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Un baril de pétrole à 100 dollars va redevenir réalité

©EPA

Le Brent a franchi le seuil de 75 dollars le baril pour la première fois en un peu plus de deux ans. Et selon plusieurs observateurs, son ascension est loin d'être terminée.

Jusqu'où remonteront les cours du pétrole? Le Brent de la Mer du Nord a atteint les 75 dollars le baril ce mardi matin, pour la première fois depuis avril 2019, avant de refluer à 74,50 dollars environ. Ses gains annuels s'élèvent déjà à près de 45%. Sans parler de son impressionnant rebond depuis son niveau plancher d'avril 2020: +285%!

>100
millions de barils par jour
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande pétrolière va dépasser son niveau d'avant pandémie d'ici fin 2022 et atteindre 100,6 millions de barils par jour.

"Le brut a poursuivi sa hausse, galvanisé par l'idée que l'élection d'Ebrahim Raïssi [en Iran] rend les négociations sur le nucléaire plus difficiles", a commenté Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

Le futur président iranien - décrit comme ultraconservateur et proche du guide suprême Ali Khamenei - s'est montré très ferme lors sa première intervention publique, affirmant qu'il ne permettrait pas "de négociations pour le plaisir de négocier" sur la question nucléaire. Il a même rejeté l'idée d'une éventuelle rencontre avec son homologue américain Joe Biden. La probabilité de voir l'Iran augmenter ses exportations de brut d'environ 2 millions de barils par jour est donc très faible à court terme.

Bientôt un prix à trois chiffres?

Ce n'est bien sûr pas la seule raison pour laquelle les cours du pétrole évoluent en hausse depuis plusieurs mois. Le principal catalyseur positif reste les espoirs dans la reprise économique et la demande de brut qui en découle. Selon le dernier rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande pétrolière devrait continuer à se redresser à court et moyen terme. Elle pourrait même dépasser son niveau d'avant pandémie d'ici fin 2022 et atteindre 100,6 millions de barils par jour.

"Le marché a soif de pétrole."
Saad Rahim
Chief economist chez Trafigura

C'est pourquoi de plus en plus d'observateurs s'attendent à ce que le Brent franchisse la barre symbolique des 100 dollars le baril l'année prochaine. Du jamais vu depuis 2014.

"Le marché a soif de pétrole", a expliqué Saad Rahim, chief economist du négociant Trafigura, lors d'une interview accordée à Bloomberg TV. Selon lui, la reprise de la consommation - désormais tirée par les États-Unis et l'Europe - et le "sous-investissement structurel" dans la production pétrolière soutiendront la hausse des prix dans les 12 à 18 prochains mois. "Finalement, vous allez vous retrouver dans une situation où la demande s'est non seulement rétablie, mais est plus forte qu'elle ne l'était [avant la pandémie], et vous n'avez pas la capacité dont vous avez besoin" pour la combler.

Une demande encore refoulée

Un avis partagé par les analystes de Bank of America dans une note publiée lundi. D'après eux, la reprise économique post-pandémie va alimenter la consommation en carburant, tandis que les investissements dans la production seront entravés par des préoccupations environnementales.

"Il y a beaucoup de demande de pétrole refoulée prête à être libérée."
Francisco Blanch
Responsable de la recherche sur les matières premières chez Bank of America

"Il y a beaucoup de demande de pétrole refoulée prête à être libérée", affirme Francisco Blanch, responsable de la recherche sur les matières premières chez Bank of America. Il pointe notamment la forte reprise des voyages, que les transports en commun auront du mal à suivre et qui va inciter certains à utiliser leur véhicule personnel.

Quant à l'engouement pour le travail à domicile, cela ne devrait pas, selon lui, autant impacter la demande que ce que l'on croit. Car de nombreux travailleurs vont en profiter pour faire leurs courses en voiture pendant la journée.

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