Triple test pour les marchés

Elections de mi-mandat mardi, réunion hautement attendue du Comité de politique monétaire de la Fed mardi et mercredi avec annonce dans la foulée, chiffres de l'emploi US vendredi. C'est d'outre-Atlantique que le ton sera donné aux marchés cette semaine. Décryptage.

Les passionnés de statistiques sont à l’œuvre à Wall Street.  Le déroulement des élections à mi-mandat aux Etats-Unis, à l’issue desquelles le parti dans l’opposition reprend souvent du poids, suscite des prévisions diverses au sujet de l’évolution de la Bourse de New York dans les mois à venir.

D’habitude, la perte d’influence du parti au pouvoir, soit à la Chambre des représentants, soit au Sénat, où même à ces deux niveaux de pouvoir, a rarement tourmenté les nuits des investisseurs. Pas plus qu’hier, cela devrait être le cas aujourd’hui, surtout que le parti républicain, réputé beaucoup plus favorable au monde des affaires que le parti des Démocrates, risque de l’emporter. Petit bémol toutefois, il est bon de rappeler que les 8 années de la présidence du Républicain Bush Jr se sont clôturées sur un bilan amer. L’indice S & P 500 y avait laissé près de 20 % de ses plumes.

Impact dopant du scrutin

Mais, revenons à nos élections de mi-parcours, et en particulier à nos stastisticiens prévisionnistes. Parmi eux, ceux de Legg Mason Capital Management, une société de fonds internationaux basée à Baltimore (USA), ont observé que les actions américaines bénéficient généralement d’un rebond durable, après les élections de mi-parcours. "Tout porte à croire qu’il en ira de même après le scrutin actuel, en dépit de la morosité qui règne sur les marchés. La profonde évolution du paysage politique et économique attendue au cours des prochains mois, devrait soutenir les actions", avancent-ils, précisant qu’"en règle générale, l’indice S & P 500 touche un plus bas une vingtaine de jours avant les élections de mi-mandat, avant d’entamer un solide rebond".

Depuis 1942, la hausse enregistrée par les actions au cours des 200 séances boursières qui suivent le scrutin s’établit en moyenne à 18,3 %. Dans trois cas seulement (1946, 2002 et 2006) cette progression a été inférieure à 10 %, alors qu’elle a été supérieure à 20 % à sept reprises.

Economie peu stimulante

En ira-t-il vraiment ainsi cette fois-ci encore? Les prévisionnistes de Legg Mason ne sont pas les seuls à le penser. D’autres doutent tout de même, alors que le secteur de l’immobilier et celui de la finance sont loin d’être retapés aux USA, et que peu osent prévoir un repli prochain du chômage, toujours collé à un plus haut depuis les années 1980. Parier, dans cet environnement, sur un rebond durable de Wall Street relève d’un exercice risqué. Et puis, il ne faut pas négliger le fait que les indices ont déjà regagné près de 11 %, au cours des mois de septembre et d’octobre, des mois réputés d’ordinaire de déprime.

"C’est vrai qu’Obama n’est pas considéré comme un président qui défend beaucoup les entreprises. Wall Street se situant plutôt à droite, une victoire républicaine serait accueillie favorablement par le marché", affirme Geert Ruysschaert, stratégiste chez BNP Paribas Fortis Private Banking. "Une hausse de Wall Street après ces élections est de l’ordre du possible. Mais cette hausse n’aura rien de structurelle. Personnellement, je ne m’attends pas à d’importantes fluctuations à New York d’ici la fin de l’année, ni à la hausse, ni à la baisse", dit encore le stratégiste.

Effet saisonnier

Pour Danny Van Quaethem, responsable de la recherche actions chez SG Private Banking (Gand), les élections ne comptent en réalité pas pour grand-chose dans l’évolution du marché par la suite. "Il y a plutôt un effet de saisonnalité qui joue, un effet ‘fin d’année’ qui ne constitue pas pour autant la règle d’or", explique-t-il. "En mai, le marché est plutôt vendeur -d’où le sell in may and go away-, tandis que vers la fin de l’année, il retrouve de meilleures dispositions". En d’autres termes, si les élections devaient se dérouler en mai, on tiendrait des explications moins enthousiastes concernant les effets des élections à mi-mandat sur l’évolution de Wall Street.  Détail pas vraiment inintéressant, on a relevé que même lors des années sans ces élections à mi-mandat, Wall Street fait plus que bien se comporter durant ces mêmes mois. Cela s’est vérifié 8 fois sur 10 depuis 1990.

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