Remontée des rendements obligataires après le flop de l'émission allemande à 30 ans

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Les marchés obligataires sont-ils occupés à changer de cap? Il est évidemment trop tôt pour le dire.

Il reste que le phénomène n’a pas échappé aux investisseurs les plus futés. Depuis l’émission ratée de l’obligation à 30 ans avec un coupon zéro, mercredi en Allemagne, les rendements obligataires dans la zone euro sont orientés à la hausse. Ceux à 30 ans, mais également ceux à 10 ans. L’OLO belge à 10 ans est passé de - 0,36% à - 0,30%. Celui du Bund de même maturité de - 0,69% à - 0,67%.

Ce mouvement reste bien entendu à confirmer. Mais le marché donne cette impression que le jeu des rendements négatifs a atteint ses limites. L’Allemagne espérait lever des fonds pour un montant de 2 milliards d’euros. Elle n’a reçu des offres que pour 824 millions d’euros, laissant le solde dans les mains de la Bundesbank. Émis à un cours de 103%, ce papier a fait ressortir un rendement annuel négatif de 0,11% jusqu’en 2050.

L’échec de cette émission laisse penser que les investisseurs institutionnels ne sont pas disposés à "avaler" indéfiniment de la dette à taux négatif. Surtout pour un terme de 30 ans. Après être descendu à - 0,17%, le rendement du Bund à 30 ans allemand est revenu à - 0,09% vendredi après-midi. Avant de redescendre à à -0,12% après la réaction de Trump aux mesures chinoises. La Chine a décidé de relever des droits de douane sur environ 75 milliards de dollars de produits américains importés.

Par ailleurs, même si elle a malgré tout été limitée, la remontée des rendements des obligations ces derniers jours a quelque chose de surprenant dans la mesure où elle intervient à quelques semaines d’une nouvelle détente monétaire, considérée comme quasi acquise aux Etats-Unis et dans la zone euro. De telles perspectives font d’ordinaire baisser les rendements obligataires.

Le coup de colère de Donald Trump à l’encontre de la Chine permet à l’or de progresser pour la 4e semaine de suite.

Des stats économiques toujours décevantes

Tout aussi frappant, la publication d’indicateurs économiques guère reluisants des deux côtés de l’Atlantique n’a pas empêché la hausse de ces rendements obligataires. Pas même le PMI flash de l’activité manufacturière dévoilé jeudi aux USA.

Cette statistique est tombée pour la première fois depuis 2009 sous la barre des 50 points (49,9) ramenant un moment le rendement du bon du Trésor US à 2 ans au-dessus de celui à 10 ans pour la seconde fois en moins de 10 jours.

Un indice PMI inférieur à 50 signifie que l’activité est en contraction. Lors de son discours à Jackson Hole, Jerome Powell, le président de la Fed, a réitéré "l’objectif de la banque centrale d’agir pour soutenir la plus longue expansion de l’économie des Etats-Unis".

Le Stoxx 600 en hausse

Autre observation encore, la reprise des rendements obligataires n’a pas constitué un obstacle pour les marchés boursiers. Du moins, jusqu’avant les tweets balancés par Donald Trump suite aux décisions prises par la Chine. À la suite de ces tweets, Wall Street a replongé vendredi effaçant alors les gains engrangés précédemment. L’indice S&P 500 affichait, à vendredi 19h, un repli hebdomadaire de 0,5% à 2.873 points. En Europe, le Stoxx 600 qui avait perdu 5,3% au cours des trois semaines précédentes, a réussi à conserver un gain de 0,47% à 371,36 points.

Si les valeurs cycliques ont beaucoup compté dans la hausse des indices boursiers, l’annonce chinoise, vendredi en début d’après-midi, a néanmoins confisqué une partie de leur avance. Cette annonce nous rappelle une fois de plus que les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis sont loin d’arriver à leur terme, contrairement à ce qu’affirme le président américain Donald Trump. Et qu’elles continueront à impacter défavorablement les marchés à intervalles réguliers. À Jackson Hole, Jerome Powell a indiqué sur ce point que "la Fed n’avait pas de mode d’emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales".

Fermées pour la plupart d’entre elles au moment de l’annonce de la Chine, les places boursières des régions émergentes n’ont pas été en mesure de réagir. Sur la semaine, l’indice MSCI des actions émergentes a regagné quelques fractions. À Shanghai, la Bourse avait rebondi de 2,6% sur la semaine.

Sur les autres marchés, le yuan a atteint un nouveau plus haut depuis 11 ans à 7,086 pour un dollar. L’euro a gagné 0,5% à 1,1145 dollar, tandis que la livre sterling a pris 0,4% à 1,10 euro. Sur le coup de colère de Donald Trump vendredi en fin de journée à l’encontre de la Chine, l’once d’or enregistre sa 4e semaine de hausse d’affilée (+ 0,8% à 1.526 dollars).

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