes". Ce système d'exonération fiscale proposé par certains pays européens permet aux multinationales américaines de réduire leur taux d'imposition sur leur propriété intellectuelle. Un domaine d'où les entreprises technologiques et le secteur pharma tirent une grande partie de leurs bénéfices.

Mais au-delà des secteurs, c'est le rayon d'action des sociétés qui pourrait faire pencher la balance dans un sens ou l'autre. Avec la réforme de Trump en 2017, les GAFA et les grandes valeurs US présentes à l'étranger ont pu fortement réduire leur assiette fiscale aux États-Unis. Quelque 55 entreprises, dont Salesforce, Nike et Fedex, ont même déclaré n'avoir payé aucun impôt fédéral sur le revenu en 2020, selon un rapport du bureau spécialisé en fiscalité ITEP, publié au début du mois.

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