analyse

Trump continue d'imposer son rythme aux marchés

©EPA

Si la semaine a bien démarré sur fonds d’apaisement des tensions commerciales, elle a malheureusement terminé sur une note rouge vif par crainte d’un nouveau regain de ces mêmes tensions.

On le savait déjà, Donald Trump souffle le chaud et le froid sur les marchés financiers. Et on l’a encore vu ces derniers jours. Cela commence d’abord par une bonne nouvelle: le Président américain annonce en début de semaine un accord commercial avec l’un de ses principaux rivaux, le Mexique. Sont concernés: l’automobile, l’agriculture, le droit du travail ou encore la propriété intellectuelle.

L’annonce est largement saluée par les investisseurs: le Nasdaq franchit le jour-même (lundi) la barre symbolique des 8.000 points, tandis que le S&P 500 inscrit un nouveau record. "Cela montre que l’administration de Donald Trump a finalement peut-être un plan, qu’elle sait passer des accords, d’abord avec ses voisins les plus proches et ensuite avec les autres pays", commente Greg Anderson, responsable du marché des changes pour BMO. "Cela diminue en tout cas un sentiment de risque" qui planait sur le marché depuis plusieurs mois "et se traduisait principalement par un dollar plus élevé".

"La Chine est mieux préparée mentalement que pour la précédente série de tarifs douaniers."
Gai Xinzhe
Analyste à l’Institut des finances internationales de la Banque de Chine

Les investisseurs se mettent à rêver d’un prochain accord avec l’autre voisin des États-Unis, le Canada. Cela semble à portée de main tant l’optimisme est manifeste de chaque côté de la frontière. "Il y a une bonne atmosphère et nous travaillons de façon productive", a souligné jeudi soir la ministre canadienne des Affaires étrangères. À l’heure d’écrire ces lignes, rien n’a encore été annoncé pourtant.

Menaces sur la Chine, l’Europe et l’OMC

Pour Donald Trump, l'abandon des tarifs douaniers sur les importations européennes d'automobiles ne suffit pas. ©BELGA/BELPRESS

Mais si Donald Trump trinque à la Margarita avec son homologue mexicain, l’ambiance reste glaciale avec la Chine. Des sources citées par Bloomberg déclarent que le Président américain pourrait annoncer des taxes sur 200 milliards de dollars (171 milliards d’euros) d’importations supplémentaires "dès que se terminera, la semaine prochaine, la période de consultations publiques". On notera toutefois que le yuan remonte depuis plusieurs jours face au dollar, grâce aux mesures de soutien de la Banque populaire de Chine (BPC). "La Chine est mieux préparée mentalement que pour la précédente série de tarifs douaniers", a expliqué Gai Xinzhe, analyste à l’Institut des finances internationales de la Banque de Chine. Il s’inquiète tout de même des tensions que ces nouvelles taxes, une fois concrétisées, vont provoquer sur les marchés financiers.

Les critiques et menaces de Donald Trump ne s’arrêtent pas là. L’Europe est également visée. Dans un long entretien accordé à Bloomberg jeudi, l’ex-homme d’affaires estime notamment que l’offre d’abandonner les tarifs douaniers sur les importations automobiles "n’est pas suffisante". Et affirme que les politiques commerciales de l’Union européenne sont "presque aussi mauvaises que celles de la Chine, mais en plus petit".

Au passage, il menace également l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de quitter l’institution en l’absence de progrès dans les réformes. "L’accalmie de ces derniers jours sur le front commercial s’est avérée trompeuse", déplore Milan Cutkovic, stratégiste chez AxiTrader. Selon lui, Donald Trump "reste imprévisible, tout comme l’évolution des indices boursiers".

Le contexte reste donc difficile pour les marchés financiers. D’après le cabinet de consultants KPMG, une intensification de la guerre des tarifs douaniers pourrait entraîner une contraction de l’économie mondiale de plus de 3%. Et ce, alors que beaucoup d’observateurs craignent que nous assistions en ce moment à une fin de cycle. Pour autant, les investisseurs professionnels continuent de privilégier les actions. Selon une enquête de Reuters, la part de cette classe d’actif a même bondi à son plus haut niveau depuis quatre mois.

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