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Robinhood, victime collatérale de la GameStop mania

Robinhood a annoncé jeudi avoir imposé des limitations sur les échanges d'"environ 13 valeurs", dont GameStop et AMC Entertainment. ©AFP

Robinhood fait l'objet de vives critiques après avoir décidé de limiter les transactions sur certaines valeurs, comme GameStop, au cœur d'une bataille entre investisseurs particuliers et vendeurs à découvert.

La très populaire application Robinhood a annoncé jeudi avoir imposé des limitations sur les échanges d'"environ 13 valeurs", dont GameStop, mais aussi AMC Entertainment, pour protéger sa société et ses clients contre une volatilité excessive.

1milliard
de dollars
Robinhood a levé en urgence 1 milliard de dollars auprès d'investisseurs pour remplir ses obligations.

Dans la foulée, les valeurs ont chuté en bourse avant de réduire leurs pertes quand le patron de Robinhood, Vlad Tenev, a fait savoir que les restrictions pourraient être levées ce vendredi. L'action GameStop, qui avait chuté de 44% jeudi, est repartie de plus belle dans les échanges avant-bourse, affichant une hausse de plus de 100%.

Vlad Tenev a également déclaré que Robinhood avait levé en urgence 1 milliard de dollars auprès de ses investisseurs existants et tiré des lignes de crédit auprès d'un consortium de banques emmené par JPMorgan et comprenant Goldman Sachs, Morgan Stanley, Barclays et Wells Fargo. Des mesures visant à remplir ses obligations.

Robinhood est tenu, en effet, de déposer des fonds en garantie auprès des chambres de compensation afin de prévenir tout risque de défauts. Vu le nombre astronomique de transactions autour de valeurs comme GameStop, les montants dont disposait le courtier en ligne n'étaient visiblement plus suffisants.

Volée de critiques

Les restrictions annoncées en conséquence par Robinhood lui ont valu une volée de critiques sur les réseaux sociaux, venant, notamment, d'artistes de rap ou de personnalités politiques l'accusant de pénaliser les petits porteurs au profit des investisseurs plus riches.

"C'est inacceptable", a ainsi tweeté la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez. "Nous devons maintenant en savoir davantage sur la décision de Robinhood d'empêcher les investisseurs particuliers d'acheter des actions alors que les fonds spéculatifs y ont librement accès."

Vlad Tenev a défendu, pour sa part, les mesures prises par Robinhood. "Nous comprenons que nos clients soient contrariés, nous faisons notre possible pour autoriser à nouveau l'achat sur ces titres", a-t-il déclaré sur CBNC. "Nous voulons être clairs dans notre communication et je reconnais que nous aurions dû réagir un peu plus rapidement."

"Nous comprenons que nos clients soient contrariés, nous faisons notre possible pour autoriser à nouveau l'achat sur ces titres"
Vlad Tenev
CEO de Robinhood

Déclenchée à Wall Street, la bataille boursière, qui oppose depuis plusieurs jours une coalition d'investisseurs individuels à des fonds spéculatifs, a gagné les marchés asiatiques et européens, poussant certains à réclamer une intervention des autorités financières.

À l'origine de ce bras de fer se trouve une vague d'achats qui a obligé des investisseurs institutionnels spécialisés dans la vente à découvert (l'emprunt de titres pour tabler sur leur baisse et les payer ultérieurement à un prix réduit) à solder leurs positions, voire à vendre d'autres actions pour couvrir leurs pertes.

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