Renault sous des rumeurs de fusion

©Reuters

Trois semaines après Reuters, Bloomberg indique que Nissan pourrait fusionner avec Renault. Mais aucune annonce officielle n’a encore été faite.

Le titre Renault signe la meilleure progression des Bourses européennes ce jeudi avec un gain de plus de 6%. Trois semaines après l’agence de presse Reuters, Bloomberg annonce que Nissan et le constructeur automobile français pourraient fusionner. Mais les deux groupes n’ont pas confirmé l’information. Renault, dont l’Etat français est actionnaire à 15 %, détient actuellement 43% de Nissan, lequel possède 15% du groupe français.

Reuters indique que le gouvernement français a récemment affirmé à des représentants du PDG de Renault, Carlos Ghosn, être prêt à sortir du capital de l’entreprise ou à céder sa participation dans le cadre d’une fusion qui garantirait les intérêts hexagonaux. Mais le président Emmanuel Macron pourrait freiner cette sortie car son gouvernement se trouve actuellement sous le feu des critiques pour avoir autorisé le rachat d’Alstom par une société étrangère. Le gouvernement japonais détient lui aussi une part du capital de Nissan, et pourrait s’opposer à un rapprochement avec Renault.

"Pour concurrencer Toyota, Renault-Nissan et Mitsubishi doivent s’allier."
Janet Lewis
analyste chez Macquarie

Selon Bloomberg, les deux constructeurs automobiles discuteraient d’une transaction où les actionnaires des deux sociétés recevraient des actions d’une nouvelle entreprise. Celle-ci pourrait être basée soit à Londres soit aux Pays-Bas tout en conservant un siège à Paris et à Tokyo.

Une alliance renforcée

Carlos Ghosn avait indiqué en février que son groupe voulait renforcer son alliance avec Nissan, en insistant sur le fait que les deux sociétés voulaient trouver un plan pour "rendre l’alliance irréversible". Les deux constructeurs automobiles cherchent à doubler leurs synergies à 10 milliards d’euros entre 2016 et 2022.

En outre, en avril, le constructeur automobile japonais Mitsubishi Motors viendra rejoindre cette alliance grâce à une opération de rachats de titres.

L’alliance prévoit la vente de 14 millions de véhicules d’ici 2022, contre 10,6 millions l’année dernière. À titre de comparaison, Volkswagen a vendu 10,7 millions de voitures l’année dernière, et Toyota 10,4 millions.

"La taille est importante pour le secteur automobile, estime Janet Lewis, une analyste chez Macquarie. Pour concurrencer Toyota, Renault-Nissan et Mitsubishi doivent s’allier en un seul groupe."

Le titre Renault a pris plus de 17% depuis le début de l’année, alors que le Stoxx 600 a perdu plus de 4% sur la même période. Chez United First, l’analyste Stéphane Mardel estime que l’action est sous-valorisée par rapport à ses concurrents, et s’attend à une année 2018 de très bonne facture pour le constructeur automobile.

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