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Sale temps pour le renouvelable en bourse

Vestas a dû réduire ses perspectives pour 2021. Les groupes pétroliers qui se convertissent à l'énergie durable font de l'ombre aux grands noms du secteur.

Alors que la planète va avoir plus que jamais besoin des énergies renouvelables, compte tenu des derniers chiffres inquiétants sur l'évolution du climat, les producteurs d'éoliennes et autres systèmes durables sont à la peine. Mercredi, Vestas Wind Systems , spécialiste des éoliennes, a annoncé une baisse de son chiffre d'affaires à 5,5 milliards d'euros au premier semestre, contre 5,8 milliards d'euros un an plus tôt. Le groupe danois a avoué avoir subi un impact négatif dû aux problèmes de sa chaîne d'approvisionnement. La forte reprise économique après la récession liée à la crise sanitaire perturbe l'acheminement des matériaux partout dans le monde.

+87%
Hausse du prix de l'acier
Depuis le début de l'année, le prix de l'acier a bondi de 87%. Cet alliage représente 84% du poids d'une éolienne.

Vestas a été contraint de réduire ses perspectives pour l'ensemble de l'année: il table désormais sur des revenus allant de 15,5 à 16,5 milliards d'euros, contre une fourchette allant de 16 à 17 milliards auparavant. Le groupe éolien justifie cette dégradation par les problèmes d'approvisionnement, mais aussi les restrictions dues à la pandémie et la hausse des prix des matières premières. Selon l'agence Bloomberg, le prix de l'acier a augmenté de 87% cette année, cet alliage métallique étant le plus important matériau pour un producteur comme Vestas, car il pèse 84% du poids d'une éolienne.

Concurrence des pétroliers

En bourse, l'action Vestas a perdu jusqu'à 7,65% en début de séance à la Bourse de Copenhague, avant de réduire progressivement ses pertes et de quasiment les effacer peu après 10h. Les investisseurs ont noté que le groupe danois avait nettement réduit ses coûts au premier semestre, ce qui lui a permis de revenir aux bénéfices après la perte subie durant les six premiers mois de 2020. Mais le titre Vestas n'en mène pas large sur une plus longue période: depuis le début de cette année, il perd environ 15%.

Et il en va d'ailleurs de même pour l'ensemble du secteur des énergies renouvelables. Et pour cause: celui-ci est confronté à une concurrence croissante des grands groupes pétroliers qui ont choisi de se réorienter progressivement vers des activités plus durables, sous la pression des autorités qui veulent limiter les émissions polluantes et de l'opinion publique qui se mobilise de plus en plus pour la préservation de la planète.

On estime à plus 75.000 milliards d'euros les investissements nécessaires dans le renouvelable pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Des géants comme TotalEnergies et BP se sont lancés dans l'acquisition d'actifs énergétiques verts, ce qui tire les prix de ceux-ci à la hausse. Cette tendance provoque un rétrécissement des marges bénéficiaires des groupes actifs de longue date dans ce secteur. Une situation préoccupante alors qu'on estime à plus de 90.000 milliards de dollars (plus de 75.000 milliards d'euros) les investissements nécessaires dans l'énergie renouvelable pour atteindre les objectifs de neutralité carbone en 2050.

Valorisations plus intéressantes

En Europe, le secteur de l'énergie affiche l'une des moins bonnes performances boursières depuis le début de l'année. Alors que l'ensemble du marché grimpe de plus de 18% depuis janvier, il doit se contenter d'une progression de moins de 9%. Et encore, ce gain est principalement à mettre à l'actif des groupes pétroliers. Le sous-secteur qui tire le compartiment énergétique à la baisse est bel et bien celui des énergies renouvelables.

Le finlandais Neste , spécialiste du biodiesel, affiche une baisse de 13% depuis le début de cette année à la Bourse d'Helsinki. L'espagnol Siemens Gamesa , qui produit des turbines d'éoliennes, chute de 25% sur cette période en Bourse de Madrid. L'allemand Siemens , actifs dans les centrales électriques et détenteur de 67% de Siemens Gamesa, se replie quant à lui de 20% depuis janvier en Bourse de Francfort.

-40%
Baisse d'actions du renouvelable
Les actions des groupes norvégiens Scatec et Nel, actifs dans les énergies renouvelables, plongent de plus de 40% depuis le début 2021.

À Oslo, les actions des norvégiens Scatec , actifs dans les centrales solaires, hydroélectriques et éoliennes, et Nel , spécialiste de l'hydrogène, plongent de 42% et 47% respectivement en 2021. À la Bourse de Copenhague, hormis la déprime de Vestas (-15% depuis janvier), on acte celle du spécialiste des parcs éoliens en mer Orsted , qui abandonne 25% depuis le début de l'année.

Le seul point positif est que, pour les investisseurs qui s'intéressent à ce secteur, les baisses boursières qui ont impacté celui-ci cette année ont quelque peu réduit les valorisations de ces entreprises au regard de leurs bénéfices futurs. Les actions de l'énergie durable étaient devenus particulièrement chères à cause du très fort engouement pour les actifs financiers verts.

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