Un bond de 14,7% pour le pétrole, Trump accuse l'Iran

©REUTERS

Le prix du brut new-yorkais a flambé lundi après les attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, clôturant en hausse de 14,7%. Cette forte montée des prix affecte durement les valeurs du secteur aérien et du tourisme en bourse. Les valeurs pétrolières profitent, elles, de la situation.

Les cours du pétrole ont évolué en forte hausse après des attaques de drones sur des installations pétrolières en Arabie saoudite ce weekend. Le baril de WTI pour livraison en octobre, la référence américaine du brut, s'est apprécié de 8,05 dollars pour finir à 62,90 dollars, soit une hausse de 14,7%, tandis que le baril de Brent londonien, après avoir gagné jusqu'à 19,5%, pour livraison en novembre s'est envolé de 14,6%. Il s'agit de la plus importante appréciation pour le baril de brut de la mer du Nord depuis que ce contrat a été formalisé, en 1988, selon les données de Bloomberg.

Les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, samedi, ont réduit de moitié la production de brut du royaume, premier exportateur mondial. La perte de production est estimée à 5,7 millions de barils par jour, soit environ 5% de la consommation mondiale. De source proche du dossier, on explique que le retour à la normale pourrait prendre "des semaines plutôt que des jours". 

Washington accuse l'Iran

Aux Etats-Unis, le président Donald Trump a autorisé le recours aux réserves stratégiques. Dans un de ses tweets matinaux, le locataire de la Maison-Blanche a également posé la question de l'implication de l'Iran dans ces attaques, ponctuant son message d'un "nous allons voir" menaçant. Plus tard dans la journée, le président US s'est voulu encore plus clair, indiquant alors qu'il "semble que l'Iran soit responsable des attaques". Il a toutefois dit qu'il souhaitait "éviter" un conflit avec la République islamique. 

Un porte-parole de la coalition sous commandement saoudien qui intervient au Yémen contre les rebelles Houthis a affirmé que les armes utilisées dans les attaques "proviennent d'Iran", tout en ajoutant que enquête portait également sur l'origine de ces tirs.

L'énergie sourit, l'aérien et le tourisme font la moue

La flambée des prix pétroliers profite au secteur de l'énergie. A Paris, Total , TechnipFMC et CGG  progressent. À Londres, BP bondit tout comme Royal Dutch Shell .

Par contre, le secteur aérien et celui du tourisme a reculé, car la remontée des cours de l'or noir, si elle se prolongeait, pourrait se traduire par une dégradation de l'activité et de la rentabilité. Air France-KLM , Lufthansa et Easyjet reculent fortement. Mais le secteur aérien limite la casse à la clôture des marchés européens (-0,59%)

Le secteur du luxe et de l'aéronautique est plus lourdement affecté, face à la perspective d'un nouvel épisode de tension commerciale entre l'Union européenne et les Etats-Unis dans le feuilleton des aides publiques au secteur aéronautique. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a approuvé une demande américaine visant à imposer de nouveaux droits de douane à des produits européens dans ce dossier, ce qui pourrait conduire à des représailles de l'UE, a-t-on appris de deux sources proches du dossier. LVHM  et Kering  souffrent. Les valeurs aéronautiques comme Airbus  sont aussi touchées .

Contexte économique mondial délicat

Les marchés d'actions se replient aussi, car la flambée du pétrole arrive dans un contexte délicat pour l'économie mondiale. "Un choc négatif sur l'offre comme celui-ci, au moment où la croissance économique mondiale se trouve dans une phase de ralentissement synchronisée avec beaucoup de foyers de tensions géopolitiques en ébullition, représente tout ce dont on n'a pas besoin", affirme Rob Subbaram, responsable de la recherche économique chez Nomura Holdings. L'Euro Stoxx 50 recule . Les marchés européens ont clôturé dans le rouge, avec un indice Bel 20 en recul de 0,81% et le CAC 40 de 0,94%.

Parmi les nouveaux signes alarmants pour l'économie mondiale, on peut citer la production industrielle chinoise, publiée ce lundi, qui se trouve à un plus bas depuis 2002. Pour rappel, en juillet, le Fonds monétaire international (FMI) a réduit ses prévisions pour la croissance mondiale à 3,2% pour cette année, et à 3,5% pour 2020, au plus bas depuis la crise financière.

Du côté des devises et des obligations...

Les craintes pour la croissance mondiale profitent en revanche au marché obligataire. Le taux allemand à dix ans, référence pour la zone euro, a baissé à -0,455%.

Sur le marché des changes,  l'euro a peu évolué face au dollar. "Les répercussions sur le marché des changes ont été modestes jusqu'ici", a souligné Lee Hardman, analyste pour MUFG.Selon Ulrich Leuchtmann, analyste pour Commerzbank, cette réaction "limitée à juste titre" s'explique par le fait que l'envolée pourrait être temporaire "du moins si la production reprend rapidement".

À noter encore que l'or profite de son statut de valeur refuge.

 

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