Stop aux taxes en plus, dit Euronext

©Tim Dirven

L’année 2016 a été marquée par la taxe sur la spéculation. Son impact s’est fait ressentir sur les volumes de transactions dans les valeurs du BelSmall et du BelMid. Euronext Bruxelles constate que les sociétés cotées ont fait davantage appel à une augmentation de capital ou au marché de la dette. Euronext Bruxelles souhaite que Bruxelles devienne un centre financier plus concurrentiel.

La fin de la taxe sur la spéculation soulage Euronext Bruxelles. A elle seule, l'annonce, en octobre dernier, de la suppression, au 1er janvier 2017, de cette taxe a suffi à donner un coup de fouet aux volumes de transactions sur les plus petites capitalisations de la Bourse de Bruxelles, ressort-il du bilan annuel 2016 d'Euronext Bruxelles.

"Il ne faut pas de nouvelles idées pour taxer."
Vincent Van Dessel
président d’euronext Bruxelles

Au final, cette taxe sur la spéculation aura tout de même fait des ravages. Ce jeudi, Vincent Van Dessel, le président d’Euronext Bruxelles, a souligné l’impact de cette taxe implémentée en 2016 sur les plus-values générées par la détention de moins de six mois de titres, dont les actions. Le volume de transactions sur les valeurs du BelSmall, où les particuliers "font la liquidité" a chuté de 38,3% en 2016 par rapport à 2015. Sur les titres du BelMid, les volumes de transactions ont baissé de 28,7% par rapport à 2015.

Le recul est moins marqué sur les titres du Bel20 les plus négociés, où l’essentiel des transactions est effectué par des courtiers anglo-saxons. Le volume de transactions a diminué de 8,4%, à 471 milliards d’euros à la fin 2016. Les volumes de transactions sur Ageas , Solvay et UCB ont particulièrement diminué, respectivement de 15,6%, 17,5% et 13,8% par rapport à 2015. Ceux sur ABInbev n’ont baissé que de 3,7%. "La part des courtiers belges sur le marché au comptant est tombée à un plus bas historique, à 2,46% alors que les courtiers anglo-saxons ont vu leur part de marché grimper à un record à 75,81% à cause de la taxe sur la spéculation", relève Vincent Van Dessel.

Remède

Afin de mettre un frein à cette évolution, Euronext a mis en place le "best of book", un système où grâce à des teneurs de liquidité, le groupe est capable d’afficher le meilleur prix pour un titre, disponible sur son site, aux investisseurs particuliers. "Tous les courtiers belges ont souscrit au Best of Book" indique Vincent Van Dessel. Car jusqu’à présent, une partie des transactions des investisseurs particuliers transite par une plateforme concurrente à Euronext, comme Equiduct, à laquelle des courtiers comme Keytrade et Bolero sont connectés. Euronext veut donc récupérer ces volumes de transactions.

©Brecht Vanzieleghem

Vincent Van Dessel ambitionne de repositionner Bruxelles comme centre financier. Mais pour cela, il souhaite que le régime fiscal soit plus stable. "Il ne faut pas de nouvelles idées pour taxer. On arrive à un niveau de taxation où toute taxe supplémentaire ne rapporte plus rien. On a un bel exemple avec la taxe sur le tabac", insiste-t-il.

Car cette année, la taxe européenne sur les transactions pourrait voir le jour, ainsi qu’une taxation des plus-values en Belgique. Les deux taxes sont encore discutées. Mais Vincent Van Dessel craint l’impact de celles-ci, tant au niveau européen, qu’au niveau belge.

Mais l’année promet aussi des opportunités selon Vincent Van Dessel, dont le Brexit, qui pose la question du déplacement des métiers financiers de la City vers le continent.

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