Richard Branson fait entrer une coquille vide à Wall Street

Au centre, Richard Branson lors de l'IPO de Virgin Galactic à la Bourse de New York en octobre 2019. ©AFP

Le milliardaire britannique veut profiter de l'engouement des nouveaux investisseurs pour introduire en bourse une société sans activité opérationnelle. Mais que va-t-il chercher à Wall Street?

La chasse est ouverte pour Richard Branson. Le magnat, mondialement connu grâce à son groupe polymorphe Virgin, a déposé auprès de l'autorité des marchés US une demande d'introduction en bourse pour VG Acquisition.

Derrière ce nom, rien. Du moins pour le moment. Il s'agit d'une Spac qui ne produit encore aucun objet, ne propose aucun service ou ne détient aucun actif.

"Nous recherchons une entreprise qui opère dans l’un des principaux secteurs du Groupe Virgin."
Le prospectus de VG Acquisition

Richard Branson prévoit de vendre 40 millions de titres. Il veut faire entrer sa coquille vide au prix de 10 dollars l'action, ce qui pourrait valoriser la chose à 400 millions de dollars.

Les documents accompagnant cette entrée en bourse signalent tout de même que Richard Branson ne revient pas sur les marchés la fleur au fusil. L'homme qui contrôle plus de 40 entreprises estampillées Virgin s'est entouré de John Bayliss et d'Evan Lovell, respectivement CEO et CFO de Virgin Group. Une équipe sérieuse.

Et le trio ne cache pas ses ambitions: "Nous recherchons une entreprise qui opère dans l’un des principaux secteurs du Groupe Virgin : les voyages, les services financiers, le bien-être, la technologie, la musique, les médias et les énergies renouvelables", peut-on lire dans le prospectus déposé auprès de la SEC. Branson n'exclut d'ailleurs pas de faire ses emplettes en Europe. La chasse est donc ouverte.

Les Spac en vogue

Spac, c'est l'acronyme de "Special Purpose Acquisition Company". Il s'agit de sociétés cotées en bourse et qui ne développent dans un premier temps aucune activité. Leur but est de récolter des fonds en prévision d'une acquisition qui accédera ainsi de facto aux marchés financiers. La Spac s'attribue alors le nom et l'histoire de sa proie.

Ce type d'IPO a le vent en poupe actuellement sur les marchés américains. C'est souvent "la voie rapide" pour être coté en bourse. Mais, les investisseurs ne soutiennent pas un projet particulier. Ils mettent plutôt leurs billes dans une simple "promesse".

Parmi les exemples les plus retentissants de ces derniers mois, on retrouve notamment Pershing Square Tontine Holdings, la coquille vide du milliardaire Bill Ackman. Elle a levé 4 milliards de dollars, un record pour ce type de société. Nikola, le constructeur de camions électriques qui secoue actuellement Wall Street fait également partie du bataillon de Spac ayant éclot à la Bourse de New York.

Au total, les Spac ont gonflé de plus de 25 milliards de dollars en 2020, soit plus de 20% de toutes les introductions en bourse sur les marchés US.

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