analyse

Septembre démarre sous le signe de l'aversion au risque

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Si la tempête semble s’être arrêtée pour l’instant, le ciel reste chargé de nuages menaçants.

La météo des marchés financiers reste peu engageante pour les investisseurs. La problématique du commerce et des tensions entre les États-Unis et le reste du monde est toujours présente dans les esprits. "L’incertitude prédomine et pèse lourdement sur la tendance de fond", résume Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finances. La grande question est de savoir si Donald Trump va relancer les hostilités avec la Chine en décidant d’imposer des tarifs douaniers pour 200 milliards de dollars supplémentaires sur les produits chinois importés.

"Le sentiment des chefs d’entreprise s’est quelque peu assombri au cours de l’été."
Chris Williamson
Economiste en chef chez IHS Markit

Un contexte incertain qui se vérifie jusque dans les données macroéconomiques. La croissance du secteur manufacturier dans la zone euro est tombée en août à un plus bas de près de deux ans. Et si l’activité du secteur privé a par contre légèrement accéléré, les économistes craignent un ralentissement dans les prochains mois. "Le sentiment des chefs d’entreprise s’est quelque peu assombri au cours de l’été", a signalé Chris Williamson, économiste en chef chez IHS Markit.

On comprend dès lors pourquoi la tendance négative se poursuit sur les marchés européens. L’indice Stoxx 600 a par exemple perdu 2,22% cette semaine. Parmi ses sous-segments, les secteurs liés de près ou de loin au commerce ont signé les plus mauvaises performances. Le compartiment des matières premières a ainsi lâché 4,74% en cinq séances. Si les métaux sont affectés par l’aversion au risque, "nous estimons que les métaux de base ne seront pas fondamentalement affectés par le conflit commercial", précisent toutefois les analystes d’ANZ, qui jugent que la demande devrait rester robuste à moyen terme.

Détente des taux italiens

Le ministre de l’Intérieur et vice-président du Conseil Matteo Salvini a déclaré mardi que l’Italie respecterait "toutes les règles, toutes les contraintes et tous les engagements pris". ©EPA

Signalons tout de même une nouvelle positive pour les investisseurs européens: la détente des taux italiens (et par ricochet, la remontée des banques italiennes). Le mouvement a démarré suite à la publication du rapport de Fitch. L’agence de notation américaine a maintenu sa note sur l’Italie à "BBB", tout en abaissant sa perspective à "négative" contre "stable" auparavant. La réaction positive des marchés est due au fait que "seule la perspective a été abaissée, ce qui était déjà intégré dans les cours, alors que certains investisseurs s’attendaient à voir la note abaissée d’un cran", a expliqué Daniel Lenz, en charge de la stratégie des taux chez DZ Bank.

À cela s’ajoutent les commentaires rassurants des membres du gouvernement italien, distillés pendant la semaine. Le ministre de l’Intérieur et vice-président du Conseil Matteo Salvini a déclaré mardi que l’Italie respecterait "toutes les règles, toutes les contraintes et tous les engagements pris". "Nous pouvons assurer la croissance de ce pays et améliorer le sort des Italiens sans irriter ceux qui nous regardent de haut", a-t-il assuré, ajoutant: "Nous essaierons d’être bons et convaincants." Au final, les taux d’emprunt italiens ont connu leur meilleure semaine en près de trois mois. Le taux à 10 ans est retombé à 3,027% contre un plus haut annuel de 3,222% fin août.

Certains observateurs restent cependant sur leurs gardes. "Même si l’exercice budgétaire est jugé moins périlleux que prévu, nous ne retrouverons pas les taux italiens à leurs niveaux d’avant les élections. Il y aura toujours une prime de risque liée à la défiance à l’égard de ce gouvernement populiste", a souligné Eric Bourguignon, directeur général délégué de Swiss Life Asset Management France. On notera par ailleurs que l’Italie cherche à diversifier ses sources de financement. Selon Reuters, le pays prépare son premier emprunt obligataire libellé en dollar depuis huit ans. Mais d’après des spécialistes, le projet ne serait pas récent. En février, le gouvernement alors en poste avait déclaré envisager un emprunt en dollar d’ici la mi-2019.

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