Scénario idéal pour les marchés d'actions

Le mois dernier, la Chine a importé une quantité record de cuivre, métal qui fournit une bonne indication de la conjoncture économique mondiale. ©REUTERS

Taux en baisse et signes d'une forte reprise économique ont alimenté la hausse boursière cette semaine. La saison des résultats a bien débuté. Le pétrole monte.

Les actions ont progressé cette semaine, grâce à un contexte parfait alliant baisse des taux d'intérêt et bonnes nouvelles pour l'économie. Les rendements des obligations gouvernementales américaines, qui ont tellement inquiété au premier trimestre, fondent comme la neige sous le soleil printanier. Alors que le taux des Treasuries à dix ans culminait à 1,75% à la fin du mois de mars, il est retombé cette semaine autour de 1,55%. Il s'éloigne ainsi de la zone de danger, estimée par les gestionnaires de fonds interrogés par Bank of America à 2,1%. À ce niveau, une baisse de 10% des actions risquerait de survenir, estiment ces gérants d'actifs.

"Le chiffre des ventes de détail aux États-Unis, meilleur que prévu, est un signal très fort, car les dépenses de consommation sont la clé de voûte de la croissance américaine."
Bernard Keppenne
Chef économiste de CBC

Pourquoi les taux américains se détendent-ils tout à coup à ce point? La hausse des rendements du premier trimestre a-t-elle tellement attiré les investisseurs que cette forte demande a provoqué un mouvement inverse? Ou est-ce parce que les derniers emprunts réalisés par les États-Unis sur le marché primaire ont attiré beaucoup de prêteurs? "Ou bien Jerome Powell (le président de la Fed, la Réserve fédérale, NDLR) a réussi à faire entendre aux opérateurs et investisseurs que la Fed n’allait pas mettre un terme à son programme de rachat cette année, et qu’elle allait garder ses taux inchangés pour encore une longue période", suppose Bernard Keppenne, chef économiste de CBC.

Quoi qu'il en soit, les marchés d'actions ont apprécié. Les grands indices boursiers de Wall Street étaient en progression d'environ 1% sur la semaine, vendredi en début de soirée. Cette tendance positive doit aussi beaucoup aux récents indicateurs conjoncturels. Aux États-Unis, les ventes de détail ont bondi de près de 10% le mois dernier, soit nettement plus que les quelque 6% de hausse attendus par les économistes. "Ce chiffre est évidemment un signal très fort, car les dépenses de consommation sont la clé de voûte de la croissance américaine", souligne Bernard Keppenne.

Résultats: bons débuts

D'autres statistiques ont confirmé la nette reprise en cours outre-Atlantique: les demandes hebdomadaires d'allocations de chômage sont au plus bas depuis plus d'un an, et l'activité manufacturière dans les régions de New York et Philadelphie a atteint des niveaux qui n'avaient plus été enregistrés depuis plusieurs années. Les données économiques européennes sont moins enthousiasmantes. En février, l'activité manufacturière a diminué de 1% sur un mois, a-t-on appris mercredi. Mais les investisseurs ont les yeux rivés vers l'avenir, et espèrent que la vaccination contre le coronavirus finira par soutenir l'économie européenne. En cinq jours, le Stoxx 600 des grandes capitalisations européennes a grimpé de 1,2%.

La saison des résultats qui vient de débuter devrait permettre d'y voir plus clair sur les profits à venir des entreprises.

Reste à voir si les mesures sanitaires plus strictes récemment adoptées n'entraveront pas trop la reprise économique naissante, sinon cela pourrait avoir des effets sur les futurs profits des entreprises. La saison de publication des résultats trimestriels qui débute devrait permettre d'y voir plus clair. Jusqu'à présent, les nouvelles semblent bonnes. Les résultats de LVMH ont agréablement surpris, ce qui a permis au titre de gagner 7,09% depuis lundi à la Bourse de Paris. SAP a quant à lui grimpé de 3,49% dans ce laps de temps à la Bourse de Francfort, après avoir relevé ses prévisions pour 2021. D'après Bloomberg, l'ampleur des révisions à la hausse des attentes bénéficiaires des analystes financiers pour les entreprises européennes n'a jamais été aussi élevée. La saison des résultats semble aussi bien engagée aux États-Unis. Les revenus de transactions de Bank of America et Citigroup sont apparus supérieurs aux attentes.

La Chine accélère

Mais les valeurs qui ont le plus progressé cette semaine sont celles du secteur des matières premières. En Europe, ce dernier a grimpé de 4,42% en cinq jours, grâce à la progression des cours des métaux industriels, dopés par une économie chinoise qui continue d'accélérer. En mars, la Chine a importé une quantité record de cuivre, métal dont la demande est représentative de la conjoncture mondiale.

67 $
Prix du baril de Brent
Les cours pétroliers sont repartis à la hausse cette semaine. Le prix du baril de Brent a retrouvé son niveau d'il y a près d'un mois.

À la Bourse de Bruxelles, Umicore (+3,02% depuis lundi), actif dans les métaux spécialisés, a enregistré l'une des meilleures performances de la semaine au sein du Bel 20 . L'indice belge a quant à lui pris 0,93% en cinq jours.

Enfin, le pétrole a également repris son ascension ces derniers jours. Le cours du baril de Brent est revenu à plus de 67 dollars pour la première fois en près d'un mois. Les stocks américains de brut ont baissé plus que prévu et l'Agence internationale de l'Énergie a relevé ses prévisions pour la demande mondiale.

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