Record de semaines positives d'affilée du Bel 20 depuis 1998

L'indice Bel 20 affiche onze semaines haussières consécutives, du jamais vu depuis la fin du mois d'avril 1998. ©BELGA

L'espoir d'une reprise robuste est réapparu, après des craintes sur l'inflation. Le bilan hebdomadaire reste néanmoins négatif en Europe. Sauf à Bruxelles!

Les investisseurs ont soufflé le chaud et le froid cette semaine. Jusqu'à mercredi, jour où les craintes ont culminé avec la publication de chiffres de l'inflation supérieurs aux attentes aux États-Unis, les marchés d'actions ont été nettement orientés à la baisse avant de réduire leurs pertes à partir de jeudi grâce à des signes de robustesse de la reprise économique et la perspective d'un possible ralentissement de la hausse des prix.

Mais en conclusion de ces cinq séances boursières, la tendance négative l'a emporté en Europe: l'indice Stoxx 600 des grandes capitalisations européennes a perdu 0,54%.

Série record du Bel 20!

Mais il faut aussi souligner un autre fait notable qui retiendra l'attention des investisseurs belges: le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles a mieux résisté que la plupart des autres indices nationaux. En gagnant 0,55% en cinq jours, l'indice belge a même atteint le nombre remarquable de 11 semaines positives d'affilée, ce qui constitue la plus longue série de hausses hebdomadaires consécutives de l'indice vedette du marché boursier belge depuis la fin du mois d'avril... 1998!

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Hausses hebdomadaires du Bel 20
L'indice vedette de la Bourse de Bruxelles a enregistré 11 hausses consécutives, du jamais vu depuis 23 ans!

Pour se distinguer de la sorte en Europe durant la huitaine écoulée, le Bel 20 a pu compter sur son poids lourd KBC , qui a pris 3,23% depuis lundi. Les résultats trimestriels supérieurs aux attentes du groupe bancaire ont plu aux investisseurs et la réitération de son intention de verser un dividende spécial de 2 euros en fin d'année les a ravis.

Ageas a également soutenu l'indice phare de la Bourse de Bruxelles en grimpant de 2,68% cette semaine. Une bonne part de cette progression a été enregistrée mercredi après l'annonce d'une révision à la hausse des prévisions de bénéfice de l'assureur. Celui-ci en a profité, lui aussi, pour maintenir son intention de distribuer un dividende, dans le respect de ce que les régulateurs prescriront.

Semi-conducteurs: opportunité?

La résistance du Bel 20 durant cette semaine a une explication: dans sa composition figurent très peu de valeurs technologiques, secteur qui a été délaissé ces derniers jours à cause des craintes liées à l'inflation et à une possible montée des taux d'intérêt, scénario particulièrement négatif pour les technos. Dans l'indice belge, on trouve pourtant bien Melexis , qui a tout de même perdu 5,68% en cinq jours dans le sillage de l'ensemble du secteur technologique européen (-3,25%), mais la société yproise ne pèse que 1,4% dans la pondération du Bel 20.

Certains analystes estiment que la mauvaise passe actuelle des actions des producteurs de semi-conducteurs pourrait constituer une opportunité d'achat pour les investisseurs qui visent le long terme.

Ailleurs en Europe, les valeurs technologiques ont freiné la plupart des indices boursiers. Le sous-secteur des semi-conducteurs a particulièrement souffert. À titre d'exemple, l'action de la société néerlandaise ASM International a plongé de 12,05% en cinq jours. D'après les données de Bloomberg, les investisseurs du marché des options sont en train de parier sur une baisse encore plus prononcée de ce compartiment qui est traditionnellement un indicateur avancé de la tendance de l'ensemble du marché. Certains analystes estiment que la mauvaise passe actuelle des actions des producteurs de semi-conducteurs pourrait constituer une opportunité d'achat pour les investisseurs qui visent le long terme, compte tenu des perspectives indéniables de ce secteur à cause de la transition numérique qui est appelée à accélérer.

Repli des prix des métaux

Mais les valeurs technologiques ne sont pas le pire secteur en bourse cette semaine: c'est celui des voyages et du tourisme , qui a reculé de 6,68% selon l'indice Stoxx européen de référence. Les investisseurs s'inquiètent au sujet de la propagation des variants du coronavirus. Au Royaume-Uni, les autorités ont dit "ne pas pouvoir exclure de réimposer des restrictions aux niveaux local ou régional".

Les cours des métaux de base ont battu en retraite à cause de velléités de contrôle des prix des matières premières en Chine.

Le troisième secteur le plus mal en point cette semaine est celui des matières premières , dont l'indice a cédé 2,62%. Les cours des métaux de base ont battu en retraite à partir de jeudi, dans la foulée du repli du prix du minerai de fer, à cause de velléités de contrôle des prix des matières premières en Chine. Le Premier ministre chinois a réclamé des mesures en ce sens. À Tangshan, la capitale de l'acier chinois, les autorités locales ont contraint les producteurs à contrôler la montée des prix. Tout ceci a aussi contribué à un apaisement des inquiétudes au sujet de l'inflation, ce qui explique qu'en bourse, la semaine s'est terminée bien mieux qu'elle n'avait débuté.

C'est aussi le cas sur le marché obligataire où, après avoir culminé à 1,69% mercredi, le taux américain à dix ans s'est tassé à 1,63% vendredi. Soupirs de soulagement...

Le résumé

  • Malgré un retour au calme depuis jeudi, le bilan hebdomadaire des marchés européens est négatif.
  • Le Bel 20 a évolué contre la tendance grâce notamment à KBC et a gagné 0,55%. Il s'agit de sa onzième semaine consécutive de hausse, un record en 23 ans.
  • Les valeurs technologiques affichent d'une des plus nettes baisses de la semaine (-3,25%) à cause des craintes sur l'inflation.
  • Le secteur des matières premières a quant à lui reculé de 2,62% à cause des inquiétudes sur les variants du coronavirus.

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