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Sur les marchés, l'Europe devient un emprunteur de référence

L'Union européenne visait un emprunt de 10 milliards d'euros pour financer son programme NExtGenerationEU. Elle a finalement levé 20 milliards. ©Bloomberg

Les grands débuts de l'Union européenne sur le marché des obligations afin de constituer le tout premier budget commun sont réussis. Les taux belges ont grimpé.

Les investisseurs ont réservé un très bon accueil à la première émission d'obligations européennes destinée à financer le programme NextGenerationEU (NGEU). Alors que l'Union européenne (UE) visait un emprunt de 10 milliards d'euros ce mardi, elle a finalement pu se permettre de multiplier ce montant par deux, compte tenu du niveau très élevé des offres remises par les prêteurs, à savoir 142 milliards d'euros. Cette demande excédentaire est quasiment un record: en octobre dernier, l'UE avait attiré des offres à hauteur de 145 milliards d'euros lors d'une émission d'obligations destinée à financer son programme "Sure" visant à aider les pays à prévenir les dégâts sociaux de la crise sanitaire.

"C'est une révolution pour l'investisseur obligataire européen."
Nicolas Forest
Responsable de la gestion obligataire chez Candriam

La différence est que les aides du programme Sure sont attribuées aux États membres sous forme de prêts à taux d'intérêt réduits, tandis que l'argent emprunté ce mardi sera, en grande partie, alloué sous forme de subsides, les pays les plus affectés par la crise recevant la plus grande part du gâteau. C'est ce qui rend cette émission d'obligations inédite: pour la toute première fois, l'Europe emprunte pour se constituer un budget propre pour la relance, qui sera réparti selon des principes de solidarité et pas selon le poids économique de chaque pays européen.

"C'est une révolution pour l'investisseur obligataire européen", affirme Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam. "Avec une dette commune, l'Europe s'affiche comme un acteur de référence aux côtés des autres émetteurs souverains. Source de financement pour aider les pays qui ont en besoin, cette dette est aussi le symbole de la solidarité européenne."

Effet collatéral

Les obligations émises mardi par la Commission européenne sur le marché primaire, où on propose de la nouvelle dette aux investisseurs, arriveront à échéance dans dix ans. Selon l'agence Reuters, grâce à la forte demande des investisseurs, ces nouvelles obligations européennes ont bénéficié de très bonnes conditions de financement: elles ont été assorties d'un taux d'intérêt de 0,086%.

"La baisse des taux est un signe de confiance dans les banques centrales."
Nicolas Forest
Responsable de la gestion obligataire chez Candriam

L'exécutif européen semble avoir choisi le bon moment pour ce premier emprunt de NGEU car sur les marchés, on assiste à une baisse des rendements depuis près d'un mois. "La baisse des taux est un signe de confiance dans les banques centrales", analyse Nicolas Forest. "Le marché croit finalement que les tensions inflationnistes ne seront que transitoires", ce que les banques centrales martèlent depuis des mois. "Il n'y a donc pas d'urgence à remonter les taux directeurs." Habituellement, une hausse de l'inflation conduit les banquiers centraux à augmenter les taux directeurs pour encourager l'épargne et éviter une surchauffe de l'économie.

0,11%
Taux belge à 10 ans
Le taux d'intérêt des obligations de l'État belge arrivant à échéance dans dix ans a grimpé à 0,11%, contre 0,09% lundi, un effet de l'emprunt obligataire européen.

Le gros emprunt européen de ce mardi a néanmoins eu un effet collatéral sur les taux des obligations de plusieurs pays de la zone euro. En effet, pour participer à l'adjudication de titres européens, certains investisseurs se sont délestés de titres allemands, français ou encore belges, ce qui a fait grimper légèrement les taux d'intérêt de ces pays. Le taux belge à dix ans est passé de 0,09% lundi à 0,11% mardi. Nicolas Forest voit deux raisons à cela: "La première est positive; en cas de succès du plan de relance, la croissance et l'inflation européenne pourraient croître davantage et justifier des taux à long terme plus élevés. D'un autre côté, en cas de faillite d'un membre de cette dette, ce sont les autres États qui seraient solidaires à proportion de leur contribution".

Le résumé

  • La première émission d'obligations de l'Union européenne dans le cadre du programme NextGenerationEU a attiré des offres des investisseurs à hauteur de 142 milliards d'euros, quasiment un record.
  • La Commission européenne a ainsi pu lever 20 milliards d'euros au lieu des 10 milliards initialement prévus.
  • Pour la première fois, l'Europe se dote d'un budget commun qui financera la relance via des subsides alloués selon des principes de solidarité, pas en fonction du poids économique des pays.
  • L'emprunt européen de mardi a fait grimper légèrement les taux de plusieurs pays, dont la Belgique.

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